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Le tableau mystère, épisode 5. Saurez-vous reconnaître son sujet ?

© Rijksmuseum, Amsterdam
Le Maître du Bon Samaritain, Le bon samaritain, 1537, huile sur panneau, 74,7 x 86 cm, Amsterdam, Rijksmuseum
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Aleteia continue de tester vos connaissances iconographiques. Pouvez-vous identifier la scène représentée ? A quelle époque le tableau a-il été peint et par qui ?

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Après l’histoire de la chaste Suzanne, nous découvrons cette semaine l’illustration d’un tout autre récit. Saurez-vous deviner qui est cet homme blessé et cet autre faisant acte de charité ?

Un maître hollandais du XVIe siècle

Ce tableau peint sur bois et daté 1537 est l’œuvre d’un maître hollandais du début du XVIe siècle dont le nom reste aujourd’hui inconnu. On peut cependant le rattacher à la production de la ville d’Utrecht, pôle culturel des Pays-Bas du Nord à la riche tradition picturale. A Utrecht, la première moitié du siècle est marquée par les figures de deux artistes majeurs, Jan Gossaert et Jan Van Scorel. C’est au siècle suivant que « l’école d’Utrecht » prend un véritable essor avec l’influence du Caravage qui conduit toute une génération de peintre à devenir des « caravagesques d’Utrecht ».

L’artiste a construit sa composition en plaçant au centre les deux protagonistes du récit. Au pied d’un arbre, un homme blessé est secouru par un second, barbu et richement vêtu, qui essaye de panser une plaie au niveau du cou. Le premier est dépouillé de ses vêtements, son corps semble inerte, ses mains déjà commencent à prendre la couleur des cadavres, tandis que son sang jonche le sol au premier plan. A leurs côtés, le cheval du bienfaiteur attend son maitre et à droite deux figures s’éloignent. La première semble être celle d’un moine, reconnaissable à sa tonsure, tandis que le second, vêtu d’un grand drapé est en train de lire en cheminant. A l’arrière plan, une figure à cheval se dirige vers des architectures d’inspiration antique (colonnes, pyramide, obélisque, thermes). Tous empruntent un même chemin dont les courbes et contre-courbes structurent le tableau et composent un paysage à la fois boisé et habité.

Une parabole pour l’amour du prochain

C’est au cœur de l’évangile selon saint Luc (Lc 10, 27 à 37) que vous trouverez la signification de cette scène. Pour répondre à la question d’un professeur de la loi s’interrogeant sur « qui est son prochain » qu’il doit aimer selon ce que prescrit la Loi : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force et de toute ton intelligence, et ton prochain comme toi-même » , Jésus raconte une parabole :

« Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho. Il tomba entre les mains de brigands qui le dépouillèrent, le rouèrent de coups et s’en allèrent en le laissant à moitié mort. Un prêtre qui, par hasard, descendait par le même chemin vit cet homme et passa à distance. De même aussi un Lévite arriva à cet endroit; il le vit et passa à distance. Mais un Samaritain qui voyageait arriva près de lui et fut rempli de compassion lorsqu’il le vit. Il s’approcha et banda ses plaies en y versant de l’huile et du vin; puis il le mit sur sa propre monture, le conduisit dans une auberge et prit soin de lui. Le lendemain, [à son départ,] il sortit deux pièces d’argent, les donna à l’aubergiste et dit : ‘‘Prends soin de lui, et ce que tu dépenseras en plus, je te le rendrai à mon retour’’. »

Cette route qui serpente au sein de notre tableau est bien celle qui relie Jérusalem à Jéricho. Fidèle au texte biblique, l’artiste a choisi de représenter le moment où le bon samaritain panse les plaies de l’homme « dépouillé, roué de coup et laissé à moitié mort ». Les deux figures qui s’éloignent à droite sont celles du Lévite et du prêtre, c’est à dire des juifs pieux, de la caste sacerdotale, qui ont préféré « passer à distance » de cet homme qu’ils ne connaissaient pas plutôt que d’être rendus impurs par le sang répandu d’un inconnu. En figurant l’un des passants en moine (avec la tonsure), l’artiste glisse une critique de l’église catholique de son temps dans le contexte de la Réforme. L’homme à cheval qui rejoint les vestiges antiques – ces derniers permettant au peintre de situer la scène dans une époque plus « ancienne » – est peut-être l’un des brigands s’enfuyant avec les biens de l’homme blessé. La représentation de ce dernier n’est pas sans rappeler celle du Christ dans les « descentes de Croix » de l’iconographie occidentale : le linge blanc comme seul vêtement et le corps inerte dans une position d’abandon, soutenu par un autre. Cette assimilation iconographique entre le Christ et le « prochain » est en parfaite corrélation avec la parabole : Jésus est lui aussi notre prochain.

Les Juifs contre les Samaritains

Avec cette parabole, le Christ illustre la définition du « prochain », question essentielle pour les juifs à cette époque, puisqu’ils doivent respecter le précepte de la Loi : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même ». En racontant l’histoire du bon samaritain, Jésus explique que le « prochain » est tout autre être humain. Or, les samaritains, descendants des hébreux et de Jacob, n’ont pas été acceptés par les juifs au retour de leur captivité de Babylone. En prenant comme protagonistes de sa parabole, deux hommes issus de peuples opposés, le Christ renforce les valeurs de charité et de miséricorde.

La parabole du bon samaritain a donné lieu à de nombreuses représentations, les artistes pouvant choisir différents moments du récit biblique. Dans notre tableau, comme dans les œuvres de Luca Giordano et de Théodule Ribot, le samaritain est en train de soigner le blessé. En revanche, chez Joseph Highmore, le bon samaritain aide le blessé à se relever, tandis que Delacroix, repris par Van Gogh évoque l’instant du « chargement » de l’infirme sur le cheval. Enfin, Rembrandt illustre la fin de la parabole, quand le samaritain vient voir l’aubergiste. Un bel exemple de charité à méditer avant Noël…

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