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« Une solution finale est en route pour les chrétiens d’Orient »

Le journaliste et professeur à l'École spéciale militaire de Saint-Cyr Frédéric Pons © CLAUDE COIN
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Frédéric Pons, professeur à l’École spéciale militaire de Saint-Cyr et journaliste, fait le point sur la situation en Syrie, déplorant l’aveuglement de l’Occident.

Le conflit syrien, débuté en 2011, a probablement fait 300 000 victimes. Sa durée et sa violence s’expliquent par l’intervention de puissances extérieures qui l’alimentent en armements et en combattants. Les puissances occidentales ont soutenu les opposants à Bachar al Assad, alors qu’elles avaient sous les yeux l’exemple des déstabilisations de l’Irak et de la Lybie. « On connaît la nature de la rébellion, assure Frédéric Pons. Il n’y a pas d’islamistes modérés ! Les chrétiens qui vivaient dans les zones qu’ils contrôlent connaissent le sort des Serbes au Kosovo. »

« Il a fallu 5 ans pour comprendre qu’Assad n’était pas l’ennemi »

Le rédacteur en chef à Valeurs Actuelles n’a pas de tendresse pour le régime des Assad, père et fils, qu’il accuse ouvertement d’actes de terrorisme contre les soldats français durant la guerre du Liban. Mais il regrette que les puissances occidentales, et en particulier la France, se soient focalisées sur la chute de ce régime, sans être incitées à la prudence par les exemples irakiens et libyens.

Qui massacre les chrétiens d’Orient ?

Mais alors, qui sont les coupables des malheurs de nos frères chrétiens d’Orient ? Frédéric Pons détaille les niveaux de responsabilité. Les premiers, sur le terrain, sont bien entendu les mouvements islamistes, Daesh en tête, mais, assure-t-il, les autres mouvances y compris les « rebelles modérés » feraient comme l’État islamique s’ils en avaient les capacités. Ce qui amène au deuxième niveau de responsabilité : l’islam conquérant. Un islam « dont la violence est proportionnée à ses échec vis-à-vis de l’Occident depuis le XIXe siècle ». Cet islam, financé et répandu par le Qatar et l’Arabie saoudite, s’étend de Molenbeek-Saint-Jean, en Belgique, jusqu’au cœur de l’Afrique. L’islam encore provoque le malheur des chrétiens quand il se déchire entre chiites et sunnites. Les milices des deux courants majoritaires se « concurrencent pour présenter l’islam le plus pur, et éliminent les minorités ».

Responsabilité mondiale

L’Orient est compliqué, et la multitude de rivalités entre Kurdes, Turcs, alaouites, sunnites, etc. provoque un climat de guerre sans fin, dans lesquelles les minorités chrétiennes sont des variables d’ajustement, facilement sacrifiées. Ils souffrent aussi d’une chrétienté divisée, entre Occident et Russie, leur défense n’étant plus assurée par l’Occident et Vladimir Poutine reprenant seul la responsabilité de leur protection.

Lâcheté occidentale

Frédéric Pons accuse la diplomatie occidentale de lâcheté à l’encontre de la Turquie. Il a fallu attendre l’intervention de la Russie pour que les voies de passages du pétrole entrant en Turquie et des armes entrant en Syrie soient bombardées, dénonce-t-il. « J’ai vu de mes yeux les points de passage, la noria de camions qui alimente les groupes extrémistes radicaux. » La Turquie, qui emploie ses 2 millions de migrants comme une menace contre l’Europe, mène une guerre totale contre les kurdes présents sur son sol, sans subir de condamnations occidentales.

« Ouvrons les yeux sur ce que nous sommes ! »

Les islamistes disent ouvertement qu’ils utilisent les lois démocratiques, assure le journaliste, qui se fonde sur les déclarations de chefs religieux libyens. « Ils disent qu’ils utiliseront les migrants pour porter leurs combattants jusqu’au cœur de l’Europe, mais les écoutons-nous ? » Reprenant les paroles de Mgr Jean-Clément Jeanbart, l’archevêque grec-melkite catholique d’Alep, il demande d’ « ouvrir les yeux » sur ce qui est en train de se passer.