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Un tour complet de l’actualité en 60 minutes signé François

©ALESSANDRO DI MEO / POOL / AFP

Pope Francis speaks to journalists aboard the flight from Mexico to Italy, on February 18, 2016. Pope Francis left Rome on February 11, 2016 bound for Cuba, where he met Russian Patriarch Kirill before continuing on to Mexico for a five-day visit. AFP PHOTO / ALESSANDRO DI MEO / AFP / POOL / ALESSANDRO DI MEO

Isabelle Cousturié - Publié le 20/02/16

Pédophilie, avortement, divorcés remariés… À bord de l’avion le ramenant du Mexique, le souverain pontife se livre aux 175 journalistes. Il leur a même confié son grand rêve...

À bord de l’avion le ramenant du Mexique à Rome, le pape François répond aux questions des journalistes – plus de 170 – qui l’ont suivi dans son périple, du 12 au 17 février dernier. Connaissant les qualités communicatives particulièrement développées du Saint-Père, cette conférence de presse est un moment très attendu qui, cette fois encore, n’a pas manqué de piment avec l’affaire Donald Trump et la question des migrants, soulevée par l’un de nos confrères.

Mais les critiques du Saint-Père et la réaction « enflammée » du candidat républicain aux primaires américaines ne sauraient occulter tous les autres sujets auxquels le Pape a prêté beaucoup d’attention pendant plus d’une heure, malgré la fatigue. Tous les sujets brûlants de l’actualité y étaient – avortement, contraception, mariage gay, divorcés-remariés, pédophilie, migrants, crise européenne, Moscou, la Chine – En voici les grandes lignes :

Pédophilie dans le clergé

Au Mexique, les abus de mineurs par des prêtres catholiques défrayent toujours la chronique, et le scandale Maciel – du nom du fondateur des Légionnaires du Christ accusé d’abus sur mineurs et corruption et décédé en 2008 après avoir été longtemps protégé par la loi du silence – a laissé de lourdes séquelles.

Sur le sentiment des victimes, encore aujourd’hui, de ne pas être assez protégées, le pape répond de manière catégorique : « Un évêque qui change un prêtre de paroisse quand on détecte qu’il est pédophile est un inconscient, et le mieux qu’il puisse faire c’est de présenter sa démission. Est-ce clair ? Quant à l’affaire Maciel, rendons hommage à l’homme qui a lutté, le cardinal Ratzinger. Il avait tous les documents concernant Maciel, il a mené l’enquête. En tant que préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la foi, il avait tout en mains. Il ne put aller plus loin, mais souvenez-vous, dix jours avant la mort de saint Jean Paul II, lors du Chemin de croix du Vendredi Saint, qu’il a dit à l’Église : “Il faut nettoyer toutes ces ‘saletés”’. Et lors de la messe pro eligendo pontifice – il n’est pas bête, il se savait candidat – il n’a pas voulu maquiller son attitude et répété exactement la même chose. Aujourd’hui, nous travaillons encore à tout ça avec le secrétaire d’État et le C9 (le comité de réforme du gouvernement de l’Église, ndlr). J’ai décidé de nommer un autre secrétaire adjoint à la Congrégation pour la Doctrine de la foi pour qu’il s’occupe précisément de ces affaires. Et puis il y a le tribunal d’appel présidé par Mgr Scicluna, et une commission chargée de la protection des mineurs (…). Oui, il faut continuer ». La pédophilie, a conclu le Pape, « est une monstruosité, parce qu’un prêtre est consacré pour amener un enfant à Dieu et là il le dévore dans un sacrifice diabolique, il le détruit ».

Le document signé avec Cyrille, une trahison pour les grecs-catholiques ukrainiens ?

Dans une longue interview diffusée le 14 février sur les sites officiels de la communauté ukrainienne, le Primat de l’Église grecque catholique en Ukraine, Mgr Sviatoslav Schevchuk, avait fait part des « sentiments de trahison » éprouvés par tant de fidèles de sa communauté en lisant le contenu du document signé conjointement par le Pape et le patriarche de Moscou.

Réponse de l’intéressé : « Les déclarations de mon ami Schevchuk doivent être lues dans leur ensemble (…). L’Ukraine traverse un moment de guerre, de souffrance, et toutes les interprétations sont compréhensibles. (…) Chacun a son idée sur la question : comment est cette guerre ? Qui l’a commencée ? Que faire ou ne pas faire ? Sviatoslav dit que tant de fidèles l’ont appelé ou lui ont écrit pour lui dire qu’ils se sentent trahis par Rome. C’est compréhensible dans ce genre de situation. Sur cette question de l’Ukraine, on peut discuter. Dans le document, on dit qu’il faut stopper la guerre et aller aux négociations mais il faut aussi y voir un désir d’unité, d’avancer, un désir d’œcuménisme que l’on retrouve aussi dans l’interview de Schevchuk où “la communion avec Rome” est également fortement soulignée. Cet homme est œcuménique… Avant la rencontre, il m’a écrit, mais comme un frère, en me donnant son opinion de frère ».

Unions civiles en Italie

Le Sénat italien a entamé le 28 janvier dernier l’examen d’une proposition de loi, ouvrant la voie à l’union civile pour les couples de même sexe. Interrogé sur la question, le Pape répond très brièvement : « Pour commencer, je ne sais pas où en sont les discussions aux parlement, le Pape n’entre pas dans la politique italienne. L’une des trois choses que j’ai dites en mai 2013 lors de la première rencontre avec les évêques italiens c’est : “Débrouillez-vous avec le gouvernement italien. Parce que le Pape n’entre pas dans la politique concrète d’un pays”. L’Italie n’est pas le premier pays à vivre cette expérience. Quant à savoir ce que je pense, je pense ce que l’Église a toujours dit sur la question ».

Virus Zika/avortement

Face à l’épidémie du virus Zika, l’ONU demande aux pays touchés, en majorité en Amérique Latine, d’autoriser l’accès à l’avortement, présentant cette solution comme « un moindre mal » face aux risques pour l’enfant de naître avec des anomalies congénitales. Le moindre mal ne serait-il pas le recours aux moyens de contraception? Le pape répond: « L’avortement n’est pas un moindre mal, c’est un crime. Abattre un individu c’est ce que fait la mafia. (…) Quant à éviter la grossesse, là il y a conflit entre le 5e et le 6e commandement. Le grand Paul VI en Afrique avait permis à des religieuses de faire usage de contraceptifs dans les situations difficiles (menaces de viol) . Mais il ne faut pas confondre avec l’avortement. L’avortement n’est pas un problème théologique, mais un problème humain, médical, on tue quelqu’un, c’est contre le serment d’Hippocrate. Dans le meilleur des cas, on assassine quelqu’un pour en sauver une autre. Éviter une grossesse n’est pas un mal absolu (…). J’encourage les médecins à faire tout ce qui en leur pouvoir pour trouver les vaccins contre ces moustiques qui sont responsables de ce mal. »

« Intégration » des divorcés-remariés

En cette Année de la Miséricorde, le pape François consacre beaucoup de ses catéchèses à la famille, et celle-ci était également bien présente dans ses discours au cours de son voyage au Mexique. Mais les catholiques ont le sentiment que l’Église « miséricordieuse » a moins de mal à pardonner un assassin qu’une personne qui divorce et se remarie, lui confie une journaliste américaine. Le Pape répond : « Il y a eu deux synodes sur la famille (…) et le document post-synodal qui devrait sortir avant Pâques, reprend tout ce qui a été dit (…) concernant notamment les familles blessées. La pastorale des familles blessées est une de nos préoccupations, comme l’est aussi la préparation au mariage (…) et l’éducation des enfants (…). Lors de la rencontre avec les familles à Tuxtla Gutierrez, j’ai vu un couple de personnes de remariés en seconde union, bien intégrés dans la pastorale de l’Église. J’ai trouvé cela très intéressant. « Intégration », c’est le mot utilisé lors des synodes et je le reprendrai dans l’exhortation : « intégrer » les familles blessées dans la vie de l’Église. Et ne pas oublier les enfants, les premières victimes ».

Mais « intégrer » ne signifie pas donner la communion. « (…) C’est le point d’arrivée – poursuit le Pape – Intégrer dans l’Église ne signifie pas « faire la communion ». Je connais des catholiques remariés qui vont à l’Église une ou deux fois par an et veulent faire la communion comme s’il s’agissait d’une « distinction. » C’est un travail d’intégration (…), toutes les portes sont ouvertes mais on ne peut pas dire : « Voilà, maintenant ils peuvent communier ». À propos du couple de Tuxtla Gutierrez : « Je l’ai vu heureux. Ils ont eu cette jolie phrase, “Nous ne communions pas à l’eucharistie mais nous communions en allant visiter des malades dans les hôpitaux et partageant avec les autres”. Ils en sont là, c’est leur intégration. S’il y a quelque chose de plus, le Seigneur le leur dira… ».

Jean Paul II et son amitié « intense » avec une américaine

Jean Paul II a entretenu pendant plus de 30 ans une amitié « intense » avec une philosophe américaine mariée, Anna-Teresa Tymieniecka, révélait la BBC il y a quelques jours. Interrogé sur la polémique que cette amitié a suscité, le Pape témoigne : « Je connaissais cette relation d’amitié entre saint Jean-Paul II et Teresa Tymieniecka, quand j’étais à Buenos Aires (…) Un homme qui ne sait pas avoir de bonnes relations d’amitié avec les femmes – je ne parle pas des misogynes qui sont des malades – est un homme à qui il manque quelque chose, et moi par expérience, quand je demande un conseil, je demande à un collaborateur, à un ami, mais j’aime aussi entendre l’avis d’une femme : elles t’apportent tellement de richesses, regardent les choses autrement (…). Nouer une amitié avec une femme n’est pas un péché. Un rapport amoureux avec une femme qui n’est pas ta femme est un péché. Mais le Pape est un homme. Il a besoin de la pensée des femmes. Le Pape aussi a un cœur qui peut avoir une amitié saine, sainte, avec une femme. Il y a eu des saints comme François et Claire… Il ne faut donc pas avoir peur. Mais les femmes ne sont pas encore assez considérées et nous n’avons pas encore compris le bien qu’une femme peut faire au prêtre, à la vie de l’Église, en donnant un conseil, apportant une aide, une saine amitié. »

Un rêve à confier ?

Le pape François rêve d’aller… en Chine ! « J’aimerais vraiment beaucoup » a-t-il confié aux journalistes sans autre commentaire.

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