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Notre patrimoine d’exception (7/7). L’abbatiale Sainte-Foy de Conques et son trésor carolingien

Le chevet de l'abbatiale de Conques © G.Mazars- OTCM

Le chevet de l'abbatiale de Conques © G.Mazars- OTCM

Marie Fournier - Publié le 21/11/15

Célèbre pour son tympan roman et les reliques de sainte Foy, l’abbatiale de Conques accueille les pèlerins en nombre depuis plus de mille ans.

Aleteia vous emmène à la rencontre de notre patrimoine exceptionnel français. Après la visite de la cathédrale du Puy-en-Velay, nous découvrons une nouvelle étape du pèlerinage de Saint-Jacques de Compostelle. Haut lieu artistique du Moyen Âge, l’abbatiale Sainte-Foy de Conques s’élève au cœur d’une vallée aveyronnaise dont la forme n’est pas sans rappeler celle d’un coquillage.

De l’ermitage du VIIIe siècle aux vitraux de Soulages

Au VIIIe siècle, un ermite du nom de Dadon s’est retiré dans ce lieu sauvage de l’Aveyron. Le petit ermitage est ensuite devenu un monastère bénédictin, puis un centre de pèlerinage au IXe siècle avec l’arrivée des reliques de sainte Foy. Le monastère qui bénéficie de la protection des Carolingiens, voit les dons afflués et le culte de la sainte se répandre en Europe. Conques est à cette époque une étape importante du chemin de Saint-Jacques de Compostelle par la via podiensis.

Pour faire face à l’afflux des pèlerins, une nouvelle église est construite (1041-1082). Elle a pour particularité de posséder un transept plus long que la nef en raison du terrain pentu. Conques est une véritable cité médiévale fortifiée, bâtie autour du monastère. Or, le déclin de l’abbaye et de sa ville se fait sentir dès le XIIIe siècle. La sainte n’est plus tellement à la mode et l’abbaye bénéficie de revenus moins importants. Au fil du temps, elle est détériorée : pillée et incendiée pendant les guerres de religion, puis fortement endommagée par les révolutionnaires qui détruisent son cloître.

Le monument est abandonné jusqu’à sa redécouverte par Prosper Mérimée en 1837 qui écrit à ce propos : « Je n’étais nullement préparé à trouver tant de richesses dans un pareil désert ». Depuis 1873, ce sont les Prémontrés qui occupent l’abbatiale. Plus d’un siècle après, le monument a été embelli grâce à l’initiative du ministère de la Culture qui a commandé de nouveaux vitraux à Pierre Soulages. Artiste vivant, Soulages, pour qui « Conques est le lieu de mes premières émotions artistiques », joue sur la lumière et l’architecture romane.

Le reliquaire de Sainte-Foy, trésor carolingien

L’histoire de l’arrivée des reliques de sainte Foy à Conques n’est pas des plus catholiques si l’on peut dire… Dans une volonté de développement spirituel (et économique !) de leur monastère, les moines ont besoin de reliques. Selon Bernard d’Angers, le moine Aronis provenant de Conques s’est rendu à Agen, puis pendant dix ans a cherché à gagner la confiance des religieux. Lorsqu’il réussit enfin à obtenir la garde des reliques, il les dérobe et les rapporte à Conques en 866.

L’abbatiale devient alors un haut lieu de pèlerinage. Un reliquaire de « Majesté » à la forme anthropomorphe est conçu pour protéger le crâne de la sainte. Il est réalisé en bois, couvert de plaques d’or et incrusté de pierres précieuses (entailles, camées, émaux, pierreries…). André Malraux s’enthousiasme à propos de ce reliquaire dans Le musée imaginaire de la sculpture mondiale en 1954 : « La Sainte Foy criblée de cabochons semble sortir de la nuit barbare ». Au Moyen Âge, les reliques étaient disposées dans le chœur de l’abbatiale, clos par un jubé car réservé exclusivement aux moines.

La Majesté de sainte Foy est le seul exemple connu aujourd’hui de statue reliquaire autour de l’an mil. Elle fait partie d’un des cinq grands trésors européens d’orfèvrerie médiévale. C’est d’ailleurs le seul en France à contenir autant d’objets du haut Moyen Âge : reliquaires, croix, calices, coffres, autels portatifs…Ces pièces ont été réalisées par des orfèvres locaux en réutilisant des objets offerts par les pèlerins.

Sainte Foy, dont la vie est relatée par un poème occitan du XIIe siècle, La chanson de sainte Foy, était une martyre. Persécutée à l’époque de l’édit de Dioclétien, la fillette âgée de 12 ans fut brûlée vive sur un grill – mais un orage l’éteignit – puis décapitée. Les miracles autour de son tombeau furent nombreux. Au-delà de l’œuvre d’art, la statue reliquaire de sainte Foy est surtout un symbole de la foi des pèlerins qui se rendent en pèlerinage à Conques depuis un millénaire.

Le tympan, joyau de l’art roman

Autre élément phare de l’abbatiale de Conques : son tympan du XIIe siècle, chef-d’œuvre de l’art roman. Situé sur le portail occidental au-dessus de deux portes séparées par un trumeau, le tympan en plein cintre représente le Jugement dernier, selon l’Évangile de saint Matthieu. Ce ne sont pas moins de 124 figures sculptées à 3,6 m du sol qui se répartissent sur trois niveaux afin d’expliquer aux fidèles pénétrant dans l’église ce qui les attend…

La scène est très lisible et didactique. Au centre se situe le Christ en gloire, à droite, le paradis et à gauche l’enfer. Du côté des élus, la Vierge et saint Pierre précèdent les figures fortes de l’histoire de l’abbatiale : l’ermite Dadon et Charlemagne le bienfaiteur. Sainte Foy est placée sous la main de Dieu ; on reconnaît à ses côtés les menottes des prisonniers qu’elle a libérés. Les damnés sont repoussés par des anges lorsqu’ils tentent de fuir. Au troisième niveau, on retrouve la même partition. Abraham se tient au centre du Paradis et Satan préside en Enfer, entouré des péchés capitaux sévèrement réprimandés. La scène est expliquée sur le linteau : « Pécheurs, si vous ne réformez pas vos mœurs, sachez que vous subirez un jugement redoutable ». Au moins, le fidèle qui entre est prévenu.

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