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Quatre messes pour un Mystère

Jérémie JUNG/CIRIC
24 décembre 2011 : Procession avec l'Enfant Jésus lors de la Messe de Noël célébrée dans la communauté de Paroisses Saint André entre Lindre et Stock, Languimberg (57), France.


24 December 2011: Christmas mass, Languimberg (57), France.
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Les fidèles catholiques vont généralement à la messe de minuit pour fêter la naissance du Sauveur. Or, la liturgie prévoit plus d’une messe pour honorer la Nativité. Petit retour liturgique pour y voir plus clair.

Qui n’a pas en tête le croustillant récit des Trois messes basses, ce conte de Noël d’Alphonse Daudet d’abord publié en 1875 dans les Contes du lundi, puis intégré aux Lettres de mon moulin en 1879 ?

Cela ne vous dit rien ? Mais si, rappelez-vous. Dans la chapelle d’un château de Provence, avant le réveillon de Noël, l’enfant de chœur Garrigou, dont le diable a pris les traits, décrit ce qu’ils vont manger au « révérend dom Balaguère, ancien prieur des Barnabites, présentement chapeIain gagé des sires de Trinquelage ». Durant la première messe, il se maîtrise sans trop de peine. Durant la deuxième, il se met à marmonner pour aller plus vite. Quant à la troisième, il la précipite. Cinq minutes après la fin de cette troisième messe basse, tous se retrouvent dans la salle à manger du château de Trinquelage pour partager le repas de Noël ; Dom Balaguère mange et boit tellement qu’il décède dans la nuit, d’une attaque d’apoplexie sans avoir eu le temps de se repentir. Il arrive à la porte du Paradis, où Dieu le condamne à célébrer trois cent messes de Noël en présence de tous ceux qui ont pêché par sa faute, et avec lui.

Cette nouvelle, si bien adaptée au cinéma par Marcel Pagnol, aurait presque fait oublier qu’il n’y a pas trois messes de Noël mais quatre !

Quatre messes pour une naissance

Déjà, et c’est pas mal, beaucoup de nos contemporains connaissent la Messe de Minuit. Certains s’y aventurent par tradition ou par culture, voire par curiosité. D’autres aussi et heureusement, pour honorer l’Enfant-Jésus, le Sauveur. Les plus « fervents » reviennent le lendemain. Mais généralement, ils assistent alors à la messe du jour (25 décembre).

Quid des deux autres messes de la Nativité ? En fait, comme nous l’a appris la tradition juive, une fête commence au coucher du soleil du jour qui précède. C’est pourquoi la messe de la veille du 25 décembre, est célébrée le 24 au coucher du soleil. Bref, c’est la messe de la vigile. Certaines églises gardent l’apparence « ascétique » jusqu’en début d’après-midi de ce jour, qui est traditionnellement jour de jeûne. Pour cette messe, on peut alors déployer le « décorum » fastueux de Noël dans l’église. À une époque plus primitive, cette messe se disait après none, c’est-à-dire en début d’après-midi (9e heure du jour), étant ainsi la dernière cérémonie du temps de l’Avent. Selon les livres liturgiques actuels, elle se dit « avant ou après les premières vêpres », retrouvant ainsi à peu près son heure primitive. Toutefois, elle est célébrée désormais en blanc, avec Gloria, ce qui suggère que sa place moderne serait après les vêpres (qui ouvrent Noël) plutôt qu’avant. Mais cette messe-là n’est pas la messe de Minuit. Et à vrai dire, pour beaucoup la messe du jour du 24 décembre au matin tient lieu et place de messe de l’Emmanuel.

Et l’autre messe, où se cache-t-elle ? Tout simplement entre la messe de la nuit (traditionnellement de Minuit) et celle du jour (25 décembre). C’est la messe dite de « l’Aurore » célébrée avant le lever du soleil, souvent vers 6 h ou 7 h.

De ces quatre messes célébrant la Nativité, celle de la nuit, celle de l’aurore et celle du jour (25 décembre) sont les plus connues. D’où l’appellation un peu générique des « Trois messes de Noël ». Le conte des « Trois Messes basses » d’Alphonse Daudet cité plus haut n’est pas pour rien au succès de cette consécration sémantique.

Explications théologiques

Dans sa Somme Théologique, saint Thomas d’Aquin donne une signification symbolique à ces trois messes : « Au jour de la Nativité, on célèbre plusieurs messes à cause de la triple naissance du Christ. La première est éternelle qui, pour nous, est cachée. C’est pourquoi l’on chante une messe la nuit, où l’on dit à l’introït (en « entrée », ndlr) : “Le Seigneur m’a dit : tu es mon Fils, moi, aujourd’hui, je t’ai engendré”. La deuxième est sa naissance selon le temps, mais dans les âmes, par laquelle le Christ “se lève dans nos cœurs comme l’étoile du matin” (2 P 1, 19). Et c’est pourquoi l’on chante une messe à l’aurore, où l’on dit à l’introït (Isaïe 9, 2) : “La lumière brillera aujourd’hui sur nous”. La troisième est la naissance du Christ selon le temps et dans son corps, selon laquelle il s’est produit visiblement hors du sein virginal, revêtu de notre chair. Et c’est pourquoi on chante la troisième messe à la pleine lumière et l’on chante dans son introït (Isaïe 9, 5) : “Un enfant nous est né” ».

Bref, la messe de la veille comme ces trois messes retenues par la culture populaire célèbrent chacune un mystère particulier de la Nativité et méritent l’attention. Avec leurs textes et leur signification propres, elles révèlent la richesse liturgique de l’Église et le mystère infinie de l’Incarnation.

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