Recevez la newsletter d'Aleteia chaque jour!
Commencez la journée de la meilleure des manières : recevez la newsletter d'Aleteia
Je m'inscris!
Aleteia

Le Lion de Münster, seul face aux nazis

Clemens August Von Galen
© Giulio Napolitano/AFP
Un portrait du cardinal allemand Clemens August von Galen orne la basilique Saint-Pierre lors de la cérémonie de sa béatification au Vatican le 9 octobre 2005.
Partager

En 1941, l’évêque et Bienheureux Clemens August von Galen a publiquement condamné l’euthanasie forcée des handicapés pratiquée par les nazis.

En Allemagne, le 27 janvier, jour de souvenir des victimes du nazisme, le journal katholisch.de s’est remémoré la figure de l’évêque Clemens August von Galen qui, au cœur de la guerre, a publiquement condamné les euthanasies massives du programme Aktion T4.

Schizophrènes, épileptiques, paralysés ou atteints de démences plus ou moins légères, plus de 70 000 Allemands ont été assassinés parce qu’ils ne correspondaient pas au modèle de bonne humanité promu par les nazis. Leur vie était jugée indigne d’une appartenance au nouvel ordre national-socialiste. Hormis celle de l’Église catholique, aucune réaction publique officielle ne s’est faite entendre à ce sujet. Le sermon prononcé par le Bienheureux Clemens August von Galen le 3 août 1941 a ainsi eu un retentissement considérable : en pleine guerre et en plein cœur de l’Allemagne, l’Église osait prendre position ouvertement contre ces euthanasies massives perpétrées par le régime.

Comme on peut le lire dans le sermon, les nazis, eux, essayaient de masquer la réalité de ces meurtres :

« Il y a un soupçon général, confinant à la certitude, selon lequel ces nombreux décès inattendus de malades mentaux ne se produisent pas naturellement, mais sont intentionnellement provoqués, en accord avec la doctrine selon laquelle il est légitime de détruire une prétendue “vie sans valeur”. Une doctrine terrible, qui cherche à justifier le meurtre des personnes innocentes, qui légitime le massacre violent des personnes handicapées qui ne sont plus capables de travailler, des estropiés, des incurables des personnes âgées et des infirmes ! […] Si on l’admet, une fois, que les hommes ont le droit de tuer leurs prochains “improductifs”, alors la voie est ouverte au meurtre de tous les hommes et femmes improductifs : le malade incurable, l’handicapé inapte au travail, l’invalide de l’industrie et de la guerre. La voie est ouverte, en effet, pour le meurtre de nous tous, quand nous devenons vieux et infirmes et donc improductifs. On aura seulement besoin qu’un ordre secret soit donné pour que le procédé, déjà expérimenté et éprouvé avec les malades mentaux, soit étendu à d’autres personnes “improductives” : celles qui souffrent de tuberculose incurable, qui sont âgées et infirmes, les personnes handicapées de l’industrie, les soldats souffrant de graves blessures de guerre ! »

Il est bon de se rappeler que l’Église catholique a été la seule à prendre position publiquement contre les euthanasies massives perpétrées par le régime nazi contre les handicapés. Elle est parfois la seule voix à s’élever pour défendre le droit à la vie des personnes les plus faibles, comme ce précédent en témoigne.