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Pape François : "La doctrine chrétienne s’appelle Jésus Christ"

© Antoine Mekary / ALETEIA

Isabelle Cousturié - Publié le 13/11/15

Il n'y a qu'un seul chemin viable pour un renouveau de l’Église : se greffer au Christ et se laisser guider par l’Esprit Saint.

Pas de nouveaux schémas, pas de nouvelles règles dans sa réforme… Le Souverain Pontife rappelle le seul chemin viable pour un renouveau de l’Église : se greffer au Christ et se laisser guider par l’Esprit Saint. Pour lui, le travail entrepris n’est pas suffisant

En Italie, le long et dense discours que le pape François a adressé aux catholiques italiens, le 10 novembre dernier, à l’occasion de sa visite à Florence, a suscité une vague de commentaires et analyses qui révèlent l’énorme importance de toutes les réflexions offertes jusqu’ici par le Saint-Père pour décrire son travail de réforme. Parmi toutes ces analyses, celle de Gianni Valente (Vatican Insider) intitulée « Il n’y a pas de projet ‘Bergoglien’ : en Italie aussi, l’Évangile suffit », résume de manière claire et concise le sens ultime des réflexions du Pape.

L’Église comme Jésus

Toutes les méditations du Pape, le 10 novembre dernier à Prato et à Florence, visaient un clair objectif, estime Luis Badilla, le directeur éditorial du Sismografo : rappeler à l’Église que « la doctrine chrétienne n’est pas un système fermé incapable de générer des questions, des doutes, des interrogations, mais une structure bien vivante, capable de susciter inquiétude et animation. Son visage n’est pas rigide, son corps bouge et se développe, sa chaire est tendre : la doctrine chrétienne s’appelle Jésus Christ », a dit le pape.

Il rappelle aux évêques italiens – souvent rappelés à l’ordre ces derniers temps – que la réforme de l’Église entreprise depuis le début de son pontificat, les appelle à « cultiver des attitudes pastorales d’humilité, de désintéressement et de joie à partir du Christ juge miséricordieux ». Leur rappeler que l’Église est semper reformanda c’est rappeler que la réforme ne se réduit pas en un énième plan pour changer les structures, mais qu’elle doit se greffer au Christ, s’enraciner en Lui, et se laisser guider par l’Esprit Saint. Et si le Pape demande de revoir Evangelii Gaudium, son exhortation apostolique, parue il y a deux ans, c’est qu’il estime vraiment que le travail entrepris n’est pas suffisant.

Dieu et l’homme ne sont pas en opposition

Le Pape ne propose donc pas de nouveaux schémas ou organigrammes, ne propose pas de nouvelles règles… Il propose, voire exhorte, à donner à l’Église italienne, et à toute les Églises dans le monde, le Visage de Jésus, son apparence, donc le visage de Dieu, la Miséricorde. Tout y est, il ne manque rien. Pour François, le seul mal à se donner est de revenir à l’Évangile pour non seulement corriger les erreurs, les dérives, et les insuffisances commises à son égard, mais pour le « réhabiliter » des crasses historiques et de pouvoir, des crasses bureaucratiques et calculées qui ont dénaturé son message, à coups de formules et phrases toutes faites, de gestes sociaux abusifs.

Autrement dit, le Pape mise sur un retour à l’Évangile de l’alliance entre l’Amour de Dieu pour l’homme et l’amour de l’homme pour son Dieu. « Dieu et l’homme ne sont pas les deux extrêmes d’une opposition : ils se cherchent depuis toujours, parce que Dieu reconnaît en l’homme sa propre image et l’homme ne se reconnaît qu’en regardant Dieu », a rappelé le pape François au cours de son homélie à la messe célébrée dans un stade de Florence. Et il a ajouté : « Conserver et annoncer la foi en Jésus Christ est le cœur de notre identité chrétienne, car en reconnaissant le mystère du Fils de Dieu fait homme nous pourrons pénétrer le mystère de Dieu et pénétrer le mystère de l’homme ».

Appel à une foi « révolutionnaire »

Aucun mauvais jugement à l’égard du passé, dans les paroles du Pape. Ni mot, ni même une phrase circonstanciée. Dans sa vision, ne sont présents que « l’avenir, l’espérance et la confiance », mais surtout le « mystère de l’homme » qu’il est possible de révéler en essayant de percer « le mystère de Dieu ».

L’Église, selon cette vision, doit jouer un rôle de guide dans les relations entre le mystère du Père et le mystère des enfants. Elle est appelée à « œuvrer pour faire de ce monde un monde meilleur », elle est appelé à lutter. « Notre foi est révolutionnaire par impulsion de l’Esprit Saint. Nous devons suivre cette impulsion pour sortir de nous-mêmes, pour être des hommes selon l’Évangile de Jésus », a dit le Pape aux catholiques italiens, en rappelant que « toute vie se décide en fonction de la capacité de chacun à se donner. C’est alors que celle-ci se surpasse, devient féconde ».

Pour de vraies bonnes intentions

Et comme il existe des anticorps pour les poisons, il existe des anticorps pour les nobles paroles, pour les paroles vraies, pour l’avenir, pour ce que saint Jean Paul II présentait comme un défi : « organiser l’espérance ». Des anticorps doublement insidieux car, d’un côté ils exaltent de nobles et vraies bonnes intentions, mais de l’autre assimilent, phagocytent, ces bonnes intentions de manière à leur enlever toute capacité à « perturber », et tout reste comme avant. Le pape François est conscient du risque, il n’élude ni relativise la question, va au contraire à sa source et met en garde : « Ne soyons pas obsédés par le pouvoir, même lorsque celui-ci porte les traits d’un pouvoir utile et fonctionnel, à l’image sociale de l’Église ».

Le Saint-Père est conscient que le danger se cache dans cette manière de raisonner, chez beaucoup de chrétiens et membres de la hiérarchie. Une manière de raisonner qui a causé de graves dommages, pourrait entraver et finir par faire échouer toute tentative de réforme au nom, paradoxalement, de l’image et du bien de l’Église.

Il Sismografo termine son analyse en rappelant à ce propos les paroles du cardinal secrétaire d’État Pietro Parolin, à Radio Vatican : « Changer les choses est toujours difficile car nous sommes tous tentés de ne pas quitter notre petite vie tranquille, notre train-train de tous les jours. Il y a encore des résistances à surmonter. Les qualifier de ‘physiologiques’ est trop peu, les qualifier de ‘pathologiques’ est trop. Mais ces résistances existent. Je crois qu’il faut les affronter de manière constructive, de manière à ce qu’elles puissent changer. Voilà je crois que la clé est là : transformer en outils de réforme les résistances que l’on a naturellement face aux changements. Et tout le monde a ce désir de changer en mieux. Cette amélioration que le Pape a demandé lui-même à la Curie ».

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