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Comment est né l’État islamique ?

© Al Furqan
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Une structure terroriste parmi une myriade d’autres est devenue en quelques années une puissance tentaculaire qui suscite rejet et fascination dans le monde entier.

Le nom d’Haji Bakr n’est pas beaucoup cité dans les articles récents et pour cause : il est mort en janvier 2014, quelques mois avant l’essor de Daesh. C’est pourtant lui qui a donné une colonne vertébrale à cette organisation. Celui qui était surnommé « le Seigneur des ombres » est un ancien colonel des services de renseignement irakiens, mis à la retraite forcée par les Américains lors de l’invasion de l’Irak, en 2003. Lui et ses compagnons d’armes ont en commun la haine de l’Amérique qui a humilié leur pays.

Abou Moussa, la brute

Haji Bakr a rejoint une cellule d’Abou Moussab Al-Zarqaoui, le chef d’Al-Qaïda en Irak. Ce dernier avait progressivement rompu avec la structure d’Al-Qaïda qui l’avait jugé « trop extrémiste »… Le personnage était devenu tristement célèbre en diffusant la première vidéo d’une décapitation sur Internet. Issu d’une famille pauvre, il maîtrise mal l’arabe classique selon l’un de ses anciens co-détenus Fa’eq Shawish, qui décrit devant la caméra du journaliste jordanien Fouad Hussein un petit caïd tatoué, buvant de l’alcool, converti à l’islam. Il est parti faire le djihad contre les Russes en Afghanistan. Cette expérience, puis un séjour de sept ans dans les prisons jordaniennes, ont transformé le soldat en leader. C’est ainsi qu’un colonel brillant de Saddam s’est mis sous les ordres d’une brute, et lui a succédé après sa mort, survenue lors d’une frappe américaine, le 7 juin 2006.

Haji Bakr, le stratège

Selon le quotidien allemand Der Spiegel, à partir de cette date, Haji Bakr débutait une opération de noyautage très professionnelle de diverses communautés musulmanes. Il envoyait ses proches dans chaque ville à conquérir et leur demandait de repérer les familles, les individus puissants, leurs revenus, leurs orientations politiques… et leurs faiblesses afin de les faire chanter au besoin.

Le colonel n’a pas vu le résultat de son œuvre, mais au printemps 2014, son organisation a conquis Raqqa en Syrie, Mossoul en Irak et une vaste région pétrolifère, grâce aux soutiens locaux qu’elle avait patiemment tissés. Ce n’était pas un religieux mais plutôt un nationaliste, comme l’explique le quotidien allemand, et le commando qui l’a abattu n’aurait même pas trouvé un Coran dans son habitation.

Abou Bakr, le calife

Dès la mort d’Abou Moussa, c’est Abou Bakr al-Baghdadi qui est nommé à sa succession. Il appartient à la confédération tribale des Quraych dont est issu le prophète, ce qui lui permet de prétendre au titre de calife. Cet ancien étudiant en théologie renoue les liens avec Al-Qaïda… pour finalement s’en détacher lui aussi, en avril 2013, lorsqu’il proclame son « État islamique en Syrie et au Levant ». Il souhaite que les combattants d’al-Nosra, la branche syrienne d’Al-Qaïda, rejoignent sa cause, ce dont Al-Qaïda ne veut pas entendre parler. La division a aussi une origine idéologique : alors que le chef d’Al-Qaïda, Ben Laden, voyait le terrorisme comme un prologue au Califat, al-Baghdadi veut instaurer un Califat ici et maintenant.

Les recettes du nouveau Califat

Beaucoup de mauvaises fées se sont penchées sur le berceau de l’État islamique. Bénéficiant de l’expérience des combattants antisoviétiques afghans, soutenus par la diplomatie américaine, cet embryon monstrueux a pris corps lors de l’invasion américaine en Irak, en 2003. Elle lui a fourni des cadres militaires bien formés mis au chômage : ils sont devenus la colonne vertébrale de l’organisation.

Il a fallu, enfin, des financements colossaux pour donner naissance à cette créature qui administre maintenant une région, à la façon d’un État dictatorial. Mais le dernier ingrédient, le plus difficile à appréhender, c’est l’enthousiasme qu’elle a suscité auprès de nombreux musulmans.

Ils rêvent du dernier Califat

L’une des priorités du gouvernement du Califat, lorsqu’il s’est installé à Mossoul ou à Raqqa, a été de lutter contre la corruption des administrations. Il médiatise aussi des actions humanitaires en faveur des plus pauvres, mais cette bonne communication ne serait rien sans l’eschatologie musulmane. Dans l’une de ses traditions, adoptée par Daesh (l’État islamique selon son acronyme arabe), elle enseigne que de grands événements auront lieu en Syrie, à la fin des temps. En particulier dans la ville de Dabiq, au nord d’Alep (Syrie), où, selon la tradition, les musulmans affronteront « Rome ».

Cette tradition explique que le nom de la ville, « Dabi », soit aussi le nom du magazine de Daesh. Si la prise de la ville par les militants de l’organisation a été exagérément fêtée au regard de sa faible importance stratégique, c’est qu’ils y attendent à présent « Rome » et la fin des temps… Il reste la question, débattue, de savoir quelles seront les « armées de Rome », qui viendront affronter les vrais croyants : certains parient sur les Turcs qui ont mis fin au Califat il y a presque un siècle. D’autre pensent que les Russes, considérés comme les héritiers de l’Empire romain de Constantinople, font des candidats plus crédibles…

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