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(Re)lire Bernanos

Georges Bernanos à Tunis en 1947 © Famille Bernanos
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Bernanos est l’un des auteurs les plus injustement méconnus de notre temps. Une indifférence coupable.

C’est justement cette indifférence qu’il refusait et combattait. « J’ai juré de vous émouvoir – d’amitié ou de colère, qu’importe ? », disait-il dans La Grande Peur des bien-pensants. Indifférence de l’homme à son prochain. Indifférence de l’homme à Dieu. Bernanos décrit les hommes à vif, par souci de leurs âmes. S’il est tant méconnu aujourd’hui, c’est peut-être parce que le soin des âmes n’est plus une préoccupation principale chez nos semblables…

La réédition de son œuvre romanesque complète par la Pléiade permet de redécouvrir cet auteur essentiel, qui n’a pas perdu une ride : si l’époque a changé, les hommes, eux, restent tels qu’ils sont, et leurs âmes ne varient guère. À n’en pas douter, Bernanos est tout bonnement indémodable, puisqu’il décrit sans se lasser les recoins les plus sombres de la nature humaine, mais aussi les plus lumineux. Le clair-obscur qui en découle n’est que la description fidèle du cheminement de nos vies humaines, faites de chutes mais aussi – et surtout – de rédemptions.

C’est l’espérance de notre rédemption qui constitue le fil directeur de l’œuvre romanesque de Bernanos. La sainteté en est le but : « Qui ne voudrait avoir la force de courir cette formidable aventure ? Car la sainteté est une aventure, elle est même la seule aventure ». Cette aventure n’est pas exempte de soubresauts, de luttes, comme celle de l’abbé Donissan avec le diable dans Sous le soleil de Satan. Elle n’est pas non plus débarrassée de doutes, car notre vue humaine ne comprend pas toujours où Dieu veut nous mener : « Le travail que Dieu fait en nous (…) est rarement ce que nous attendons. Presque toujours l’Esprit-Saint nous semble agir à rebours, perdre du temps. Si le morceau de fer pouvait concevoir la lime qui le dégrossit, quelle rage et quel ennui ! C’est pourtant ainsi que Dieu nous use ».

L’auteur, lui, s’est usé à faire apparaître aux yeux de ses lecteurs l’Invisible, fustigeant le tiède, le médiocre. Son œuvre romanesque est aussi véhémente que ses essais, son exigence terrible, son verbe sans appel. Sa fermeté à conspuer le monde ne fait-elle pas écho à celle du pape François, qui citait Léon Bloy, celui que Bernanos appelait affectueusement son « vieux maître » ? « Celui qui ne prie pas le Seigneur, prie le diable. Et quand nous ne confessons pas Jésus-Christ, nous confessons la mondanité du diable, la mondanité du démon », disait Bloy. Son disciple Bernanos ne se résigne pas, quant à lui, à se laisser enfermer dans le passé.

bernanos

Œuvres romanesques complètes I et II, suivi de Dialogues des carmélites de Georges Bernanos. Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, 2015, 2 672 pages, 110 euros.

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