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Que le peuple de Centrafrique devienne « le Cœur de Dieu pour le monde »

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Isabelle Cousturié - Publié le 02/12/15

Au lendemain de la visite du Pape François à Bangui, le missionnaire italien Federico Trichero livre ses sentiments d’admiration et ses espoirs dans un courrier à la presse.

« Que Dieu bénisse l’Afrique », lit-on sur le compte Twitter en français du pape François, « Pontifex », au lendemain de son voyage apostolique de 6 jours sur le continent africain. En Centrafrique, ce message arrive droit aux cœurs de ceux qui, jusqu’au dernier jour, ne pensait pas que le pape aurait réussi à venir à Bangui, tant étaient nombreuses les tentatives de l’en dissuader pour raisons sécuritaires. La veille encore, des tirs ou autres incidents étaient encore signalés dans les quartiers sensibles qu’il a en revanche traversés, ne rencontrant que l’enthousiasme et les cris de joie des foules, chez les chrétiens comme chez les musulmans (Aleteia) .

« Je l’avoue, j’étais parmi les pessimistes, parmi ceux qui pensaient que le Pape échouerait et qu’au dernier moment, il renoncerait à venir jusqu’ici », confie le missionnaire italien Federico Trinchero, prieur des Carmes à Bangui. Dans une lettre ouverte publiée sur le site italien Tempi.it, le missionnaire tient à faire partager sa joie, mais aussi ses sentiments d’admiration pour un pape qui, en quelques heures, a proclamé Bangui « capitale spirituelle du monde », défiant tout un peuple à devenir « le cœur de Dieu pour le monde ».

Les gestes du Pape, une délivrance…

« Alors que j’observais le pape François ouvrir en grand la première Porte Sainte du jubilé (…), j’avais l’impression que c’était les barreaux d’une prison que l’on ouvrait et non les lourds battants de la porte d’une vieille cathédrale. » Effectivement, cela fait trois ans, explique le missionnaire dans sa lettre, que la République centrafricaine est comme « prisonnière » de la haine, des violences, de la vengeance et de la peur, dont il semblait désormais impossible de sortir ».

Mais après avoir vu le Pape capturer en une seconde la sympathie et l’enthousiasme des Centrafricains, l’avoir entendu prononcer en langue locale les deux mots-clés « amour et paix » (« ndoyé siriri ») et les faire répéter aux Centrafricains, avant d’ouvrir la porte, Père Trinchero a compris que plus rien ne serait comme avant : « La porte s’était ouverte, ils pouvaient sortir de leur enfermement ».

Ce moment magique propulse la Centrafrique – d’habitude oubliée et abandonnée à son triste sort – sur le devant de la scène, comme dans la parabole de l’Évangile de Luc, « les places d’honneur au repas de noce », image qui n’a pas échappé au missionnaire : pendant au moins un jour – « et permettez-nous de nous en réjouir », commente-t-il – la Centrafrique a connu « l’ivresse de pouvoir s’asseoir à une place d’honneur au banquet des nations, d’occuper la première marche d’un podium sur lequel elle n’aurait jamais imaginer monter ».

Pour une fois, ajoute le missionnaire de Bangui, n’arrivaient que « de bonnes nouvelles et des images de paix ». Pendant deux jours, raconte le père Trinchero, les Centrafricains venus de tout le pays ont rempli les rues de la capitale, ont dansé et crié leur joie. « Cela fait longtemps qu’on ne voyait plus ça », souligne-t-il. Son pessimisme s’est envolé, il ose espérer : « Si la guerre finit vraiment, cette journée n’aura pas été seulement historique, mais un miracle ».

La Centrafrique, Cœur de Dieu pour le monde

Mais s’il est vrai que les Centrafricains sont devenus soudain les premiers de la classe – « et laissez-nous, encore un peu, profiter de ce complexe de supériorité », commente le missionnaire italien – le Pape leur a laissé une mission difficile. Ils ne savent pas encore ce que signifie « être la capitale spirituelle du monde » mais leur tour est venu, assure le père Trinchero, et ils feront leur possible pour « ne pas décevoir ».

Le pape François a suggéré une piste à partir du nom même du pays. En langue sango, Centrafrique se dit Be-Afríka, qui veut dire « Cœur de l’Afrique » car situé géographiquement en plein centre du continent. Mais le Pape en a fait une interprétation très originale que le missionnaire prend plaisir à rappeler dans sa lettre : « Ce pays au nom si suggestif, situé au cœur de l’Afrique et qui est appelé à découvrir le Seigneur comme le véritable Centre de tout ce qui est bon : votre vocation est d’incarner le cœur de Dieu parmi vos concitoyens », a-t-il dit avant d’ouvrir la Porte Sainte à la cathédrale de Bangui.

Devenir le Cœur de Dieu pour le monde. Voilà ce que signifie être la capitale spirituelle du monde : « Ici c’est déjà le jubilé. Cette fois, non seulement la Centrafrique n’est pas en retard, mais elle est même en avance ! », conclut plein d’espoir le missionnaire italien.

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Pape François
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