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Jésus, le seul homme qui se dit l’égal de Dieu dans l’histoire des religions

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Pourquoi Jésus est-il vraiment unique dans toute l’histoire des religions ? Il est d’abord le seul homme qui s’est mis au rang même de Dieu. Il est ensuite le seul Dieu humilié et le seul dont les témoins attestent qu’il a ressuscité. Comme aucun autre, il posé des gestes que Dieu seul peut revendiquer : « Jamais homme n’a parlé comme cet homme ! » (Jn 7, 46.) Cela a conduit à sa condamnation à mort pour blasphème.

Le premier trait caractéristique de la figure de Jésus est la prétention qu’il a émise, dans ses paroles sans équivoque comme dans ses actes, à être de condition divine. Ceci est absolument unique dans l’histoire de l’humanité. Jésus est le seul homme qui, dans son bon sens, ait « revendiqué » d’être l’égal de Dieu. Cela se traduit tout d’abord dans ses paroles, telles que les ont perçues et rapportées les évangélistes Jean, Matthieu et Luc.

Le témoignage des évangélistes

Les plus nombreuses paroles et les plus formelles se trouvent dans l’Évangile de Jean. Par exemple : « Qui m’a vu, a vu le Père » (Jn 14, 10) ; ou encore : « Le Père et moi, nous sommes un » (Jn 10, 30). Les auditeurs ne s’y sont pas trompés. Jean note deux réactions éloquentes : « Dès lors, les juifs n’en cherchaient que davantage à le faire périr, car non seulement il violait le sabbat, mais il appelait Dieu son propre Père, se faisant ainsi l’égal de Dieu » (Jn 5, 18) ; « Ce n’est pas pour une belle œuvre que nous voulons te lapider, mais pour un blasphème, parce que toi qui es un homme, tu te fais Dieu » (Jn 10, 33).

Chez Matthieu et Luc, retenons surtout la déclaration solennelle : « Je te loue, Père, Seigneur du Ciel et de la terre, d’avoir caché cela aux sages et aux intelligents et de l’avoir révélé aux tout-petits. Oui, Père, c’est ainsi que tu en as disposé dans ta bienveillance. Tout m’a été remis par mon Père. Nul ne connaît le Fils si ce n’est le Père, et nul ne connaît le Père si ce n’est le Fils, et celui à qui le Fils veut bien le révéler » (Mt 11, 25-27 et Lc 10, 21-22). La communion réciproque de Dieu et de Jésus est donc telle que Jésus prétend que personne ne le connaît sinon Dieu lui-même. Il est « le » Fils, d’une manière unique. Et Dieu est « son » Père, d’une manière incomparable.

Une prétention « blasphématoire »

Tout cela a conduit à sa condamnation à mort pour blasphème, lors de son procès devant le Sanhédrin (assemblée des responsables religieux). Le texte le plus décisif se trouve néanmoins chez l’évangéliste Marc, à l’occasion du procès de Jésus. Voici le passage essentiel : « De nouveau le Grand Prêtre l’interrogeait ; il lui dit : “Es-tu le Messie, le Fils du Dieu béni ?” Jésus dit : “Je le suis, et vous verrez le Fils de l’homme siégeant à la droite du Tout-puissant et venant avec les nuées du ciel.” Le Grand Prêtre déchira ses habits et dit : “Qu’avons-nous encore besoin de témoins ! Vous avez entendu le blasphème. Qu’en pensez-vous ?” Et tous le condamnèrent comme méritant la mort » (Mc 14, 61-64).

Ce qui est déterminant en cette heure où se joue le destin de Jésus, ce n’est pas qu’il affirme être le Messie, car la revendication de ce titre n’était pas de soi un blasphème. Ce n’est pas non plus la prétention d’être le Fils de Dieu, expression qui, pour le judaïsme, n’était guère qu’une autre manière d’exprimer la dignité royale du Messie, même si, bien sûr, dans l’esprit de Jésus et sous la plume de Marc, elle va beaucoup plus loin et vise une filiation proprement divine. Ce qui est décisif, c’est la manière dont Jésus explicite sa réponse. Il s’identifie solennellement à ce mystérieux Fils d’homme que le prophète Daniel (Da 7, 13-14) a contemplé dans une vision et à qui Dieu a conféré un empire éternel, et il souligne le caractère transcendant de ce titre en précisant que lui, Jésus, le Fils de l’homme prédit par Daniel, il siégera à la droite du Tout-Puissant et viendra sur les nuées du ciel. Or la Puissance et les nuées sont, dans l’Ancien Testament, des attributs strictement divins. En se les appliquant à lui-même, Jésus revendique clairement un rang divin et peut ainsi être accusé de porter atteinte aux prérogatives de Dieu lui-même.

Jésus est condamné pour des raisons religieuses

Le Grand Prêtre et le Sanhédrin ne s’y trompent d’ailleurs pas et condamnent aussitôt Jésus pour blasphème, ce qui montre bien que Jésus fut mis à mort pour un motif essentiellement religieux et non d’abord pour des raisons sociales ou politiques. Comme aucun autre, Jésus a posé des gestes que Dieu seul peut revendiquer et il a manifesté une autorité incomparable. La prétention de Jésus à être de condition divine ne s’exprime pas seulement dans des paroles explicites, elle transparaît davantage encore dans des gestes ou des attitudes, parfois accompagnés de déclarations qui en soulignent la portée. Ce qui a d’emblée surpris et réjoui les foules en Jésus, c’est l’autorité avec laquelle il parlait : « Ils étaient frappés de son enseignement, car il les enseignait en homme qui a autorité et non pas comme les scribes […] ; et ils se demandaient les uns aux autres : « Qu’est-ce cela ? Voilà un enseignement nouveau, plein d’autorité ! » (Mc 1, 22-27). Parfois même Jésus se démarque nettement de toute autorité humaine, même la plus haute, celle de Moïse, et il parle avec l’autorité même de Dieu dans la Loi ou les Prophètes, sans se référer à un autre que lui-même : « Il a été dit… Et moi, je vous dis… » (Mt 5, 21-44).

Le droit de pardonner les péchés !

Il s’arroge le droit de pardonner aux hommes leurs péchés, ce qui est bien un privilège divin. Les adversaires de Jésus sont d’ailleurs choqués par cette prétention exorbitante et, en l’entendant, murmurent déjà l’accusation qui entraînera sa mort. En effet, « Jésus dit au paralysé : « Mon fils, tes péchés sont pardonnés ». Quelques scribes étaient assis là et raisonnaient dans leurs cœurs : « Pourquoi cet homme parle-t-il ainsi ? Il blasphème. Qui peut pardonner les péchés sinon Dieu seul ? » (Mc, 2, 5-7).

Même prétention inouïe lorsque Jésus exige que l’on sacrifie tout pour le suivre et fait dépendre le salut des hommes de l’attitude qu’ils auront adoptée à son égard : « Qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi ; qui aime son fils ou sa fille plus que moi n’est pas digne de moi. Qui ne se charge pas de sa croix et ne me suit pas n’est pas digne de moi. Qui aura assuré sa vie la perdra et qui perdra sa vie à cause de moi l’assurera » (Mt 10, 36-38cf. aussi Mc 8, 34-38).

Le lien entre sa personne et le salut de tous les hommes

Jésus revendique également une telle importance, proprement divine, qu’il prétend se tenir personnellement derrière chaque homme de l’histoire, pouvoir les accueillir tous et devoir les sauver tous : « En vérité, je vous le déclare, chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces petits, qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait » (Mt 25, 40) ; « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi je vous donnerai le repos » (Mt 11, 28) ; « C’est ainsi que le Fils de l’homme est venu non pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour la multitude » (Mt 20, 28).

Oui, celui qui parle et agit ainsi revendique d’être plus haut que tout, au niveau même de Dieu, et il le reconnaît sans équivoque : « Il y a ici [c’est-à-dire en moi] plus grand que le Temple » (Mt 12, 6) ; « Le ciel et la terre passeront, mes paroles ne passeront pas » (Mt 24, 35) ; « Vous êtes d’en bas, je suis d’en haut » (Jn 8, 23).

Un fait unique dans l’histoire

Cette prétention à la divinité, liée à une grande humilité, est un fait unique dans l’histoire de l’humanité et elle tient à l’essence même du christianisme. Partout ailleurs — que l’on pense à Bouddha, à Confucius ou à Mahomet — les fondateurs de religion lancent un mouvement spirituel qui, une fois mis en route, peut à la rigueur se développer indépendamment d’eux. Tandis que Jésus, lui, est l’objet même du christianisme. Jésus n’indique pas seulement un chemin, comme Lao-Tseu, il affirme être lui-même ce chemin ; il n’est pas seulement le porteur d’une vérité, comme n’importe quel prophète, mais se présente comme étant lui-même cette vérité ; il n’ouvre pas seulement une route conduisant à la vie, à la manière des philosophes, il prétend être, dans sa personne concrète, la plénitude même de la vie divine : « Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie » (Jn 14, 6). Et ailleurs, dans le même sens : « Je suis la porte ; si quelqu’un entre par moi, il sera sauvé » (Jn 10, 9) ; ou encore : « Moi, je suis la Résurrection et la Vie : celui qui croit en moi, fût-il mort, vivra, et quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. Le crois-tu ? » (Jn 11, 25-26).

« Le crois-tu vraiment » ?

Ceci est unique dans toute l’histoire. Et la question posée par Jésus est la seule qui importe : « Le crois-tu ? » La vraie foi chrétienne commence quand le christianisme fait place au Christ, lorsqu’un croyant ou un sympathisant cesse de s’intéresser aux idées ou à la morale chrétiennes, prises abstraitement, et rencontre Jésus comme Quelqu’un, celui-là même qui revendique d’être conjointement vrai homme et vrai Dieu. Un parmi les milliards d’individus, en tant qu’homme. Et l’Unique, en tant que Fils éternel de Dieu, venu en ce monde.