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Le Mal, c’est Daesh. Le Bien, c’est à nous de le construire

© FREDERIC LEGRAND / SHUTTERSTOCK

La rédaction d'Aleteia - Publié le 18/11/15

#PrayForParis traduit la soif immense de transcendance de toutes les nations.

#PrayForParis. Le « Trending Topic » (les hashtags les plus utilisés sur Twitter, ndlr) vendredi soir. Un élan unanime du monde entier en ce jour funeste. Personne ne s’attendait à ce jaillissement spirituel surprenant, déconcertant. Ce fut pourtant, la première réaction des Parisiens meurtris, des Français impuissants, des étrangers choqués.

Ce hashtag repris pendant toute la terrible nuit de vendredi à samedi sur les réseaux sociaux sonnait comme un cri d’angoisse, un appel au secours, un SOS à tous et à Dieu. La prière comme premier et dernier recours face à l’horreur et dans l’effroi. Cette demande extrême, c’est une soif immense de transcendance, un désir de spiritualité, une quête de réponse, une recherche de la vérité, d’un regard de Dieu. Des hommes qui cherchent. Qui cherchent dans la nuit de ce 13 novembre ce qu’ils ont oublié, ce qu’on ne leur a pas transmis : le spirituel qui les habite.

Dans une société ultra sécularisée et laïcisée, où les religions sont cantonnées strictement à la sphère privée, où l’homme est la mesure de toute chose, et l’individu celle de toute action ou réflexion, ce cri dérange, sonne faux. Et c’est pourtant ce cri sommeillant au plus profond de nous qui jaillit comme un instinct de survie, l’humanité agonisante qui cherche une présence, comme un enfant sa mère : « Maman, au secours ! » .

Ce réveil du spirituel en chaque Français est porteur d’une grande espérance ; mais non l’espérance désespérée des fous d’Allah qui tuent au nom d’un Dieu qui n’a rien de spirituel et tout d’un démon délétère, dénaturant la foi des musulmans de bonne volonté. Cette supplication, ce véritable appel à la prière est simplement la manifestation de l’homme en chacun de nous, de l’humanité qui s’épanouit en ce qu’elle a de plus humain, c’est à dire de plus divin : son âme.

L’âme, anima en latin, c’est le courage, le cœur qui anime, qui fait de l’humain un vivant, un homme. Que l’on croie en Dieu ou non, reconnaissons en chaque âme cette soif de quelque chose de plus grand, cette recherche d’une vérité universelle, cette quête infinie d’une réponse face à l’inhumanité qui habite l’homme lui-même.

Daesh veut vivre une guerre de religions et de civilisations, et revendique ces attaques contre Paris qui « porte la bannière de la croix« . Le message est clair, Daesh porte ses coups contre la civilisation judéo-chrétienne, à la fois « mécréante » et « croisée », selon son communiqué. Nul Français ne se reconnaît dans ces adjectifs. De cette propagande qui alimente les illusions des islamistes radicaux, nous pouvons pourtant tirer une leçon pour notre action à venir : c’est par nos héritages comme le courage et la recherche de la justice, le simple goût des bonnes choses ou l’amour de la vie, le pardon et l’espérance, legs de notre culture, que nous pourrons répondre à la barbarie.

Soyons bien conscients d’une chose toutefois : au-delà de cette guerre de religions, de civilisations, de mondes, selon le point de vue que l’on préfère adopter, le véritable combat est d’ordre spirituel. Le Bien contre le Mal. Sans manichéisme, le Mal s’est incarné au siècle dernier pendant les conflits mondiaux qui ont dévasté l’humanité. Le Mal est aujourd’hui incarné par Daesh. Quant au Bien, c’est à nous de le construire. Mais dans un monde où l’individualisme prime, où le relativisme empêche toute vérité d’advenir, où la culture est le fruit d’idéologies plus que d’héritages communs, où la vie est bafouée par des puissances mortifères, le Bien ne parvient pas vraiment à trouver sa place. À nous de transformer notre société, attaquée de l’extérieur pour ses valeurs et rongée de l’intérieur par ses complexes. Laissons-nous déranger dans nos habitudes et notre confort intellectuel par cet élan spirituel.

Cela demande une conversion, c’est-à-dire un changement des cœurs, de tous, à commencer par les médias : le #PrayForParis a vite été éclipsé samedi matin par le sigle « Peace for Paris », très fort lui aussi. Mais ce symbole de Woodstock, ingénieusement détourné en forme de tour Eiffel, rappelle les années 70, années fastes dans de nombreux domaines mais aussi à l’origine du refus du spirituel comme base de notre civilisation, années qui conduisirent au relativisme que nous connaissons. Ce sigle, pas si innocent, est la preuve de la lutte intestine que se livre notre pays contre ses aspirations les plus profondes. Et les médias entretiennent soigneusement ce masque de valeurs universelles de Paix et d’Amour fondées sur rien. Comme l’union nationale du 11 janvier qui fit long feu au bout de quelques jours, faute de fondement réel.

Si nous voulons créer un véritable esprit du Bien et non un fragile esprit du 11 janvier, nous devons sortir de cette logique de valeurs tuées dans l’œuf et reconnaître qu’elles viennent de la dimension la plus essentielle de l’homme, le spirituel.

Alors, le #PrayForParis restera le symbole assumé par tous d’une lutte efficace et réelle pour le Bien et non d’un combat de valeurs qui s’essouffle à la moindre dissension politique. Pour arriver réellement au Peace for Paris, assumons le #PrayForParis qui sommeille en chacun de nous.

Pour des raisons professionnelles, l’auteur de ce texte a préféré rester anonyme. Jeune femme de 25 ans, catholique, Parisienne qui a prié pour Paris et pour la paix comme tant d’autres vendredi soir. Elle ni connue, ni particulièrement engagée, seulement une citoyenne chrétienne qui réagit à cette soif de spiritualité qu’elle a vu émerger vendredi.

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