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Pape François : un dimanche historique à Bangui

AFP

Isabelle Cousturié - Publié le 30/11/15

Après l’ouverture solennelle de la Porte Sainte à la cathédrale de Bangui, le Saint-Père a participé à une veillée parmi les jeunes prônant "pardon et réconciliation". Son offensive de la Miséricorde est lancée !

Geste solennel, historique. Dix jours avant l’ouverture officielle du jubilé proprement dit, le pape François a ouvert la Porte Sainte de la cathédrale de Bangui. Son visage est grave, très visiblement ému : « Ouvre-nous la porte de Ta miséricorde », a-t-il prié avant d’ouvrir en grand les deux battants de la porte. « Demandons paix pour la Centrafrique et tous les peuples qui souffrent de la guerre (…), déposez vos instruments de mort. »

Le jubilé de la Miséricorde proclamé par le Souverain Pontife peut commencer. Il commence officiellement ce 8 décembre à la basilique Saint-Pierre de Rome, mais le Pape tenait beaucoup à ouvrir la première Porte Sainte dans le Sud du monde.

Par ce geste, François proclame Bangui « capitale spirituelle du monde » pendant toute l’année. Alors que tout le monde l’alertait sur les risques d’un tel voyage dans un pays toujours divisé par de fortes tensions intercommunautaires, le Pape restait déterminé, faisant comprendre par le biais de ses proches collaborateurs – porte-parole et secrétaire d’État – qu’il n’aurait jamais renoncé à ce voyage aux périphéries du monde, à une heure et dans un lieu qu’il estimait « juste pour lancer l’offensive de la Miséricorde« .

« Dieu ne fait pas de différences »

Dès son arrivée sur le sol centrafricain, le Saint-Père a fustigé « la haine aveugle que le démon déchaîne en Centrafrique », affirmant que « toutes les communautés souffrent indistinctement » et que Dieu « ne fait pas de différences » entre elles. Puis il s’était rendu dans un camp de déplacés en plein centre de Bangui, accueilli par les cris de joie et les larmes des quelque 3 000 personnes qu’abrite ce centre. Il leur a dit « travaillez, priez, faites tout votre possible pour la paix mais souvenez-vous que la paix n’est rien sans amour, sans amitié, sans tolérance », avant de les inviter, comme à son habitude, à se prendre par la main et répéter avec lui, en langue locale (le sango): « Nous sommes tous frères ! ».

À Bangui, le Souverain Pontife est venu apporter des paroles de paix, dire qu’il est possible de vivre ensemble, chrétiens et musulmans. Devant la Porte Sainte de la cathédrale puis à l’homélie de la messe marquant l’entrée de l’Église dans la période de l’Avent, il appellera tout un chacun à « résister » contre la haine et les tentations de guerre en s’armant « de justice, d’amour et de paix », les seules armes capables de garantir une vraie paix. « Tous ensemble demandons amour et paix ! », pour Bangui, pour toute la République centrafricaine et pour tous les pays affligés par la guerre, a-t-il appelé sous un tonnerre d’applaudissements.

Jeunes, ayez le courage du pardon

Mais c’est pendant la veillée avec des milliers de jeunes sur l’esplanade de la cathédrale, dimanche soir, en dialoguant avec eux sur les moyens de « résister » à cette haine et cette guerre, que le Pape a essayé de semer dans ce pays, usé par des années de conflit intercommunautaires, le grain du courage du pardon, de la confiance en l’autre mais surtout en Dieu, qui est miséricordieux et sait de quel courage et quelle force le cœur de l’homme a besoin et dont il est capable s’il veut vraiment vaincre la haine et le mal . « Il faut résister, avoir le courage de la résistance, lutter pour le bien », a dit le Pape dans un échange de questions-réponses avec un jeune garçon, Evans Demba, au nom de tous ses camarades. Il faut être des « artisan de paix », et la recette pour le devenir n’est pas l’affaire d’un jour. Elle se décline en deux étapes :

Prière et paix

Première étape, elle est primordiale : la prière, dont l’effet est puissant : « La prière, plus forte que le mal, rapproche du Dieu Tout puissant », a rappelé le Pape. Deuxième étape : s’occuper de la paix en la travaillant, la façonnant chaque jour avec ses mains, sa propre vie, car « la paix se fait tous les jours, c’est un travail artisanal », a expliqué François. Mais pour cela, « il faut repousser la haine, chercher à pardonner ». Un artisan de paix, a-t-il insisté, « ne déteste personne et jamais (…) clamons-le ensemble : jamais haïr, toujours pardonner ».

La récompense après tout cela ? « Avoir remporté la plus difficile des batailles de la vie : avoir fait triompher l’amour, et l’amour porte ensuite à la paix ». Et encore une fois, le Pape veut s’assurer que le message est bien passé : « Chers jeunes, vous avez bien compris ce que signifie être courageux ? Courageux dans le pardon, dans l’amour, pour construire la paix. Entendu ? Alors disons-le ensemble… ».

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