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Vaux-le-Vicomte fête les 400 ans de la naissance de Fouquet

Vue aérienne des jardins du château de Vaux-le-Vicomte © Château de Vaux-le-Vicomte

Vue aérienne des jardins du château de Vaux-le-Vicomte © Château de Vaux-le-Vicomte

Marie Fournier - Publié le 13/11/15

2015 est l’année de toutes les festivités au château de Nicolas Fouquet, le grand mécène victime du "procès du siècle".

Modèle d’ascension sociale, Nicolas Fouquet (1615-1680) est fidèle à sa devise « Quo non ascendet » (« Jusqu’où ne montera-t-il pas ? »), et obtient en 1653 le poste de surintendant des finances. Sa mission est de rétablir les finances publiques et de rendre l’État crédible aux yeux de ses créanciers. Porté par ses succès, il se voit déjà prendre la succession de Mazarin auprès de Louis XIV au poste de Premier ministre. Mais le roi – qui n’est encore âgé que de 23 ans – supprime cette fonction afin de gouverner seul à la mort du Cardinal en 1661.

Colbert complote dès lors contre l’ambitieux et flamboyant Fouquet qu’il jalouse amèrement et cherche à le discréditer en l’accusant de détournement d’argent. Le 17 août de cette même année, Fouquet donne à Vaux-le-Vicomte une réception somptueuse au faste devenu légendaire. «Tout combattit à Vaux pour le plaisir du roi,La musique, les eaux, les lustres, les étoiles» dira Jean de la Fontaine. Influencé par Colbert, Louis XIV avait déjà décidé de faire arrêter son ministre des finances mais n’en laisse rien paraître. Il profite des plats succulents servis dans une vaisselle de vermeil – luxe qu’il ne peut lui-même s’offrir – des chants et des ballets, sa jeune maîtresse, Mademoiselle de La Vallière, à ses côtés. Voltaire résumera : « Le 17 août, à six heures du soir, Fouquet était le roi de France ; à deux heures du matin, il n’était plus rien ».

Trois semaines après, le surintendant des finances est capturé par d’Artagnan à Nantes. Le « procès du siècle » est lancé. L’accusé se défend tant et si bien qu’il obtient le bannissement. C’était sans compter l’intervention du roi qui décide de faire justice lui-même et le condamne à la prison à vie. Fouquet passe 19 ans emprisonné à Pignerol, où il s’éteint en 1680.

Le château de Vaux-le-Vicomte, chef-d’œuvre d’un grand mécène

En cette année « Fouquet », Vaux-le-Vicomte a choisi de lancer un programme de recherche consacré au goût du Surintendant des finances pour les arts et à ses collections aujourd’hui dispersées. Afin de bâtir une demeure exceptionnelle, Nicolas Fouquet s’est entouré de la « dream team » du Grand Siècle : Le Vau (architecte), Le Nôtre (jardinier) et Le Brun (peintre). Les trois génies réunis se sont attelés à la création d’un chef d’œuvre (en moins de 20 ans).

Œuvre fondatrice du jardin à la française, Vaux-le-Vicomte permet à Le Nôtre de réaliser ses idées nouvelles en toute liberté. Il dispose de 500 hectares de domaine en tout…. Cohérence et unité sont les maîtres mots : parterres, bassins et fontaines sont en parfaite adéquation avec l’architecture de Le Vau. Ce dernier met en place un style nouveau et puissant avec des effets de plans successifs, privilégiant la juxtaposition à la superposition. Le dôme du château est une véritable prouesse technique. Malheureusement, le décor intérieur de la coupole prévu par Lebrun n’a pas eu le temps d’être exécuté. Les esquisses qui sont encore conservées représentent le Palais du Soleil, une fresque monumentale au centre de laquelle se trouve l’écureuil, emblème héraldique de Fouquet.

Mécène des arts et lettres, Nicolas Fouquet compte parmi ses protégés : La Fontaine, Molière qui écrit les Fâcheux pour la fête de 1661, Corneille et Charles Perrault. Il fait travailler au château les peintres célèbres de son temps tels Le Brun, et aime aussi acheter des tableaux de chevalet, œuvres de Véronèse, Poussin, Breughel de Velours ou encore Lambert Sustris. L’ensemble de ses meubles et tableaux ont été saisis par le roi et ont fait l’objet de ventes au profit des nombreux créanciers de Fouquet.

Le plus grand château français en main privée aujourd’hui

Vaux-le-Vicomte appartient à la même famille depuis 1875, date de l’acquisition du château par Alfred Sommier. Les bâtiments sont alors en mauvais état et vides, les jardins laissés à l’abandon. Ses descendants, Patrice et Cristina de Vogüé l’ouvrent au public en 1968. Aujourd’hui, leurs trois fils ont repris le flambeau et s’investissent dans le domaine. Cette cinquième génération de « passeurs » comme ils aiment se définir, cherche à valoriser un patrimoine exceptionnel en menant des grands projets de restauration, de recherches, ainsi qu’une politique d’évènements culturels et de médiation auprès de tous les publics.

« Le château de Vaux, l’immense jardin qui fut la première révélation de Le Notre, nous parviennent intacts malgré les guerres et les révolutions, en dépit des mutations de gout qui ont marqué trois siècles d’histoire. Cette survivance exceptionnelle est le fruit de la volonté des hommes de tous rangs et de toutes fonctions qu’une passion commune pour Vaux-le-Vicomte réunit à chaque génération : propriétaires, architectes, maçons, jardiniers, sculpteurs, peintres, charpentiers ; elle témoigne de l’enchantement exercé par Vaux-le-Vicomte où une nouvelle civilisation artistique a pris naissance. Que ce domaine préservé dans sa forme initiale vous apporte, à vous aussi, la récompense qu’il a donnée à tous ceux qui ont passé ici quelques heures ou des années : le plaisir d’un art humain », écrit Patrice de Vogüé.

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