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La querelle de clocher fait rage chez les laïques

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Deux visions de la laïcité s’affrontent. L’une, défendue par le premier ministre, dénonce le « communautarisme ». L’autre, chère au président de l’Observatoire de la laïcité, se veut plus apaisante.

Il n’a fallu qu’une seule prise de parole du Premier ministre Manuel Valls pour (ré)enflammer le débat sur la laïcité. Lors d’un discours prononcé lundi 18 janvier, au Crif (Conseil représentatif des institutions juives de France), le chef du gouvernement s’en est pris à plusieurs reprises à l’Observatoire de la laïcité. Ce dernier, « qui est placé sous ma responsabilité » ne peut pas être quelque chose « qui dénature la réalité de cette laïcité », a sermonné le Premier ministre.

Des organisations jugées subversives dans le collimateur de Manuel Valls

En cause, la tribune « Nous sommes unis » publiée dans Libération au lendemain des attentats du 13 novembre dans laquelle Jean-Louis Bianco, président de l’Observatoire de la laïcité, a apposé sa signature aux côtés de celles personnalités appartenant à des « organisations » que le chef du gouvernement considère comme « participant d’un climat nauséabond ». Un comble puisque le nom de Robert Ejnes, directeur exécutif du Crif, y figure également. Parmi les organisations visées par Manuel Valls, le collectif contre l’Islamophobie en France, soupçonné d’être proche des frères musulmans, mais aussi l’association Coexister.

« Un travail de pédagogie de trois ans détruit par une interview »

Au cours de la même allocution, le premier ministre a déploré que l’un des membres de cette institution républicaine ait « osé s’en prendre à une philosophe telle qu’Élisabeth Badinter ». La femme de lettre féministe avait déclaré le 6 janvier dernier, qu »‘il ne faut pas avoir peur de se faire traiter d’Islamophobe ». Une déclaration qui avait fait réagir sur twitter le rapporteur de l’Observatoire, Nicolas Cadène : « un travail de pédagogie de trois ans détruit par une interview ».

Le premier ministre a aussitôt annoncé sa volonté de « rencontrer » Jean-Louis Bianco « le plus vite possible ». Dans un communiqué publié au lendemain ce son intervention, le directeur de l’Observatoire avait en effet réagi aux propos de Manuel Valls, lequel, selon lui, « méconnaît la réalité des institutions indépendantes dans la République », dans la mesure où « L’Observatoire de la laïcité n’est pas placé sous sa responsabilité », voulant ainsi rappeler le caractère indépendant de son organisation.

L’Observatoire dans le brouillard

Comme si ce n’était pas déjà assez compliqué, la présidente de l’Observatoire de la laïcité du Val d’Oise, Laurence Marchand Taillade, est à son tour montée au créneau pour s’en prendre à l’association Coexister, emboîtant le pas au communiqué de Jean-Louis Bianco. « Une association prônant la laïcité à l’anglo-saxonne, l’œcuménisme », s’est-elle hasardée. Et l’association pointée du doigt, de riposter à son tour : « Rappelons d’abord que l’œcuménisme est le mouvement favorable à la réunion de toutes les Églises chrétiennes en une seule et n’a donc rien à voir avec notre message ».

Dans une lettre adressée au premier ministre, la responsable régionale de l’observatoire de la laïcité a cru bon de dénoncer ce qu’elle juge être une récupération d’un mot clé sur internet, en l’occurrence le terme « Laïcité ». « Ils sont en train d’acheter le mot clé Laïcité sur google avec Adwords », s’offusque-t-elle. Force est de constater qu’un mot clé ne s’achète pas, Coexister s’est contenté de bénéficier d’un service publicitaire, point d’usage exclusif en la matière mais seulement une possibilité de « proposer du contenu publicitaire ciblé selon les recherches des internautes », se défend l’association. « Il serait opportun de comprendre le fonctionnement de Google Adwords », ironise l’auteur du communiqué.

Caroline Fourest rentre dans la mêlée 

La partie aurait pu s’arrêter là, mais la « chienne de garde », féministe et ultralaïque Caroline Fourest demande des comptes dans le journal Le Monde. Appelant  à « éclaircir la polémique suscitée par Jean-Louis Bianco », la journaliste s’est jetée dans la mêlée : « Dans un pays visé par le terrorisme, certaines propagandes peuvent tuer. Comme faire croire que la France pratique un racisme d’État parce qu’elle ose se défendre face au terrorisme, ou qu’elle est « islamophobe» parce qu’elle souhaite faire respecter l’égalité hommes-femmes et la laïcité au sein de l’école publique. »

Il n’en fallait pas plus pour faire sortir de ses gonds l’ancien fondateur et président de Coexister, Samuel Grzybowski. Dans son droit de réponse à la pasionaria de la cause féminine, le jeune homme de vingt-trois ans dénonce la récupération de Mme Fourest : « Si elle s’acharne à parler d’elle-même et de ses partisans comme des « laïques », cet usage du terme est en réalité un contresens profond. Nous sommes tous laïques, croyants et non-croyants, dès lors que nous nous accordons sur les principes fondamentaux qui découlent de la laïcité : liberté de conscience et de culte, séparation entre l’État et les Églises, égalité de tous les citoyens devant la loi, neutralité de l’État et de ceux qui exercent une mission de service public. »

Bien loin de faire progresser le débat, chacune de ces interventions ont ajouté plus de confusion à un sujet déjà compliqué. En signe d’apaisement, Caroline Fourest postait mardi 26 janvier un tweet dénonçant les écarts des médias : « France 2 offre une tribune au PIR. Libé au CCIF. Et Atlantico à Ichtus ! Tout va bien… » De quoi calmer les esprits déjà bien échauffés, croit-elle.

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