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Le tableau mystère, épisode 10. Spécial Carême

Marie Fournier - Publié le 06/03/16

Saurez-vous reconnaître son sujet ?

En chemin vers Pâques, Aleteia vous propose de tester vos connaissances iconographiques et de découvrir le sujet de ce « tableau mystère spécial Carême ». Pouvez-vous identifier la scène représentée ? Qui a peint le tableau ? À quelle époque ?

Qui est cet homme suppliant accueilli chaleureusement par un vieillard ? Œuvre d’un peintre du Siècle d’Or espagnol, le tableau illustre l’Évangile de ce quatrième dimanche de Carême. Un indice ? Il s’agit d’une parabole…

L’œuvre d’un peintre du siècle d’Or espagnol

Actif au XVIIe siècle, l’artiste est un contemporain de Vélasquez, Ribera et Zurbaran. Peintre le plus représentatif de l’école de Séville, centre artistique alors très actif, Esteban Murillo y fonde une Académie des beaux-arts. Il nait et meurt (1617-1682) dans cette ville qu’il ne quitte qu’une seule fois pour se rendre à Madrid. Sa production d’œuvres est essentiellement religieuse, comme ce tableau exécuté à la fin de sa carrière. Il représente un homme plutôt jeune et pauvrement vêtu. Ses vêtements sont déchirés, ses pieds nus et il adopte une position de contrition, agenouillé et les mains jointes. Un vieillard l’accueille, l’entourant chaleureusement de ses bras, et autour, des serviteurs s’activent dans la bonne humeur. Les uns apportent de beaux vêtements sur un plateau, tandis que d’autres mènent un veau à abattre comme le laisse suggérer la hache portée par l’homme de gauche. Un petit chien blanc à la queue frétillante semble lui aussi vouloir prendre part aux festivités et manifester sa joie.

« Mon fils que voici était mort et il est revenu à la vie »

L’Évangile selon saint Luc (XV, 11-31) lu en ce quatrième de Carême nous livre le récit de la parabole du fils prodigue :

Un homme avait deux fils. Le plus jeune dit à son père : « Père, donne-moi la part de bien qui doit me revenir ». Et le père leur partagea son avoir. Peu de jours après, le plus jeune fils, ayant tout réalisé, partit pour un pays lointain et il y dilapida son bien dans une vie de désordre. » Confronté à une vie de misère, il se rappelle alors de la façon dont son père traitait ses ouvriers et décide de rentrer chez lui. Il alla vers son père. Comme il était encore loin, son père l’aperçut et fut pris de pitié : il courut se jeter à son cou et le couvrit de baisers. Le fils lui dit : « Père, j’ai péché envers le ciel et contre toi. Je ne mérite plus d’être appelé ton fils… » Mais le père dit à ses serviteurs : « Vite, apportez la plus belle robe, et habillez-le ; mettez-lui un anneau au doigt, des sandales aux pieds. Amenez le veau gras, tuez-le, mangeons et festoyons, car mon fils que voici était mort et il est revenu à la vie, il était perdu et il est retrouvé ».

Une interprétation fidèle au texte biblique

Murillo livre ici une interprétation en pleine corrélation avec le texte biblique en représentant un fils contrit, dont tout la position révèle la volonté de se faire pardonner tandis que celle du père est dans l’accueil et la joie. Murillo illustre aussi les ordres donnés par le père aux serviteurs qui se dépêchent d’apporter « la plus belle robe » et les « sandales » sur un plateau, ainsi que l’anneau tenu d’une main par un homme à droite et le « veau gras » mené par un enfant souriant. Au chien blanc, symbole de fidélité au premier plan, s’oppose le fils jaloux tapi dans l’ombre à droite de la composition. L’atmosphère est toute autre chez Rembrandt – pas de festivités en vue – les retrouvailles du père et de son fils forment l’unique sujet. Il en est de même chez Batoni ou Spada qui choisissent de concentrer toute l’attention du spectateur sur ces deux seules figures. En représentant un fils prodigue plus jeune et en oubliant l’aspect festif des retrouvailles, ces artistes mettent en avant l’idée poignante de contrition et de pardon, rendant l’intensité dramatique de l’œuvre d’autant plus forte.

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