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Et Christiane Taubira s’en alla

"Christiane Taubira incarnait le laxisme pénal depuis 2012, sa démission doit être l'occasion de changer radicalement de politique !", a tweeté Bruno Retailleau, président du groupe Les Républicains au Sénat, suite à la démission de la ministre socialiste © LOIC VENANCE / AFP

Philippe Oswald - Publié le 27/01/16

De nombreuses personnalités de la droite ou du gouvernement se félicitent de la démission de la ministre de la Justice.

Le communiqué de l’Élysée est tombé ce matin à 9 h 08 : « Madame Christiane Taubira, Garde des Sceaux, ministre de la Justice, a remis ce 27 janvier 2016, sa démission au président de la République, qui l’a acceptée. Ils ont convenu de la nécessité de mettre fin à ses fonctions au moment où le débat sur la révision constitutionnelle s’ouvre à l’Assemblée nationale, aujourd’hui, en Commission des Lois. Le président de la République a exprimé à Christiane Taubira, sa reconnaissance pour son action. Elle aura mené avec conviction, détermination et talent la réforme de la Justice et joué un rôle majeur dans l’adoption du mariage pour tous ».

In cauda venenum ! Réserver pour la fin ce « rôle majeur dans l’adoption du mariage pour tous », c’est appuyer là où ça fait le plus mal à droite – et, au-delà, à tous les défenseurs du mariage et de la famille. Deux jours après la parution du livre-programme de Nicolas Sarkozy dans lequel l’ancien président avoue que s’il était réélu, il ne reviendrait pas sur la loi Taubira, l’Élysée enfonce le coin…

« Elle a fracturé la société française »

En se séparant de Christiane Taubira, François Hollande n’en joue pas moins sur du velours à droite, ayant pris son parti du buisson d’épines qu’il rencontre à gauche :

« Devenue une icône de la gauche depuis la réforme du mariage homosexuel, Christiane Taubira était une des cibles favorites de la droite et l’extrême droite. L’opposition s’est rapidement réjouie de son départ, qu’elle réclamait depuis longtemps » (Les Échos). « Christiane Taubira incarnait le laxisme pénal depuis 2012, sa démission doit être l’occasion de changer radicalement de politique ! », tweete Bruno Retailleau, président du groupe Les Républicains au Sénat.

« Elle fut le garde des Sceaux du laxisme et de la désorganisation judiciaire », renchérissent le député LR de Haute-Savoie Bernard Accoyer et son collègue Éric Ciotti, député LR des Alpes-Maritimes.

C’est « un soulagement » et « une bonne nouvelle pour la France », déclare Marine Le Pen (Le Monde). « C’est tout sauf une surprise », relève pour sa part Alain Juppé : « Madame Taubira a tiré les conséquences de son désaccord très profond. D’une certaine manière, c’est une décision qui l’honore, elle a mis du temps, mais elle l’a fait » (Match).

« Elle n’a pas été une ministre de la Justice, mais de l’injustice ! », déplore quant à elle Ludovine de la Rochère, présidente de la Manif pour tous. « Injustice pour les enfants, car avec son action, on peut désormais créer des orphelins de père ou de mère : il y en a désormais des milliers en France ! » « Elle a fracturé la société française de manière très profonde, poursuit-elle. Car, en plus de la loi Taubira, il y a la circulaire Taubira, qui permet le recours à la GPA à l’étranger. Mme Taubira n’a pas voulu comprendre que la GPA est une nouvelle forme d’esclavage. Son successeur va-t-il supprimer cette circulaire ? Nous craignons malheureusement ne rien pouvoir attendre de lui » (Le Figaro).

« Parfois résister, c’est partir »

À gauche, l’exercice est sensiblement plus délicat pour François Hollande et Manuel Valls. Aussitôt annoncé le départ de Christiane Taubira, plusieurs figures de la gauche du PS et d’Europe-Ecologie-Les Verts, tels Benoît Hamon, Aurélie Filippetti, Cécile Duflot, ont publié des messages de soutien à l’ancienne garde des Sceaux. Valérie Trierweiler, l’ex-compagne de François Hollande, s’est joint au chœur en félicitant Christiane Taubira pour la loi sur le « mariage pour tous », « l’une des plus grandes réformes de société ».

Christiane Taubira elle-même est restée fidèle à ses saillies élégiaques en écrivant sur Twitter : « Fière. La Justice a gagné en solidité et en vitalité. Comme celles et ceux qui s’y dévouent chaque jour, je la rêve invaincue ». Puis, dans un deuxième message : « Parfois résister c’est rester, parfois résister, c’est partir. Par fidélité à soi, à nous. Pour le dernier mot à l’éthique et au droit » (Le Parisien).

Elle en a remis une couche épaisse mercredi après-midi avant la passation de pouvoir à son successeur, Jean-Jacques Urvoas : « Je quitte le gouvernement sur un désaccord politique majeur. Je choisis d’être fidèle à moi-même. À mes engagements, mes combats, mon rapport aux autres, fidèle à nous, tel que je nous comprends », a-t-elle déclaré. Ce n’est pas tout : « Elle est allée loin en sous entendant qu’inscrire la déchéance de nationalité pour les Français condamnés pour terrorisme revenait à une victoire « symbolique” des terroristes » (Public Sénat).

La rupture est consommée

François Hollande et Manuel Valls n’avaient pas d’autre choix que cette « démission » (qui aurait été décidée samedi dernier entre le président et l’intéressée) à quelques heures de l’ouverture du débat sur la révision constitutionnelle à l’Assemblée nationale à laquelle la Garde des Sceaux s’était publiquement opposée. Elle était « sur la sellette depuis plusieurs semaines, en désaccord profond avec le Premier ministre et le président de la République sur la mesure de déchéance de nationalité » (Europe 1).

En fait, la fracture remonte à l’été 2013 : « Manuel Valls, alors ministre de l’Intérieur, s’oppose frontalement à la garde des Sceaux sur sa réforme pénale. Il gagne son arbitrage. La révolution promise n’a pas lieu, la réforme accouche d’une souris » (Le Point). Depuis, qu’a fait la Garde des Sceaux ? Son texte sur la protection des sources a été reporté sine die, son projet sur le droit des mineurs est voué aux oubliettes, et les prisons sont plus que jamais surpeuplées et délabrées. « En octobre, les policiers, gardiens de prison et avocats avaient tour à tour défilé devant ses fenêtres de la place Vendôme » (Capital). Mais en se séparant de cette figure emblématique, pour ne pas dire de cette idole de la gauche, François Hollande et Manuel Valls consomment la rupture.

Se présentera-t-elle contre Hollande ?

« Pour le moment, on ne sait pas ce que compte faire Christiane Taubira. Se présentera-t-elle à la primaire de la gauche, contre François Hollande ? Quittera-t-elle la vie politique ? L’avenir le dira » (Valeurs Actuelles).

Elle a pour successeur place Vendôme le député du Finistère Jean Jacques Urvoas, jusqu’alors président de la Commission des lois à l’Assemblée nationale. En tant que Garde des Sceaux et ministre de la Justice, « il portera, aux côtés du Premier ministre, la révision constitutionnelle et préparera le projet de loi renforçant la lutte contre le crime organisé et la réforme de la procédure pénale », explique le communiqué de l’Élysée. Plusieurs élus de l’opposition, comme le député LR Georges Fenech ou le sénateur Jean-Pierre Raffarin, estiment que Jean-Jacques Urvoas est un « homme de qualité ».

Selon un sondage Elabe pour BFMTV, 8 Français sur 10 approuvent le départ de Christiane Taubira : « 81% des sondés disent approuver la démission de l’ancienne ministre de la Justice. 68% jugent également son bilan de manière négative ».

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Christiane TaubiraFrançois Hollandemanuel valls
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