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COP21 : une campagne d’Avaaz dénonce les agissements de sept « Criminels du climat »

© Avaaz
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L’ONG américaine révèle le « lobbying des énergies fossiles » qui se déroule dans l’ombre aux négociations de Paris…

Pendant que débutait ce lundi 7 décembre la COP21, certains endroits de la capitale ont pris des airs de far-west; les Parisiens ont en effet pu découvrir un peu partout dans la ville des affiches « WANTED » placardées par l’ONG Avaaz. Dessus, les portraits de « grands lobbyistes des énergies fossiles » que l’ONG accuse de s’être infiltrés à la conférence « pour tout saborder ».

Selon Emma Ruby-Sachs, directrice adjointe d’Avaaz, l’accord historique sur le climat « que le monde entier attend » et qui doit être signé ce vendredi 11 décembre serait donc menacé à cause de ces sept « Criminels du climat » qui seraient en train « de tout faire pour détourner l’attention des objectifs de réduction d’émissions de gaz à effet de serre (GES) et maintenir les énergies fossiles au centre du développement humain ».

Selon Avaaz, tous sont « connus pour leurs arrangements en coulisses visant à étendre l’influence de l’industrie des énergies fossiles ».

Face à cette « menace », l’ONG a donc lancé une campagne en dressant les portraits sanglants de ces sept participants.

#WANTED Marc Morano : commanditaire d’une publication accusant le Pape de créer une « alliance profane » avec les militants pour le climat

« Certains d’entre eux sont connus pour harceler les scientifiques spécialistes du climat et ont même appelé à ce qu’ils soient “fouettés en public” », dénonce Avaaz. C’est en effet ce qu’avait lancé Marc Morano, fondateur du site Climate Depot et considéré comme « climato-sceptique ». L’ONG l’accuse de publier sur son site les adresses mail de scientifiques spécialisés dans le climat afin d’inciter ses lecteurs à les harceler.

Le 22 septembre dernier, alors que le Pape François prononçait, devant le Congrès américain, un discours plaidant la défense de l’environnement, Marc Morano organise la publication d’un rapport accusant le souverain pontife de créer une « alliance profane » avec les militants pour le climat.

#WANTED Bjorn Lomborg, considéré par Avaaz comme le « perturbateur en chef »

Autre « lobbyiste » présent à la COP21 en ce moment, l’inévitable Bjorn Lomborg, statisticien danois, professeur et auteur. Pour lui, l’objectif des 2°C doit être abandonné car « les nations doivent se concentrer d’abord sur leur développement économique et attendre que des technologies à faible teneur en carbone rentables soient disponibles », explique-t-il sur le site Copenhagen Consensus.

#WANTED Benjamin Sporton, directeur exécutif de l’Association mondiale pour le charbon, source d’énergie la plus polluante au monde

Nouveau directeur exécutif de la World Coal Association, littéralement « Association mondiale pour le charbon », l’intérêt de Benjamin Sporton de maintenir les énergies fossiles au cœur des technologie est plus qu’évident ; d’ailleurs il ne s’en cache pas : « Nous avons besoin de davantage d’investissements pour que de nouvelles technologies d’utilisation du charbon soient disponibles », rapporte l’agence Reuters. Pour se justifier, la WCA soutient que le charbon est la seule énergie qui peut permettre de fournir de l’énergie à la majorité des personnes les plus défavorisées. Mais, selon Avaaz, « cet argument, qui peut sembler désintéressé, masque en réalité les intérêts du secteur du charbon et ignore les conséquences dévastatrices que le changement climatique aura sur les personnes les plus pauvres dans le monde entier ».

Pour Avaaz, les « Criminels du climat » avaient déjà « sabordé » la COP19

Pour Avaaz, la COP19 de Varsovie en 2013 est un bon exemple de l’influence que ces « criminels du climat », déjà présents lors de cette conférence, peuvent avoir ; la World Coal Association y avait alors installé un stand visant à « convaincre les négociateurs de se tourner vers le charbon pour résoudre le changement climatique ». Résultat, le « Communiqué de Varsovie » avait fait « la promotion du charbon propre », concept qualifié de « fantaisiste » par National Geographic.

Christine Kristof, co-fondatrice et co-présidente de l’association des Chrétiens unis pour terre, affirme que ces sept « Criminels du climat » ne sont que des exemples parmi « les centaines de lobbyistes qui sont présents à la conférence ». A quelques heures de la fin de la COP21, des divergences majeures semblent opposer les 195 pays de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC). Pour Christine Kristof, si ce sommet a été « un excellent catalyseur de bonnes volontés » pendant lequel « des discours magnifiques ont été prononcés », cela « me paraît extrêmement difficile, voire impossible, que 195 pays arrivent à se mettre d’accord ».