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Au Pakistan, l’éducation chrétienne renaît des cendres islamistes

Des jeunes lycéennes de la Sangota Catholic Public High School
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Cette année, à Sangota, l'heure de la rentrée a sonné pour les 800 élèves pakistanaises d'un établissement catholique détruit par les talibans en 2008 et reconstruit à neuf.

« C’est encore difficile pour nous de réaliser que l’établissement est redevenu une école, car c’est ce même établissement qui a servi de base aux islamistes puis aux forces armées pakistanaises », confie à l’agence Ucanews, Sr Gretta Gill, religieuse de la congrégation américaine des Sœurs de la Présentation de la Bienheureuse Vierge Marie et principale de la Sangota Public High School, l’unique école chrétienne pour filles du district de Swat, dans la province de Khyber Pakhtunkhwa (ex-Province de la frontière du nord-ouest), au nord-ouest du Pakistan.

En 2008, l’établissement faisait partie des 400 écoles détruites par les talibans qui avaient pris le contrôle de la région en y imposant la charia, privant 80 000 filles d’éducation et laissant des milliers d’enseignantes sans revenus. En 2009, les forces pakistanaises avaient peu à peu repris le contrôle de la vallée reculée de Swat, et les religieuses qui géraient l’établissement scolaire ont alors pu repartir de zéro. « Les ruines carbonisées de l’établissement étaient recouvertes d’épaisses friches. Le gardien de l’établissement avait même installé son bétail dans les ruines de la chapelle, pensant que personne ne reviendrait. Il vivait avec sa famille dans les salles de classe les moins détruites. Il nous a fallu quatre ans pour rebâtir l’école, avant de pouvoir recommencer à enseigner », raconte Sœur Gretta Gill.

« Nous n’avions ni eau ni électricité (…) en quatre mois, nous avions de nouveau 167 élèves inscrites à l’école »

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Peu avant les attaques des talibans, les religieuses avaient reçu plusieurs lettres de menaces de la part du groupe radical islamique Jan Nisaran-e-Islam, qui les accusaient de vouloir convertir les jeunes filles musulmanes au christianisme. C’est ce même groupe islamiste qui, en 2012, avait tenté d’assassiner Malala Yousafzai, originaire de la vallée de Swat, parce qu’elle militait pour l’éducation des filles et avait dénoncé, à l’âge de 11 ans, les violences des talibans, dans un blog de la BBC. Visée à la tête et grièvement blessée alors qu’elle revenait de l’école, Malala Yousafzai avait été évacuée en Grande-Bretagne pour y être soignée ; en 2014, à l’âge de 17 ans, elle a reçu le prix Nobel de la paix pour son engagement en faveur de l’éducation des filles.

« Pendant ces années de transition, mise à part une famille qui nous a mis en garde contre de possibles représailles, la plupart des habitants nous ont aidées en nous apportant de la nourriture. Pendant les dures journées de l’hiver, nous nous réchauffions en brûlant du bois dans une poubelle en acier, et nous contemplions les cimes enneigées des sommets visibles depuis notre établissement. Nous n’avions ni eau ni électricité. Puis, en 2012, la famille d’une de nos élèves nous a loué un bâtiment et, en quatre mois, nous avions de nouveau 167 élèves inscrites à l’école. Ainsi, nous avons pu recommencer à enseigner et assurer tout le cycle de l’école primaire », continue la religieuse pakistanaise.

la prudence reste de mise

Depuis, grâce à des fonds américains et à l’aide du gouvernement de la province, l’établissement a pu être entièrement reconstruit. « Le district est aujourd’hui libéré des talibans. Les filles peuvent retourner à l’école et nous faisons notre possible pour que cela perdure », explique Ashfaq Khan Aramzai, un représentant des autorités du district.

À la rentrée 2015, ce sont 800 fillettes et jeunes filles, dont des lycéennes (alors qu’il est rare dans cette région du Pakistan que les filles poursuivent leurs études au-delà du premier cycle du secondaire), qui ont pu reprendre le chemin de la Sangota Public High School. L’établissement compte 26 enseignantes et dix assistantes, épaulées par quatre religieuses pakistanaises.

Toutefois, si aujourd’hui la situation semble relativement stable, la prudence reste de mise. Ainsi, l’enseigne de l’établissement, Sangota Catholic Public High School, n’a volontairement pas été réinstallée à l’entrée de l’établissement, et les autorités de la province ont assigné sept policiers pour monter la garde devant l’école.

Article initialement paru sur Église d’Asie, l’agence d’information des Missions étrangères de Paris

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