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La "Guerre mondiale par morceaux" a déjà commencé

© MASSIMILIANO MIGLIORATO/CPP

<span style="font-family:'Avenir Next', Helvetica, Arial, sans-serif;font-size:14.001000404358px;line-height:normal;">January 31, 2015: Msgr. Paul Richard Gallagher, Vatican Secretary for Relations with States, during the inauguration of the 86.mo judicial year Court of the State of Vatican City.</span>

Jean-Baptiste Noé - Publié le 18/01/16

Face à notre nouvel ennemi, le terrorisme, "il est licite et urgent d’arrêter l’agression par l’action multilatérale et un usage proportionné de la force".

Lors de sa visite à Sarajevo, le 6 juin 2015, le Pape avait évoqué la situation d’une guerre mondiale « par morceaux ». Ses mots résonnent encore dans une ville où la Première Guerre mondiale a débuté et qui a subi le martyre de la guerre de Yougoslavie qui a ensanglanté l’Europe dans les années 1990.

Le Secrétaire pour les relations avec les États, Mgr Paul Gallagher, a explicité cette expression lors d’une conférence prononcée le 14 décembre dernier au centre culturel français Saint-Louis, à Rome, précisant ainsi la vision géopolitique actuelle de l’Église. Selon Mgr Gallagher nous connaissons une mutation des conflictualités qui se caractérise de quatre façons : l’apparition d’un nouvel ennemi, le terrorisme, l’universalité du conflit, la prétention pseudo-religieuse et la violation des droits de l’homme, notamment en ce qui concerne la liberté de religion et de conscience. Cette conflictualité, qui se manifeste par le terrorisme, se nourrit d’une négation de l’homme et de ses valeurs fondamentales, et développe une vision erronée de Dieu en lui accordant les raisons et les justifications de la violence. C’est cet État islamique qui se joue des frontières politiques, pouvant frapper au-delà de son territoire, aussi bien dans le monde musulman qu’en Europe. Le caractère transnational de cette conflictualité est donc bien marqué, participant de cette façon à l’actuelle mondialisation.

Mgr Gallagher évoque plusieurs pistes pour lutter contre cet ennemi. Tout d’abord protéger les personnes visées par les attaques en organisant une union de l’ensemble des pays concernés. Mais le Saint-Siège préfère la voie du dialogue à celle de la confrontation : « Le Saint-Siège soutient et encourage le dialogue constructif dans la recherche de solutions et d’instruments meilleurs pour maintenir la paix et la sécurité. Il considère, d’une manière générale, que la voie pour résoudre les controverses et les difficultés doit toujours être celle du dialogue et de la négociation. La solution aux conflits qui sont abordés de manière globale et régionale, n’est pas en effet celle de la confrontation ».

Le dialogue interreligieux a toute sa place dans ces négociations. Il appelle à ce que les différentes communautés puissent échanger sur ces problèmes de violence. La culture du dialogue ne devant pas se réduire à de sages discussions qui tournent en rond. Il est essentiel que les responsables musulmans dénoncent clairement les agissements de l’État islamique et se démarquent de lui : « Dans le cas concret du dit “État islamique”, une responsabilité particulière repose sur les responsables musulmans, non seulement pour en désavouer la prétendue dénomination d’“État islamique” et la formation d’un califat, mais aussi sur le plan des principes, pour condamner l’idée de pouvoir assassiner l’autre pour des raisons religieuses et de pouvoir exercer tout type de discrimination ».

Restaurer l’ordre du droit

Dialoguer et négocier ne signifie pas abdiquer tout sens des réalités. Mgr Gallagher reconnaît qu’il n’est pas possible de discuter avec ceux qui refusent l’ordre international, qui nient l’existence des États souverains et qui ne cherchent que la destruction de leurs adversaires. « Dans ces conditions, on peut se demander comment il est possible de dialoguer avec qui n’est pas ouvert au dialogue et refuse même de reconnaître l’humanité de l’autre ou encore comment il est possible de dialoguer en face de positions fondamentalistes. »

À l’intérieur, les États ont l’obligation de défendre et de protéger leurs citoyens, c’est d’ailleurs la raison d’être des États. Mais toute intervention extérieure ne peut se faire qu’avec l’accord de la communauté internationale. Le Secrétaire pour les relations avec les États n’écarte pas la possibilité d’une intervention internationale : « Il est licite et urgent d’arrêter l’agression par l’action multilatérale et un usage proportionné de la force ». Le Pape s’était exprimé en ce sens à l’été 2014, lors de son retour à Rome après son voyage en Asie.

Enfin, il faut aboutir à la mise en place d’une saine laïcité, qui reconnaisse la distinction existante entre la foi et l’État. C’est une demande particulièrement osée pour une culture musulmane qui est étrangère à ce concept. Mais cette distinction est fondamentale pour permettre aux minorités religieuses de vivre et d’être non pas tolérée mais reconnue comme des citoyens à part entière. « Un État “laïque” doit garantir les mêmes droits et espaces de participation politique à tous les citoyens, sans faire de distinction en fonction de la foi, de l’ethnie ou de la culture. En ce sens, le concept de citoyenneté constitue un élément important de cette “saine laïcité”. De fait, les chrétiens ne veulent pas être simplement tolérés, mais considérés comme des citoyens à part entière sur ces terres où, entre autres, ils étaient déjà présents avant l’arrivée de l’islam. »

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