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Le cardinal Müller dénonce la subversion des valeurs instrumentalisée par l’État

©M. MIGLIORATO/CPP
February 25 2016 : Card. Gerhard Ludwig Muller, Prefect of the Congregation for the Doctrine of the Faith, poses during the international conference "Charity will never end" 10 years from the encyclical of Benedict XVI "Deus caritas est" at the New Synod Hall at the Vatican.
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Le préfet de la congrégation pour la doctrine de la foi s’est exprimé avec force à Cologne le 27 février dernier.

Le cardinal Müller, connu et apprécié pour son intelligence très fine et sa rectitude morale, a dénoncé le caractère néfaste de certains groupes d’influence qui utilisent l’État et son pouvoir à leur profit, pour faire triompher leur idéologie à l’école, dans les médias ou les universités, comme le soulignent nos confrères du site d’information de la conférence épiscopale allemande katholisch.de.

Une telle mise au pas de la pensée par l’État trahit selon Mgr Gerhard Müller une manière totalitaire d’agir qui va à l’encontre de la liberté de conscience et de la liberté d’expression. Elle nous rapproche dangereusement des régimes anti-démocratiques, où le citoyen ne jouit plus de la liberté de penser par lui-même. Se servir du pouvoir de coercition de l’État pour imposer une doctrine et une vision du monde fut en effet le propre du communisme ou des différents fascismes que l’Europe a connus au siècle dernier.

Une mise en garde du Cardinal qui ravive à nos mémoires les paroles de la ministre Najat Vallaud-Belkacem qui expliquait récemment au journal La Dépêche son désir « d’impulser un changement profond des mentalités ». Les responsables politiques, selon elle, ne doivent pas appliquer la volonté du peuple, ce qui est la logique de la démocratie, mais transformer ce peuple qui, semble-t-il, pense mal, et dont il faut « changer les mentalités » qui n’ont pas l’heur de plaire au gouvernement. La crainte de Péguy lorsqu’il dénonçait « le parti intellectuel » prend corps : en prétendant supprimer la religion d’État, on la remplace en réalité par une « métaphysique d’État » ou, pour utiliser un langage plus moderne, une « idéologie d’État ». Voici en effet ce qu’il écrivait dans sa revue les Cahiers de la Quinzaine (in Les cahiers de la quinzaine, VIII, v, 2/12/1906) :

« Il avait été mille fois entendu, promis, juré, mis sur les programmes, ce qui n’est rien, mis sur les affiches, dans les journaux, dans les brochures, dans les revues, dans les livres, dans les déclarations et dans les pactes les plus solennels, qu’aussitôt que le parti intellectuel serait parvenu au gouvernement de la République, à la domination de l’État, son premier soin serait d’assurer la neutralité, philosophique, religieuse, métaphysique,  du gouvernement et de la domination de l’État de cette République. Il ne devait plus y avoir ni philosophie d’État, ni métaphysique d’État. » Or précise-t-il : « Pour parler le langage de l’école, faut-il donc rappeler que l’athéisme est une philosophie, une métaphysique, qu’il peut être une religion, une superstition même, et qu’il peut devenir ce qu’il y a de plus misérable au monde, un système, ou plutôt, et pour parler exactement, qu’il est ou qu’il peut être plusieurs ou beaucoup de tout cela, au même titre et ni plus ni moins que tant de théismes et tant de déismes , tant de monothéismes et tant de polythéismes, et de mythologies, et de panthéismes, qu’il est une mythologie, lui aussi, comme les autres, et, comme les autres, un langage, et que tant qu’à faire et puisqu’il en faut, il y en a eu de plus intelligents. »

On peut voir ainsi dans de nombreuses initiatives de ces petits groupes la tentative d’instaurer une nouvelle idéologie d’État visant à transformer la vision de l’homme et de la femme. Notre ministre Najat Vallaud-Belkacem précisait d’ailleurs dans l’entretien, avec la naïveté que confère cette certitude absolue que le doute et la critique ne tiraille jamais, qu’il s’agirait tout simplement de « renverser un héritage vieux de quelques millénaires », rien de moins. Mais cette ministre n’est qu’une personnalité parmi d’autres dans une plus grande configuration de groupes et d’institutions qui cherchent à utiliser la puissance publique pour imposer leur idéologie à la conscience de centaines de millions de personnes et à terme, de toute l’humanité.

Le cardinal Müller, disciple du théologien de la libération Gustavo Gutiérrez Merino et proche de Benoit XVI, explique ainsi qu’il est parfaitement juste et légitime de s’opposer à cette idéologie dominante, qui n’est que d’hier et qui sera morte demain, comme toutes les idéologies qui ne tiennent pas compte de la dignité de la personne humaine et du caractère sacré de la vie.

monsignor Muller - fr
© DR
Le Cardinal Muller © DR

Il a désigné, sous ce vocable d’idéologie dangereuse, les courants qui cherchent à faire de l’avortement un droit fondamental, inconditionnel et inaliénable, ou ceux qui souhaitent redéfinir et transformer la conception traditionnelle du mariage en utilisant là aussi l’État et la puissance publique pour changer la vision du reste de la population de ce qu’est un véritable mariage.

Selon Mgr Müller, l’État doit garantir la possibilité de vivre selon sa conscience et ne doit pas imposer ses mœurs à une population donnée. La liberté démocratique repose sur ce postulat d’une reconnaissance de la dignité de la personne humaine et la volonté de transformer la pensée des citoyens s’apparente ainsi à une violence faite à leur conscience et entre en contradiction avec les droits de l’homme les plus fondamentaux. C’est ainsi, subrepticement, que des groupes sociaux mettent aujourd’hui en péril l’un des plus grands bienfaits de la démocratie et rétablissent progressivement un délit d’opinion que l’on croyait réservé à des époques révolues.

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