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À Argenteuil, on apporte les dernières retouches… au vêtement du Christ

La Sainte Tunique du Christ est exposée dans la Basilique Saint-Denys d'Argenteuil (Val-d'Oise), le 14 avril 1984 © MARTINE ARCHEMBAULT / AFP
La Sainte Tunique du Christ est exposée dans la Basilique Saint-Denys d'Argenteuil (Val-d'Oise), le 14 avril 1984. AFP PHOTO MARTINE ARCHEMBAULT / AFP / MARTINE ARCHEMBAULT
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Un mois avant l’ostension de la Sainte Tunique, les organisateurs affinent les détails d’un évènement qui n’advient – selon la tradition– que deux fois par siècle.

La Tunique d’Argenteuil serait celle portée par le Christ le jour de sa Passion. Elle est habituellement présentée au public deux fois par siècle. À l’occasion de l’Année de la Miséricorde décrétée par le pape François, Mgr Stanislas Lalanne, évêque de Pontoise et « Gardien de la Sainte Tunique », a décidé d’une ostentation exceptionnelle du vêtement : la dernière remontait à 1984 et la suivante ne devait pas avoir lieu avant 2034.

« J’étais incapable de parler »

Le curé et recteur de la basilique, le père Guy-Emmanuel Cariot, se souvient de son émotion la première fois que le précieux vêtement a été sortie de son reliquaire en sa présence, pour des analyses scientifiques. Si le prêtre passe devant tous les jours, il ne la voit pas directement. Devant les scientifiques, il avait prévu de dire une prière et de citer saint Jean, mais l’émotion l’a étreint : « Je ne suis pas émotif, assure-t-il pourtant, mais quand il a fallu que je cite l’Évangile : “Ils se sont partagé mes habits ; ils ont tiré au sort mon vêtement”, j’ai bredouillé, j’étais comme incapable de parler ».

Elle coud la Tunique du Christ

L’émotion pourrait aussi être un danger pour une dame discrète, Claire Beugnot, spécialiste des tissus anciens : elle a la charge de recoudre la Tunique d’Argenteuil. Celle-ci a en effet été découpée peu après la Révolution et ses parcelles cachées pour éviter qu’elle ne soit détruite. Elle a été reconstituée au XIXe siècle sur un tissu de support, mais le satin moderne a moins bien supporté les atteintes du temps que la tunique en laine originelle.

À la place du satin crème, les parcelles de l’antique tunique seront fixées sur une laine violette, assez proche de la couleur de la relique. « Paradoxalement, assure Mme Beugnot, cette proximité des couleurs fait ressortir les détails de la relique, alors que le satin très clair avait tendance à les effacer. » Celle qui travaille sur ce qui fut peut-être la Tunique portée par le Christ ne doit manquer ni de sérénité, ni de patience. Il lui a fallu neuf jours pour simplement retirer les points qui solidarisaient les morceaux de la Sainte Tunique avec le satin, et elle doit finir son ouvrage dans les temps, sans en perdre un seul brin !

La seule relique portée par le Christ de son vivant

Lorsqu’on interroge l’évêque de Pontoise sur le manque de notoriété de la Tunique par rapport au Saint-Suaire de Turin, Mgr Lalanne assure : « Cela va changer ! ». Rappelant que la Tunique est une icône – c’est-à-dire une image – du Christ, il y voit « un signe pour nous chrétiens que Dieu s’est engagé jusqu’au bout ». À ses yeux, l’ostension de 2016 ne doit pas être « simplement un événement réussi » mais aussi « porteur de sens et de dynamisme pour nous apprendre à mieux vivre fraternellement, tournés vers le Christ ».

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