Recevez la newsletter d'Aleteia chaque jour!
Et si vous receviez de bonnes nouvelles chaque matin ? Inscrivez-vous à la newsletter d'Aleteia !
Je m'inscris!
Aleteia

Bras de fer, crise de nerfs et prise de bec, le temps est à l’orage

AFP
Partager

Une revue de ce qu’il ne fallait pas manquer dans la presse cette semaine : Europe, travail, agriculture, terrorisme, migrants et des dirigeants sous haute pression.

Bras de fer entre l’Union européenne et la Grande-Bretagne à Bruxelles, crise de nerfs sur la réforme du travail en France, colère des paysans et des victimes des attentats, échange musclé entre le Pape et Donald Trump… l’actualité de cette semaine n’a pas été de tout repos.

Poker menteur à Bruxelles

Jeudi et Vendredi, sommet européen réputé à hauts risques. La tragédie des réfugiés, le spectre du Brexit (le départ de la Grande-Bretagne) et les craintes sur la zone euro (avec un toujours possible Grexit) planaient sur la rencontre de Bruxelles. Mais c’est la Grande-Bretagne qui tenait la vedette, souligne Le Parisien : « Face à une opinion publique de plus en plus remontée, le Premier ministre David Cameron fait monter les enchères, s’appuyant sur la crise de l’immigration et sur sa volonté de jouer en solo dans les échanges financiers. Alors qu’un référendum sur la question doit être organisé au Royaume-Uni, probablement au mois de juin, le résultat de ce sommet européen va conditionner la position de David Cameron pour ce scrutin ».

Les entreprises et les milieux d’affaire britanniques ne sont pas rassurés, relève Europe 1 : « La Grande-Bretagne réalise de fait près de la moitié de ses exportations avec l’Union européenne. Les milieux d’affaires ont donc tout intérêt à lutter contre le Brexit ».

Mais les marathons de Bruxelles ressemblent à ces parties de poker menteur où l’on surenchérit en bluffant : « Retenez-moi ou je vais faire un malheur ! ». Celui-ci, conclu tard dans la soirée du 19 février, aura suivi le scénario jusqu’à la caricature : « Au bout de près de 30 heures d’une négociation quasiment continue, le Premier ministre britannique a arraché à des partenaires pressés d’en finir ce qu’il qualifie, sur un ton triomphant, de “statut spécial” pour le Royaume-Uni », rapporte Le Monde. Reste à savoir si Cameron parviendra à convaincre ses compatriotes de rester dans l’Union européenne d’ici le référendum auquel il s’est engagé et qui devrait avoir lieu le 23 juin.

En France, haute tension sur la réforme du travail.

Le projet de loi présenté par Myriam El Khomri qui vise à assouplir les règles régissant le marché du travail, « fait grincer des dents à gauche » constate BFMTV : «  Même le patron du Parti socialiste, Jean-Christophe Cambadélis, s’est dit contre ce projet de loi, qui sera présenté le 9 mars en Conseil des ministres. Si sa réforme n’est pas bien accueillie par les parlementaires, la ministre du Travail a d’ores et déjà prévenu qu’elle n’hésitera pas à avoir recours à la force, en utilisant le 49.3. »

Encore une « opération déminage pour François Hollande », croit savoir Le Parisien. L’avant-projet de loi sur la réforme du marché du travail (…) n’a pas encore été examiné par le Conseil d’État ni par le Conseil des ministres que, déjà, il tourne au pataquès. Au point que le chef de l’État lui-même monte au front pour éviter que l’incendie ne se propage. Invité ce soir sur France Inter, François Hollande n’a qu’une idée en tête : « calmer les esprits » (depuis Bruxelles où le retient le sommet européen).

Cela ressemble à une nouvelle manche du jeu de rôles entre l’Élysée et Matignon. Car la ministre du Travail a le soutien de Manuel Valls : « Nous voulons convaincre les parlementaires, mais nous souhaitons aussi réformer », plaide l’entourage du Premier ministre. En clair, il n’est pas question de faiblir face aux critiques et de se laisser distancer sur le terrain de la réforme. Quitte à fâcher.

Agriculture : colère noire et « année blanche »

À une semaine du début du salon de l’agriculture, les agriculteurs « ont augmenté la pression sur le gouvernement, en menant des actions coup de poing, notamment en Bretagne. Ils font part de leur colère due à une situation économique désastreuse et des prix non rémunérateurs », résume La Croix. Dans l’espoir de les apaiser, Manuel Valls a annoncé une « année blanche sociale » pour tous ceux qui ont dégagé de très faibles revenus en 2015 et une « baisse de 7 points des charges » pour tous les agriculteurs, tout en demandant à l’Union européenne et à la filière agricole d’assumer leurs responsabilités (LCP). « Cessez de faire de nous des assistés !  Ce ne sont pas de nouvelles aides que nous demandons mais la juste rémunération de notre travail », lui ont rétorqué les paysans. Cette « année blanche » ne dissipera pas leur colère noire.

Attentats : les ratés de la prévention et de l’information

Lundi 15 novembre, une commission d’enquête parlementaire a entendu les victimes des attentats du 13 novembre ou leurs familles leur raconter les ratés de l’information. Georges Salines, président de l’association « 13 novembre, fraternité et vérité », n’a été  averti de la mort de sa fille, présente au Bataclan, que plusieurs jours après l’attentat, et via Tweeter, rapporte Le JDD : « Les annonces de décès sont allées “au-delà de tout ce qu’on peut imaginer comme ratage”, a sobrement commenté ce médecin ».

Catherine et Jean-Luc Vannier, dont la fille Cécile, 17 ans, a elle été tuée dans un attentat au Caire lors d’un voyage scolaire en février 2009, sont eux-aussi en colère, révèle Le Figaro : « Au hasard d’un procès-verbal d’audition datant de 2010, ils découvrent (…) que des terroristes de novembre 2015 apparaissaient déjà dans le dossier de l’attentat égyptien de 2009… ». Les époux Vannier et leur avocat pointent les ratés des services de renseignement et de l’institution judiciaire.

Ces mises en cause sont renforcées par les services américains. Interrogé par la chaîne CBS News, le patron de la CIA affirme que : « Les services de renseignement français savaient que les voyants étaient au rouge. (…) Tous les terroristes, sauf un, étaient des citoyens français, entraînés par l’État islamique en Syrie. Ils ont réussi à revenir sans être détectés ». (Ce donneur de leçons aurait-il oublié les ratés du 11 septembre 2001 ? lui rétorque Nicolas Gauthier sur Boulevard Voltaire ). Le directeur de la NSA, l’Agence de sécurité nationale des États-Unis, a quant à lui affirmé que les attentats de Paris n’auraient pas eu lieu sans le cryptage de smartphones qui a permis aux djihadistes d’échapper aux écoutes. Ces propos, relève le Huffington Post, interviennent alors qu’un bras de fer est engagé Outre-Atlantique entre le gouvernement et les grands groupes technologiques, Apple, notamment, qui  « a balayé la demande “sans précédent” d’une juge américaine de donner accès à la police fédérale (FBI) au contenu chiffré de l’iPhone d’un des auteurs de la tuerie de San Bernardino, qui avait fait 14 morts début décembre en Californie ».

Migrants : fin de la joute entre le Pape et Donald Trump

Le summum du « buzz » a été atteint par la controverse qui a opposé à propos des migrants le pape François et Donald Trump, le milliardaire candidat des Républicains aux Etats-Unis. On connaît le contexte : répondant à la question d’un journaliste dans l’avion qui le ramenait du Mexique, le Saint-Père a déclaré qu’ « une personne qui pense seulement à construire des murs et non des ponts n’est pas chrétienne ». Donald Trump a vu rouge : « Qu’un leader religieux mette en doute la foi d’une personne est honteux ». Mais ensuite, il s’est ravisé, note Le JDD : « Après cette riposte virulente, l’homme d’affaires favori de l’investiture républicaine a fait marche arrière plus tard en affirmant que le pape était « un type formidable ». « Je n’aime pas me battre avec le Pape », a-t-il dit lors d’une émission sur CNN jeudi soir, assurant que les propos du souverain pontife avaient été mal interprétés, et que François ignorait la réalité des trafics à la frontière entre États-Unis et Mexique. “J’ai beaucoup de respect pour le pape, a insisté Donald Trump, très conciliant. J’aime sa personnalité, j’aime ce qu’il représente et j’ai un grand respect pour la fonction”. »

On aura sans doute rappelé à ce bâtisseur de buildings que l’évêque de Rome a hérité des empereurs romains le titre de « souverain pontife », ce qui signifie : « constructeur de ponts en chef »…