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Une amitié spirituelle, c’est quoi exactement ?

© FR LAWRENCE LEW CC
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On a beaucoup parlé ces dernières semaines de l’amitié intense vécue par le pape Jean-Paul et une philosophe mariée, Anna-Teresa Tymieniecka…

Qu’est-ce que qu’une amitié spirituelle ? Les explications du père Max Huot de Longchamp, qui a notamment étudié les relations entre saint François de Sales et sainte Jeanne de Chantal.

Aleteia : Comment définit-on simplement une amitié spirituelle ?
Père Huot de Longchamp : Un saint François de Sales vous répondrait qu’elle est une volonté commune de s’entraider dans la recherche des biens éternels, et il ajouterait que seule cette amitié-là mérite le nom d’amitié, parce qu’elle est orientée vers le seul véritable Bien de l’homme : elle vient de Dieu, elle tend a Dieu, parce que son lien est Dieu, et elle durera éternellement en Dieu. Derrière cela, il y a la définition traditionnelle de l’amitié comme « mise en commun de biens dans la vertu » pour Aristote. Entre deux chrétiens, cette mise en commun est celle de la communion des saints, ce qui est infiniment plus que la sympathie ou l’association d’intérêts.

Que dit l’Église catholique à ce sujet ?
Le rôle de l’Église est d’abord d’annoncer l’Évangile. C’est pourquoi elle vous renverrait à l’Évangile de l’amitié, tel que vous le voyez vécu par Jésus avec saint Jean ou avec Marthe et Marie, et tel que vous le voyez vécu dans l’Histoire de la sainteté : pensons à l’amitié d’un saint François et d’une sainte Claire, d’une sainte Thérèse d’Avila et d’un saint Jean de la Croix, ou à l’amitié tellement bouleversante qui unissait saint François de Sales et sainte Jeanne de Chantal. Les saints sont des révélateurs, et nous avons chez eux de quoi comprendre à la lumière de Dieu ce qu’est une sainte amitié.

Vous citez saint François de Sales et sainte Jeanne : qu’est-ce qui caractérise pour vous cette amitié si particulière ?
D’abord la fraîcheur, la limpidité de cette amitié : au moment de rencontrer Jeanne, François était humainement et spirituellement « mûr », parfaitement libre par rapport à lui-même, libre par rapport à ses sentiments, si bien qu’il a pu les intégrer sans hésitation à sa consécration au Christ, amour doux, facile, tout pur, tout tranquille, bref, si je ne me trompe, tout en Dieu, écrira-t-il à Jeanne. Et c’est à la même liberté qu’il va éduquer Jeanne, sans jamais rien abîmer de son immense sensibilité d’épouse et de mère. Nous avons là un exemple unique de deux êtres incroyablement doués, et en même temps totalement donnés au Christ et qui se sont totalement donnés l’un à l’autre. L’aboutissement sera « trois cœurs qui n’en font qu’un », comme nous le lisons si souvent dans leur correspondance.

Quels sont les fruits de ces amitiés entre des prêtres – notamment – qui ont fait vœu de célibat et des femmes, mariées ou non ?
L’amitié ne se décrète pas et ne se recherche pas : elle est un don du ciel, comme elle l’a été pour Jeanne et François. Lorsque Dieu la donne à un consacré, il la donne à un consacré à l’amour. Dès lors, il va y avoir une amplification proportionnée à cette consécration, de ce qui fait la richesse de toute amitié, y compris des sentiments. Le célibat n’est pas une absence de sentiments, mais un dépassement des sentiments dans leur réorientation vers ce qu’ils révèlent d’éternel et qui ne subsistent que dans le Christ. Aussi le consacré expérimentera-t-il à proportion de son union à Jésus la richesse de cœur qui fut et reste celle de l’ami de saint Jean ou de Marie-Madeleine, il sentira plus que quiconque ce que veut dire être homme ou femme, et en même temps toute la liberté de n’appartenir qu’à Dieu. Tous les maîtres soulignent que s’il s’agit d’une amitié selon Dieu, elle renforcera la relation à Dieu, en même temps qu’elle en recevra toute sa force.

Ces amitiés ne sont-elles pas risquées voire dangereuses ?
Ce qu’il y a de dangereux, c’est le retour sur soi, l’amour propre, jamais l’amour en tant que tel. Parce qu’ils n’appartenaient qu’au Christ, Jeanne et François ont pu vivre pleinement le commandement du Christ : « Aimez-vous comme je vous ai aimés », pas moins, pas autrement. Le seul danger n’est pas de trop aimer, mais de ne pas aimer assez, de se mettre à « profiter » de l’autre, là où l’amour vrai est de « donner sa vie pour ceux qu’on aime » ; et c’est bien ainsi que François de Sales percevait son union à Jeanne : c’est assez dit une fois pour toutes, lui écrit-il encore : oui, Dieu m’a donné à vous ; je dis uniquement, entièrement, irrévocablement.

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François de Sales et Jeanne de Chantal. Correspondance. Édition et présentation par David Laurent. Introduction par Max Huot de Longchamp. Desclée de Brouwer, 904 pages, 29 euros, à paraître.

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