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Attentats : pourquoi des familles ont boycotté l’hommage aux victimes

CITIZENSIDE/YANN KORBI/AFP

FRANCE, Paris : French President Francois Hollande arrives to lead a solemn ceremony on November 27, 2015 at the Hotel des Invalides, for the National Tribute to the 130 people killed in the November 13 Paris attacks. Families of those killed in France's worst-ever terror attack, claimed by the Islamic State (IS) group, will join some of the wounded at ceremonies at the Invalides - CITIZENSIDE/YANN KORBI

Philippe Oswald - Publié le 28/11/15

Plusieurs familles de victimes des attentats du 13 novembre ont refusé de participer à la cérémonie des Invalides, le vendredi 27. Elles pointent l’incurie qui a précédé ces massacres.

« Si vous étiez familles ou proches des victimes, auriez-vous participé à l’hommage national ? » La question était posée aux auditeurs de RMC par Éric Brunet, ce vendredi 27 novembre (« Carrément Brunet », 13-14h). À la fin de l’émission, le « non » l’emportait largement chez les auditeurs qui s’étaient exprimés : s’ils avaient perdu l’un des leurs dans ces attentats, 67% n’auraient pas accepté l’invitation de François Hollande à participer à la cérémonie des Invalides. Pour eux aussi, trop d’inaction entre les attentats de janvier et ceux de novembre avait permis ou favorisé ces nouveaux massacres.

« Des personnes fichées S circulent librement »

L’émission s’ouvrait par le témoignage d’Emmanuelle Prévost, sœur de François-Xavier Prévost, mort à 29 ans au Bataclan. Depuis les attentats de janvier, accuse-t-elle sur sa page Facebook, « rien n’a été fait, des textes ont bien été votés mais dix mois après, les décrets d’application n’ont toujours pas été publiés ». En France, poursuit la jeune femme, « il est possible d’être en lien avec un réseau terroriste, de voyager en Syrie, et de revenir, librement », « des personnes fichées S circulent librement, empruntent n’importe quel moyen de locomotion (…), louent des voitures (…), travaillent à nos côtés (…). En France, 89 mosquées sont recensées comme étant radicales, c’est-à-dire qu’elles appellent ou profèrent la haine », poursuit-elle, déplorant qu’il ait « fallu attendre les événements tragiques du 13 novembre pour que se pose enfin la question de leur dissolution ». Et de conclure : « Merci Monsieur le Président, Messieurs les politiciens, mais votre main tendue, votre hommage, nous n’en voulons pas et vous portons comme partie responsable de ce qui nous arrive ! » (Libération).

Emmanuelle Prévost a reçu le soutien du député-maire de Lambersart, commune d’origine de la famille : « On ne peut s’empêcher de se demander combien de vies auraient pu être sauvées si les pouvoirs publics avaient agi plus tôt », a commenté Marc-Philippe Daubresse (LR) (Valeurs Actuelles).

« On en est resté aux effets d’annonce »

Journaliste et membre du conseil d’administration de Reporters sans frontières, Jean-Marie de Peretti, père d’Aurélie, 33 ans, une des victimes du Bataclan, n’a pas appelé comme Emmanuelle Prévost à boycotter l’hommage national. Mais il a expliqué sur RMC sa décision de ne pas se rendre aux Invalides : « Quand nous avons tous été bouleversés, le 7 janvier (…), j’ai pensé, au lendemain de cette attaque barbare, qu’il y aurait des décisions fortes qui seraient prises par nos gouvernants : la sécurité était devenue une cause nationale ». Or lui aussi a l’amère impression qu’on en est resté aux «effets d’annonce ».

« J’y ai cru !, a-t-il confié au quotidien Var Matin. Mais que s’est-il passé ? L’espace Schengen a laissé passer toutes ces personnes pourtant signalées par le fameux fichier S. L’espace Schengen est devenu une passoire qui a permis à ces gens-là de venir perpétrer des actes terribles sur notre territoire. Rien n’a été fait ! »

Le père d’Aurélie a notamment relevé qu’à l’entrée du Bataclan, sa fille et l’amie qui l’accompagnait (celle-ci a été grièvement blessée ), n’ont fait l’objet d’ « aucune fouille, alors qu’à Londres, le même type de concert engendrait une fouille systématique » (La Voix du Nord).

Pourquoi pas d’état d’urgence dès janvier ?

Pourtant, au lendemain des attentats de janvier, chacun redoutait un nouveau massacre de plus grande ampleur, prédit par tous les spécialistes. Pourquoi ne pas avoir proclamé alors l’état d’urgence ? Patrick Jardin, le père de Nathalie, régisseuse lumière tuée au Bataclan, qui, lui, a finalement accepté de se rendre à la cérémonie sur les instances de son fils, pose également cette amère et redoutable question (Le Parisien).

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