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COP21 : « N’oublions pas ceux que nous avons déjà oubliés »

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Il y a 35 ans, Jean Paul II nous mettait en garde : "Dans les pays du Sahel, le climat est une catastrophe depuis trop longtemps".

Alors que la COP21 doit aboutir ce vendredi 11 décembre à un accord mondial qui permette de limiter à 2°C l’augmentation de la température moyenne mondiale, la Fondation Jean Paul II pour le Sahel tient à rappeler que les habitants de ce pays vivent chaque jour une catastrophe climatique. Pour cela, elle a mis en ligne sur son site, une vidéo qui illustre l’appel de Jean Paul II, lancé le 10 mai 1980.

1980, Jean Paul II « se fait la voix de ceux qui n’en ont pas »

« C’est pourquoi, de ce lieu, je lance un appel solennel au monde entier. Je me fais d’ici la voix de ceux qui n’ont pas de voix, la voix des innocents, qui sont morts parce que l’eau et le pain leur manquaient ; la voix des pères et des mères qui ont vu leurs enfants mourir sans comprendre, ou qui verront toujours dans leurs enfants les séquelles de la faim qu’ils ont endurée ; la voix des générations à venir, qui ne doivent plus vivre avec cette menace terrible pesant sur leur vie. Je lance un appel à tous. »

Ces mots sont prononcés par Jean Paul II qui, le 10 mai 1980, se rend pour la première fois sur le sol sahélien. Cette partie de l’Afrique endure alors une sécheresse terrible due à plusieurs années sans pluie, une désertification qui ne cesse de progresser et une infertilité des terres de plus en plus menaçante. Face à ce manque de ressources, les populations ne peuvent plus se nourrir et doivent se déplacer vers de nouvelles terres.

Ému par la crise écologique qu’il y découvre, le saint Pape polonais lance cet appel de Ouagadougou afin d’éveiller la conscience de la communauté internationale face à ce phénomène, source d’instabilité et de pauvreté.

Quatre ans plus tard, la Fondation Jean Paul II pour le Sahel voit le jour

Quelques mois plus tard, en novembre 1980, le Pape réitère cet appel en Allemagne. Sa voix déclenche une immense vague de solidarité et de dons. Mais pour Jean Paul II, il est essentiel de donner une forme permanente et efficace aux secours destinés aux populations. Un an plus tard, il déclare : « Je désire qu’une réalisation concrète soit effectuée dans les régions du Sahel… et qu’elle demeure le signe efficace de mon amour pour mes frères africains les plus éprouvés ».

Ainsi, le 22 février 1984, la Fondation voit le jour et est rendue officielle par Jean Paul II : « Avec une profonde satisfaction, j’ai appris que l’appel que j’ai lancé le 10 mai 1980, à Ouagadougou, en faveur des populations du Sahel, durement touchées par la désertification et la sécheresse a eu une ample résonance internationale ».

Les engagements de la Fondation

La gestion de la Fondation est alors entièrement confiée aux neuf évêques du Sahel, une première dans un monde qui oppose si souvent Nord et Sud. Ce sont les bénéficiaires eux-mêmes qui gèrent le budget alloué et déterminent son mode d’utilisation car le but est que ces pays créent « leurs propres structures durables et qu’ils soient le plus indépendants possible vis-à-vis des pays riches », explique Éric des Grottes, directeur de l’association des Amis de la Fondation Jean Paul II pour le Sahel.

Son projet s’appuie sur trois engagements principaux : « Lutter contre la désertification, ses causes et ses conséquences, accompagner les populations sahéliennes vers l’autonomie et contribuer ainsi à un avenir de paix et de développement ». Pour cela, elle intervient sur deux types de projets : les projets de réalisation et les projets de formation.

« L’or bleu » désormais accessible dans deux villages de Gambie

Sur la rive nord de la Gambie, dans les villages de Kasewa et d’Amdali, l’indisponibilité d’eau potable constituait une préoccupation majeure pour les 2 000 habitants de ces deux villages ainsi que pour les autorités locales. Les populations s’approvisionnaient en eau par les puits et les cours d’eau, ce qui conduisait à des risques sanitaires importants, notamment pour les plus fragiles, femmes et enfants. Cela amenaient souvent les populations à quitter leur territoire. Dans le but d’améliorer les conditions sanitaires des habitants et pour préserver l’environnement, l’approvisionnement en eau potable était donc une priorité.

Des ouvrages hydrauliques et d’assainissement de l’eau ont donc été mis en place dans les deux villages. En plus, la Fondation a permis la construction d’un forage équipé de pompe manuelle dans chaque village. À Amdali, par exemple, il est situé dans l’enceinte même de l’école. Les enfants ne sont donc plus obligés de faire des kilomètres à pieds pour se procurer de l’eau et peuvent ainsi se consacrer davantage à leurs études et activités.

« Avant, il fallait parcourir plus d’un kilomètre pour avoir de l’eau, et, très souvent, éprouvés par la nervosité due à la fatigue, les femmes se livraient à des bagarres. Aujourd’hui, il n’y a plus que quelques pas à faire pour se procurer l’or bleu », témoignent deux villageois.

Un second infirmier formé pour le dispensaire d’un village sénégalais

Mais l’approvisionnement en eau potable n’est évidemment pas le seul enjeu de ces neufs pays du Sahel. L’accès aux soins est aussi une priorité, surtout dans ces pays souvent en proie à des rebellions. C’est le cas, par exemple, de Simbandi Balante situé dans une communauté rurale du sud du Sénégal. Là-bas, l’unique dispensaire reçoit 30 000 malades par an, essentiellement des personnes atteintes de paludisme, mais aussi des femmes qui y viennent pour accoucher. Un problème cependant, dans cette structure sanitaire, seule une religieuse de la Congrégation des sœurs de Saint-Charles d’Angers était apte à faire des consultations. En cas d’absence de la sœur Marie-Thérèse Gniet, les patients ne pouvaient pas bénéficier de diagnostic et de soins appropriés. Il était donc nécessaire de renforcer le personnel de ce dispensaire en formant un second infirmier. Grâce au financement de ses études par la Fondation, Philippe Mansaly a obtenu son diplôme d’infirmier en janvier 2011 et peut désormais seconder Sœur Marie-Thérèse Gniet et prendre la relève lorsqu’elle n’est pas là. « Je fais maintenant des consultations, des vaccinations d’enfants, et des causeries de sensibilisation sur les maladies infectieuses et les infections sexuellement transmises comme le VIH », témoigne-t-il.

À l’heure de la COP21, la Fondation a tenu à faire une campagne rappelant l’appel de Jean Paul II remontant à 35 ans. « Certes, le cri d’alarme de Jean-Paul II était prophétique, mais ils sont en train de discuter de quelque chose que le Pape avait dénoncé il y a des années », estime Éric des Grottes. Pour le directeur des Amis de la Fondation Jean-Paul II pour le Sahel, cette conférence « a le mérite d’exister » et « prouve qu’il y a une réelle prise de conscience », mais aboutirait-elle sur des accords efficaces ? La Fondation, de son côté, compte plus de 30 années de réalisations concrètes à travers la région par et pour les Sahéliens avec des projets qui prennent vie. L’association que dirige depuis deux ans Éric des Grottes a permis de rendre visible en France la Fondation qui ne cesse d’avoir besoin de dons.

À vous de répondre à l’appel lancé par saint Jean Paul II, il y a 35 ans. Pour faire un don c’est ici !

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