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Relations Vatican/Chine : l’approche du Pape sera-t-elle la bonne ?

Kevin Frayer / Intermittent/Getty Images
BEIJING, CHINA - AUGUST 14: A Chinese calendar showing Pope Francis is seen at a local Catholic religious store on August 14, 2014 in Beijing, China. In his first visit to Asia, Pope Francis sent a rare message of goodwill to China's President Xi Jinpeng today before landing in Seoul, South Korea. There have been no official relations between China and the Vatican since 1949. The Catholic Church in China is split into two avenues of worship: a state sanctioned Church known as the Patriotic Association that answers to the Communist Party, and underground Churches where worshippers are loyal to the Pope in Rome. (Photo by Kevin Frayer/Getty Images)
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Alors que plusieurs médias polémiquent sur les « omissions » du pape dans l’interview accordée au site "Asia Times", Pékin "prend acte" de ses propos et confirme sa volonté de poursuivre un dialogue "à mi-chemin".

Alors que la presse italienne fait état d’amélioration dans les relations entre la République de Chine et le Vatican, le pape François envoie un message fort et clair à tous les Chinois dont « la sagesse et la civilisation peuvent beaucoup apporter au monde », affirme-t-il dans un entretien accordé au site Asia Times, basé à Hong Kong.

Le ministère des Affaires étrangères chinois n’a pas tardé à réagir déclarant avoir « pris acte » de l’interview « importante » du Pape, et confirmant l’intention de Pékin de « poursuivre des échanges constructifs avec le Vatican, fondés sur le principe suivant : se rencontrer à “mi-chemin” ».

Le Saint-Père profitait du Nouvel An chinois pour présenter ses voeux au président chinois Xi Xinping et à tout le peuple chinois. Il est interrogé par l’éditorialiste italien Francesco Sisci, chercheur à l’université Renmin à Pékin et chroniqueur du site hongkongais (cf. ITW en français sur Radio Vatican) :

Hommage à l’Histoire chinoise

« La Chine a toujours été pour moi une référence de grandeur, un grand pays, doté d’une sagesse inépuisable », déclare-t-il dans cet entretien, diffusé le 2 février dernier. Le Pape cite l’expérience du jésuite Matteo Ricci, l’un des premiers missionnaires à être allé en Chine au XVIe siècle, qui « apprend qu’il est nécessaire d’entrer en dialogue avec la Chine, car elle est une accumulation de sagesse et d’histoire ». Et dialoguer, ajoute-t-il, ce n’est pas « chercher des compromis » mais s’entraider et « coopérer avec tous ceux qui ont en charge de prendre soin de notre maison commune et nos peuples ». Et en matière d’accueil et de coopération grandes sont les capacités de l’Église catholique, dont « l’un des devoirs est de respecter toutes les civilisations » mais, face à une telle civilisation et sagesse millénaire comme celle de la Chine, elle sent encore plus ce devoir de la respecter avec un « R » majuscule, ajoute le pape, dans sa seule et unique brève allusion aux relations entre elle et Pékin.

Ne pas avoir peur de la Chine

Interrogé sur les défis posés par l’ouverture de la Chine au monde, le Pape estime qu’il n’y a pas de raison d’en avoir peur car, rappelle-t-il, « aucun défi, quel qu’il soit, n’est à craindre dans la mesure où tout le monde, hommes et femmes, ont en eux la capacité de trouver les moyens de coexister, de se respecter et s’admirer mutuellement ». Ainsi, le monde occidental, le monde oriental et la Chine ont cette même capacité de « veiller aux bons équilibres qui servent la paix », de « s’en donner les moyens », notamment par le dialogue. Communiquer est dans la nature de l’homme, rappelle le pape, et l’aspiration de toute civilisation. Et la Chine, avec un tel héritage culturel, une telle sagesse, et de telles prouesses techniques – « il suffit de penser à ses pratiques médicales ancestrales », souligne le Pape – ne saurait les « tenir enfermées dans sa seule nation ». Il est évident que cette communication doit passer sans « ton agressif » ni « esprit d’auto-défense », sinon c’est la guerre. Mais le Pape, sur ce plan là ne se dit pas inquiet : c’est « un défi à relever », dit-il, « un risque » à prendre.

Silence sur les questions religieuses

Dans son introduction avant de lancer l’interview, Francesco Sisci, rapporte Vatican Insider, a tenu à préciser qu’il s’est donné « volontairement » pour »mission » de ne pas interroger le pape sur la question cruciale des relations entre la Chine populaire, l’Église catholique et le Saint-Siège, ni sur des questions religieuses et strictement politiques, suscitant des réactions « mitigées » chez plusieurs vaticanistes de la presse étrangère, relève I.Media cité par le portail catholique suisse Cath.ch. L’américain John Allen, ne s’en étonne pas mais regrette ce silence. Pour Rome, explique le vaticaniste, « mentionner les persécutions des minorités religieuses ne ferait qu’empirer les choses et seul le respect affiché garantirait des améliorations à long terme ». Il rappelle à cette occasion que deux évêques catholiques sont actuellement en prison dans le pays, et d’autres constamment surveillés par des agents de sécurité du gouvernement.

En revanche, Avvenire, le quotidien de l’épiscopat italien, par la voix de Stefania Falasca, préfère évoquer « un important message du pape François et une géopolitique de la miséricorde ». Pour la vaticaniste, « le Pape affronte de manière inédite la question des peurs provoquées par l’ascension économico-géopolitique de la Chine populaire » et « exorcise les présages dévastateurs de futurs conflits entre la Chine et d’autres superpuissances mondiales ». Il ne s’agit plus de « trouver un équilibre sur la base de l’opposition mais d’imaginer une vision multipolaire du monde où il serait possible de collaborer pour une croissance et une gestion de la maison commune ».

Pékin ouverte mais…

En Chine, les propos du pape ont fait le tour des médias – quotidiens, télévisions, Internet… – voyant en cette première interview du pape sur la Chine et les Chinois comme une « accélération dans le processus d’amélioration des relations entre la Chine et le Saint-Siège ». Dans sa réaction officielle, Pékin confirme sa volonté de poursuivre « un dialogue constructif » avec le Vatican pour « améliorer » leurs relations, mais ajoute aussitôt après qu’elle attend du Vatican « une attitude flexible et pragmatique » qui favorise « les conditions » de telle amélioration.

Quant aux fidèles catholiques sur place, ils ont confiance. Mgr Julius Jia Zhiguo, à 81 ans, est l’évêque « clandestin » qui bat tous les records d’arrestations et périodes passées en résidence surveillée. Dans un entretien à Vatican Insider, il déclare : « Nous avons confiance car le Pape est le successeur de Pierre, et en communion avec toute l’Église il veille sur la foi des apôtres avec l’aide du Saint-Esprit. Nous lui faisons confiance parce que nous avons confiance en Dieu qui soutient et guide Son Église (…) on n’est pas inquiets, nous savons que le Pape ne renoncera pas aux choses essentielles qui font partie de la nature même de l’Église ».

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