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En Libye, l’État islamique nous fait face

© MAHMUD TURKIA / AFP
Libyan protesters shout slogans during a demonstration against a UN-sponsored agreement on forming a national unity government, on December 11, 2015 in the capital Tripoli. Libya's rival parliaments will next week sign the UN-sponsored agreement on forming a national unity government, they announced, as world leaders press them to end chaos in the country. Under the UN-brokered deal, Libya would be governed by a nine-member presidential council comprising a prime minister, five deputy premiers and three senior ministers. AFP PHOTO / MAHMUD TURKIA / AFP / MAHMUD TURKIA
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La progression de l’EI en Libye inquiète la communauté internationale. C’est un véritable "hub djihadiste" qui s’installe en face de l’Europe.

296 km séparent Tripoli, la capitale libyenne, de l’île italienne de Lampedusa. 330 km séparent la Crète de la ville de Tobrouk. L’État islamique n’est plus seulement installé au Moyen-Orient mais juste en face de l’Europe. « La Libye est un “hub djihadiste ». C’est le terme désormais employé par les diplomates et les militaires pour désigner ce pays d’Afrique du Nord, où Daesh compte aujourd’hui 2 000 à 3 000 combattants, contre seulement une centaine il y a un mois et demi. Il s’agit surtout de ressortissants libyens revenus de Syrie, mais aussi de Tunisiens et de Soudanais (Europe 1).

Le risque d’une jonction avec Boko Haram

L’État islamique attirerait aussi en Libye de plus en plus d’Européens candidats au djihad : « Récemment, deux Français ont été arrêtés alors qu’ils tentaient de traverser la frontière tunisienne. Selon nos informations, deux autres Français ont quant à eux atteint leur but : rejoindre les rangs de Daesh en Lybie ». (Europe 1). De là, les djihadistes peuvent mener des raids vers l’Europe ou sur le continent africain : « Les observateurs, notamment au sein de l’Union africaine, craignent (…) que le groupe ne réussisse à opérer une jonction avec les combattants islamistes de Boko Haram » (Le Monde).

Pétrole et gaz à leur portée

Installés sur la côte à Syrte et aux alentours, les djihadistes de Daesh étendent leur territoire à l’intérieur du pays, a mis en garde lundi 14 décembre le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian sur RTL. Leur objectif : le pétrole et le gaz de Ajdabiya, à 350 km de Syrte, une zone où se concentrent la plupart des gisements et terminaux pétroliers et gaziers du pays.

Outre les djihadistes affiliés à Daesh, la Libye est déchirée entre deux factions rivales dotées chacune d’un Parlement, l’un installé à Tripoli, la capitale, mais non reconnu par la communauté internationale, et l’autre, reconnu, à Tobrouk. « Il faut absolument que cessent les conflits intralibyens, sinon le vainqueur militaire ce sera Daech, a ajouté Jean-Yves Le Drian. Heureusement, cette prise de conscience commence à se faire à la fois du côté de Tripoli et du côté de Tobrouk » (France 24).

Une conférence internationale

Le ministre français de la Défense n’est pas le seul à être préoccupé par la situation de la Libye. Réunis dimanche 13 décembre à Rome, sous la houlette du Secrétaire d’État américain John Kerry et de son homologue italien Gentiloni, « les représentants de 17 pays, dont les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU, l’Union européenne, l’Union africaine et la Ligue arabe ont appelé [les factions rivales] à signer l’accord, proposé par la médiation onusienne, et à un cessez-le-feu immédiat pour pouvoir l’appliquer au plus vite » (RFI).

« Fait marquant, souligne Paris Match, étaient réunis autour d’une même table les ministres des Affaires étrangères de pays qui se livrent depuis deux ans une guerre par procuration sur le territoire libyen : l’Égypte et les Émirats arabes unis qui ont soutenu l’“armée des tribus” du général Haftar. Le Qatar et la Turquie qui soutiennent les islamistes dits modérés basés à Tripoli et Misrata. Ces quatre pays stratégiques sur l’échiquier libyen étaient représentés par leurs ministres des Affaires étrangères respectifs. Au total, 17 pays dont l’Algérie, l’autre puissant voisin de la Libye, l’Arabie saoudite, la Jordanie, et la France (…) et quatre organisations internationales étaient présentes. »

Un accord déjà contesté

En écho à cette réunion, des représentants des deux factions ont annoncé ce même 13 décembre être parvenus à un accord qui prévoit la mise en place d’un gouvernement d’union nationale. Il devrait être signé ce mercredi 16 décembre à Skhirat au Maroc. Mais s’il est effectivement signé, fonctionnera-t-il ? On peut en douter. Un groupe de chefs tribaux a appelé aussitôt à rejeter le processus patronné par la communauté internationale au profit d’un accord 100% libyen. Or, un futur accord en Libye peut difficilement se passer de ce type d’acteurs locaux.

La terreur islamique là aussi

Sur les territoires qu’il contrôle, l’État islamique fait régner la terreur en Libye comme en Syrie et en Irak. À Syrte, une Marocaine accusée de « sorcellerie et de magie noire » a été décapitée sur une place publique, un Palestinien a été fusillé « pour espionnage » et un Libyen a été amputé d’une main « pour vol » a annoncé l’agence de presse proche du gouvernement de Tobrouk (Le Point).

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