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"La faim est devenue l’arme la plus létale du conflit syrien"

© LOUAI BESHARA / AFP

A member of the Syrian pro-government forces stands at the entrance of the besieged rebel-held Syrian town of Madaya as residents wait for a convoy of aid from the Syrian Arab Red Crescent on January 14, 2016. The convoy of about 50 aid trucks left Damascus for the hunger-stricken Syrian town of Madaya where 40,000 residents have suffered a crippling government siege that has drawn sharp condemnation from the United Nations. / AFP / LOUAI BESHARA

Aide à l'Eglise en Détresse (AED) - Publié le 15/01/16

Selon l'Aide à l'Église en détresse, le défaut de nourriture en Syrie fait plus de victime que les bombardements.

« La faim est devenue l’arme la plus létale du conflit syrien », affirme père Andrzej Halemba, responsable international de l’Aide à l’Église en détresse au Moyen-Orient. Le prêtre, qui se rend constamment en Syrie, note comment les rebelles et le gouvernement empêchent l’acheminement de l’aide humanitaire pour soumettre plus facilement la population. « Nous avons tous vu les images dramatiques de Madaya, la petite ville au nord de Damas où des habitants sont morts à cause du manque de nourriture. Mais il y a beaucoup d’autres régions où les gens meurent de faim. »

Il y aurait en effet 4 million de Syriens qui vivraient dans des régions où les aides ne peuvent être acheminées, un drame qui a fait plus de victimes que la guerre. « Depuis le début de la crise, plus de 280 000 personnes sont mortes à cause du conflit, alors que 350 000 ont perdu la vie à cause de la pénurie de médicaments ou de biens de première nécessité. »

De 2011 à aujourd’hui, l’Aide à l’Église en détresse a financé des projets visant à soutenir les populations syriennes, pour un total de 10,38 millions d’euros, dont 6,2 millions (environ 60% du total) ont été utilisés en 2015 uniquement.

Mais l’accroissement des besoins impose une augmentation constante des aides. « Nous devons faire parvenir plus d’aides dans les régions où elles réussissent à arriver car c’est là que la population est en train de se concentrer, explique père Halemba. C’est pour cela que l’AED a développé 20 nouveaux programmes d’urgence. » La fondation pontificale travaille en relation étroite avec les évêques des différents rites à Damas, Alep, Tartous et Homs. Elle collabore avec Caritas, les jésuites et les autres congrégations pour fournir de la nourriture, des médicaments, de l’eau potable, des vêtements chauds, des chaussures et différents biens de première nécessité aux Syriens. L’année dernière, plus de 15 000 colis d’aide ont été distribués, un nombre qui sera probablement plus important en 2016 étant donné que la situation continue d’empirer.

« La crise est également aggravée par l’absence de fourniture électrique, ajoute le prêtre, un problème grave lorsque les températures descendent en-dessous de zéro. Beaucoup de gens nous ont remerciés en pleurant pour avoir reçu nos aides sans lesquelles ils n’auraient pas survécu à l’hiver ». Ces jours-ci, l’AED intervient en particulier pour fournir une aide aux habitants des villages aux alentours d’Hassaké, au Nord-Ouest du pays, région qui jusqu’à il y a quelques mois était contrôlée par l’État islamique. « Il y a beaucoup de chrétiens assyriens qui ne peuvent pas encore retourner chez eux car les villages manquent de tout. Alors que 79 d’entre eux sont encore entre les mains de l’EI à Raqqa. »

Les pensées de père Halemba vont aux nombreux chrétiens qui vivent dans les régions contrôlées par le « califat » et par les autres groupes djihadistes. « Là-bas, nos frères dans la foi sont contraints à payer jusqu’à 87 000 lires syriennes (362 euros) par an pour s’acquitter de la jizya, la taxe de protection imposée aux non-musulmans. Un chiffre insoutenable dans un pays sans ressources et où un kilo de sucre coûte dix fois plus qu’il y a cinq ans à peine. »

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Bachar el AssadChrétiensChrétiens d'OrientÉgliseSyrie
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