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Les pieds dans la boue, les yeux levés au Ciel

Opération "Pieds au sec" au camp de Grande-Synthe (Nord, France) © Isabelle Demangeat
Opération "Pieds au sec" au camp de Grande-Synthe (Nord, France)
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Camille, Parisien de 36 ans, vient de mener à bien l’opération "Pieds au sec" au bénéfice des migrants du camp de Grande-Synthe.

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« N’est-ce pas un cliché du bobo parisien que de se soucier de la cause des migrants ? » Camille ne soucie pas du qu’en dira-t-on. Feutre brun posé sur la tête et cuir assorti jeté sur les épaules, il répond, sourire en coin : « Au moins, j’aurai fait quelque chose ». Et de préciser : « Récolter, auprès de la population parisienne en moins de trois semaines, plus de 1 200 paires de bottes pour les distribuer aux migrants du camp de réfugiés de Grande-Synthe ». Le nom de cette opération ? « Pieds au sec », lance-t-il entre deux bouffées de cigarette. Une cigarette partagée, ce samedi 27 février, avec des amis embourbés jusqu’aux genoux dans le sol, sale et inondé, du « camp de la honte » français. Venu pour confier les chaussures, les vêtements et les produits de première nécessité à l’association Salam très active sur place*, il en a profité pour se porter à la rencontre de ses « frères » abandonnés.

« Jésus Christ m’appelait à agir pour les réfugiés »

Car c’est bien en tant que frère que Camille se présente à ces quelque 3 000 réfugiés d’origine majoritairement kurde. Un frère qui a troqué le regard mouillé de pitié pour une bonne dose d’humour plus ou moins affiné, mais qui sait arracher ici ou là quelques précieux sourires. Un frère qui ne cherche pas à passer pour un bon samaritain et qui apparaît tel qu’il est, dans toute son ambiguïté : un Parisien assumé qui aime siroter un bon verre de bourbon à la nuit tombée mais qui ne peut résister à l’appel de son Jésus crucifié à servir le pauvre humilié.

Des boules à facette du monde de la nuit aux lumières de l’Esprit

Car c’est bien à Jésus que Camille fait référence quand on l’interroge sur l’origine de son initiative. « J’avais, comme tout le monde, vu dans les médias, la manière dont ces personnes étaient accueillies et logées sur le territoire français, explique-t-il. J’étais indigné. Et j’ai senti, de manière très forte, lors du réveillon du 31 décembre 2015, que Jésus Christ m’appelait à agir pour ces réfugiés. » Une intuition, puissante et entêtante, qui ressemble trait pour trait à la manière dont le même Jésus Christ s’est autrefois manifesté au jeune étudiant, âgé de 20 ans à peine.

C’était en 2000. Camille sent la nécessité de se retirer du monde et du bruit, pour rentrer en lui-même. « Comme beaucoup de monde aujourd’hui », il songe à une retraite bouddhiste. Un de ses amis lui fait remarquer qu’il a reçu, bébé, le baptême catholique. Le jeune étudiant en droit opine et s’en va, seul, rejoindre quelques jours une communauté de bénédictins dans les montagnes. Là, dans le silence et la paix, il rencontre Dieu. Qui deviendra son « fil rouge » pour les années à venir.

Deux tonnes et demie de livres de droit au Sénégal

Le fou de la vie mondaine devient alors fou de Dieu et n’hésite pas, dans tous les coins du globe qu’il parcourt, à se faire son serviteur. Il rejoint le Samu social d’Aix-en-Provence ; envoie, lors d’une opération qu’il monte au sein de son université, deux tonnes et demie de livres de droit au Sénégal ; crée, à Shangaï où il effectue son Volontariat international à l’étranger, une école de boulangerie française pour des jeunes issus de milieux défavorisés ; et choisit de vivre, enfin, pendant une année au sein de la colocation solidaire Valgiros, à Paris, tenue par l’association Aux Captifs la libération. Une association que Camille, aujourd’hui producteur de films publicitaires, a mis à contribution pour trier, dans un local prêté par le Vicariat pour la solidarité du diocèse de Paris, les paires de bottes et vêtements récoltés pour « Pieds au sec ».

Si à quelques jours de clôturer cette opération, le jeune homme, les yeux plissés et cernés de fatigue, n’a pas vu son indignation diminuer, il n’hésite pourtant pas à exprimer, dans un sourire, un rien mystique, la richesse qu’il tire de son expérience : « Je les aime ces gens-là. Et chacun d’entre eux me donne à voir le Christ ».

* Les bottes et autres effets confiés à Salam ont été entreposés dans un conteneur d’Emmaüs, près de Grande-Synthe. Ils seront distribués aux migrants par l’association au gré des besoins. Une cagnotte, récoltée sur une plateforme de crowdfunding, a permis de réunir, en parallèle, quelque 3000 €. Cet argent sera utilisé pour aider à améliorer le camp de Médecins sans frontière (MSF) en cours d’ouverture sur les lieux.

Tags:
migrants
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