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Exempté de sanctions, l’Iran est de retour sur la scène internationale

Hassan Rohani, président de la République islamique d'Iran © Fatemeh Bahrami / ANADOLU AGENCY

TEHRAN, IRAN - JANUARY 17: Iranian President Hassan Rouhani (C) gives a speech during a press conference in Tehran, Iran on January 17, 2016. Yesterday, international sanctions on Iran were lifted within nuclear deal. Fatemeh Bahrami / Anadolu Agency

Sylvain Dorient - Publié le 18/01/16

La levée des sanctions contre l’Iran, en échange de garanties sur le programme nucléaire du pays, permet l’émergence d’une puissance régionale longtemps en sommeil.

Les présidents des États-Unis et de l’Iran, Barack Obama et Hassan Rohani, ont salué ensemble les dispositions prises par leurs deux pays dimanche 17 janvier. La plupart des sanctions décidées par les États-Unis sont levées, tandis que les Iraniens offrent des garanties concernant leur programme nucléaire. Onze ex-prisonniers ont été échangés de part et d’autre, dont le reporter du Washington Post Jason Rezaian détenu plus de 500 jours en Iran.

Une croissance économique à 5% ?

Depuis 1995, les États-Unis, en premier lieu, puis l’Union européenne et enfin l’Onu ont décidé tour à tour de sanctions économiques. Ont été frappés par ces sanctions des secteurs comme les matériaux radioactifs, l’armement, mais aussi plus largement des pans entiers de l’économie, en particulier les transactions bancaires, et le pétrole, dont l’Iran est le 6e pays producteur, malgré les sanctions. Le président Rohani prévoit que son pays connaîtra une « croissance économique de 5% » à la suite de cet accord.

Israël et l’Arabie saoudite mécontents

À Ryad, en revanche, la bourse a accusé une perte de 5%. En cause, la dégringolade du prix du pétrole, encore accentuée par la perspective de voir l’Iran inonder le marché : le ministre iranien du Pétrole prévoit d’augmenter sa production de 500 000 barils. De son côté, l’Arabie saoudite ne fait rien non plus pour diminuer la production de pétrole, préférant manifestement accuser des pertes d’argent plutôt que de laisser émerger d’autres acteurs pétroliers. Le gouvernement israélien lui aussi ne partage pas la joie de ce moment historique. Benjamin Netanyahu a publiquement accusé les Iraniens de ne pas avoir renoncé à leurs ambitions nucléaires.

En guerre sur trois fronts

La diplomatie américaine en faveur de l’Iran marque une rupture avec la politique de ces dernières années. En favorisant son ancien adversaire, elle redistribue les cartes d’une région confrontée à une succession de conflits. Et l’Iran est l’un des principaux protagonistes de ces conflits, puisqu’elle est présente sur trois fronts : la Syrie, l’Irak et le Yemen. En Irak et en Syrie, les Gardiens de la Révolution (Pasdaran) affrontent l’Etat islamique et des rebelles sunnites, tandis qu’au Yemen, ils soutiennent les Chiites Houthis, opposés au gouvernement yéménite qui lui, est soutenu par l’Arabie Saoudite. Or, sans prendre directement part à ce dernier conflit, les États-Unis avaient laissé faire leur allié saoudien, comme le rappelle Thomas Flichy de Neuville, professeur à l’école militaire de Saint-Cyr (revueconflits.com) « L’abandon de la base d’Al-Anad par les forces spéciales américaines qui était d’une importance cruciale pour le lancement de drones contre Al-Qaïda, a été sans doute l’un des éléments qui ont encouragé l’intervention saoudienne au Yémen. »

Revirement… relatif

Les États-Unis mécontentent certainement leurs alliés historiques, mais ils ne vont pas pour autant faire de l’Iran leur premier partenaire dans la région ! Dès le lendemain de l’accord du dimanche 17 janvier, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères dénonçait de nouvelles sanctions américaines contre le programme balistique de l’Iran. Dans son discours à la presse, Barack Obama a pris soin d’insister sur les divergences qui continuent à séparer les États-Unis de la république islamique iranienne. Quant à Hassan Rohani il a précisé : « Nous n’allons pas faire confiance à un pays comme les États-Unis uniquement en raison de l’accord ». Une façon, pour les deux présidents, de préserver leurs ailes conservatrices.

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