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Un tour du monde de la persécution chrétienne

Roberto Machado Noa/LightRocket via Getty Images
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2015 aura été une année de plus marquée par des persécutions anti-chrétiennes toujours aussi nombreuses et répandues à travers le monde.

Le Proche-Orient est resté sous le feu des projecteurs médiatiques à cause de la présence particulièrement menaçante du jeune État islamique en Irak, en Syrie, mais également dans plusieurs autres pays de la région. Mais dans beaucoup d’autres pays, les chrétiens vivent cachés, menacés en permanence par des États totalitaires ou des idéologies religieuses ou athées mortifères.

Des chrétiens essentiellement victimes de l’islamisme et du communisme

Chaque année, l’Index Mondial de Persécution édité par l’ONG Portes Ouvertes recense les persécutions anti-chrétiennes à travers le monde. Dans son édition 2015, l’organisation remarque que trois pays sont désormais en « zone de persécution absolue ». Concrètement, la persécution ne cesse de s’y intensifier sans qu’il ne soit possible d’en imaginer le terme. Ces trois pays sont l’Irak, gangrené par des affrontements confessionnels et la présence de l’État islamique ; la Somalie, pays dans lequel les chrétiens subissent des persécutions de la part des islamistes, mais également en raison de rivalités ethniques et de la corruption des systèmes qui régissent le pays. Dans ce pays, les chefs religieux musulmans n’hésitent pas à souhaiter publiquement l’éradication du christianisme. Les chrétiens vivent donc cachés, et marquent leur foi du sceau prudent du secret.

Vient ensuite la Corée du Nord, dernier bastion du communisme « pur » dans lequel la religion est considérée comme « l’opium du peuple ». Si tout autre culte que celui rendu à Kim-Jung-Un est absolument interdit, le christianisme est particulièrement traqué en raison des liens supposés qu’il aurait avec l’Occident. Le principe est simple : toute célébration religieuse qui n’aurait pas pour objet la dynastie des Kim est considérée comme dangereuse et représente une menace pour l’État. Les chrétiens découverts sont donc envoyés dans des camps de travaux forcés jusqu’à ce que mort s’en suive.

Des années de propagande ont permis la délation systématique par peur ou par adhésion au régime, si bien que les chrétiens vivent avec une pression immense : posséder une Bible est déjà un grand risque. 

Malgré la menace, il reste 200 à 400 000 chrétiens en Corée du Nord

Le résultat est palpable : avant 1945, on comptait environ 500 000 chrétiens en Corée du Nord. En seulement 10 ans, le christianisme a disparu de la sphère publique mais subsiste malgré tout par ses fidèles : il y en aurait entre 200 000 et 400 000 aujourd’hui, tous clandestins.

La situation est également peu enviable, bien que plus souple, à Cuba. La constitution garantit la liberté de religion, mais dans les faits, les églises doivent déclarer la moindre activité aux autorités et les chrétiens qui ne s’enregistrent pas sont tous simplement harcelés. Outre le surveillance oppressante souvent dénoncée, les communautés religieuses se plaignent également des infiltrations communistes dans leurs rangs, vecteur de corruption et de délation.

En Chine, les chrétiens de l’Eglise souterraine, c’est-à-dire fidèles à Rome et non au parti communiste, sont toujours persécutés. Il existe également une majorité de chrétiens qui ne font pas partie de l’Église officielle mais qui sont tolérés par le gouvernement, à condition de ne pas faire parler d’eux. La situation reste terriblement oppressante et risquée. Plusieurs ONG ont par ailleurs dénoncé des destructions de croix et d’églises dans la province du Zhejiang (Est de la Chine).

L’Index de la Persécution révèle également que quatre continents sont concernés : l’Afrique, l’Asie, l’Amérique et l’Europe… La persécution des chrétiens ne cesse de s’intensifier, parfois même dans des pays majoritairement chrétiens. C’est par exemple le cas en Colombie ou au Mexique.

En Colombie ou au Mexique, les chrétiens persécutés par les cartels de la drogue

La Colombie est un pays très largement chrétien (à 80%), dans lequel la liberté religieuse est totalement garantie. Pourtant, d’importantes régions sont toujours sous le contrôle d’organisations criminelles, de cartels de la drogue et de révolutionnaires communistes qui agissent en toute impunité et versent allègrement dans le crime organisé.

La persécution anti-chrétienne n’est pas forcément idéologique malgré l’appartenance communiste de nombre de révolutionnaires, elle est avant tout la conséquence d’une ferme opposition des chrétiens à la corruption et au crime.

Dans les zones tribales, les chrétiens sont en plus accusés de mettre en péril la culture et les traditions indigènes et se heurtent à l’hostilité, parfois violente, de la population. Ils sont donc parfois obligés de fuir puisque ces territoires ne sont pas accessibles aux forces de sécurité gouvernementales, en vertu d’une protection accordée par la loi du pays à ces territoires.

Dans le pays, l’ONG Portes Ouvertes estime que quelque 800 000 chrétiens sont directement persécutés en raison de leur foi. La situation est similaire au Mexique voisin et la persécution des chrétiens, également majoritaires, est la conséquence des mêmes fléaux dans le pays.

En 2015, beaucoup de chrétiens contraints à la fuite

En 2015, la persécution anti-chrétienne est majoritairement le fait de l’islamisme dans le monde. Parmi les 50 pays dans lesquels l’Index Mondial de Persécutions relève des persécutions, 40 sont concernés par l’islamisme. Que la persécution soit violente ou oppressante, les minorités chrétiennes peinent à vivre ou survivre en terre d’islam.

En 2014, la proclamation du « califat » par l’État islamique à Mossoul et dans la plaine de Ninive a laissé peu de choix aux chrétiens (comme aux autre minorités) : se convertir, fuir ou mourir. Résultat, de très nombreux chrétiens ont dû fuir, et le flot de réfugiés et de déplacés a connu une croissance exponentielle. Contrairement à ce que l’on peut croire, les chrétiens n’ont pas été massacrés par l’État islamique, ils ont été chassés : le nombre de familles vivants dans une extrême pauvreté n’a cessé d’augmenter.

La persécution prend également une forme particulièrement perverse au Pakistan, avec les tristement célèbres « lois sur le blasphème ». Dans la république islamique, le « blasphème » est condamné à mort, sur simple délation. C’est un moyen commode de se débarrasser d’un voisin gênant, à fortiori lorsqu’il est chrétien.

L’injustice de la loi est dramatiquement incarnée par Asia Bibi, cette mère de famille chrétienne et actuellement condamnée à mort pour avoir demandé à des femmes musulmans ce que Mahomet faisait pour elle. Une simple question l’a jetée en prison il y a des années, en attendant la mort, malgré une mobilisation internationale.

En Inde, les chrétiens victimes de l’hindouisme le plus radical qui soit

L’islamiste – comme le communisme – provoquent également une autre forme de persécution non moins alarmante : la marginalisation sociale et culturelle. Les chrétiens de Somalie, de Corée du Nord, d’Afghanistan, des Maldives, de l’Erythrée, d’Arabie Saoudite, du Yémen, d’Irak, d’Iran ou de Libye n’ont pas les mêmes droits que les autres citoyens, à commencer par celui de pratiquer librement sa religion. Dans les pays musulmans cités, l’apostasie – un musulman qui se convertirait au christianisme par exemple – est par ailleurs condamnée à mort.

Mais l’islam n’est pas la seule religion menaçante pour les minorités chrétiennes, l’hindouisme fait également des ravages en Inde même si les chrétiens subissent les violences islamisées dans deux Etats du pays (Kashmir et Kerala). En mai 2014, l’Inde élu un nouveau gouvernement avec Narendra Modi, un nationaliste hindou, pour tête. Cette élection entraine une radicalisation de la société en défaveur des minorités religieuses, notamment chrétiennes. Plusieurs Etats indiens ont adopté des lois anti-conversions, et plusieurs groupes hindous forcent les chrétiens ou musulmans à se convertir (ou reconvertir) à l’hindouisme… Pasteurs et paroissiens sont régulièrement violentés pour avoir converti des hindous. Les informations locales rapportent également des destructions de maisons ou d’églises, ainsi que plusieurs assassinants de chrétiens.

La tornade islamiste n’a cessé de faire parler d’elle au Proche-Orient mais elle ravage également l’Afrique. C’est sur ce continent – en en particulier en Afrique subsaharienne – que la persécution des chrétiens augmente le plus rapidement dans le monde, toujours selon les minutieuses études de l’ONG Portes Ouvertes.

Le bilan est terrible, mais l’espérance est de mise. Si les persécutions sont incessantes, les conversions également. Le nombre de chrétiens ne cesse d’augmenter, et les persécutions les plus violentes n’y changent rien : le sang des martyrs est une source intarissable de grâces.

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