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Wagner et le jubilé de la Miséricorde

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Connie Marschner - Publié le 11/11/15

Tannhäuser : une ode splendide au repentir et au pardon.

En ce jubilé de la Miséricorde, le New York Metropolitan Opera n’aurait su mieux contribuer par sa production de l’opéra Tannhäuser de Wagner.

Tannhäuser reprend, pour résumer, l’histoire de la semence qui tomba sur le roc. Grâce aux prières, elle finit par donner fruit et obtenir le Salut. C’est l’étude du tourment entre amour sacré et profane. La sacramentologie de Wagner aura beau être parfois sommaire, la théologie élémentaire du pardon qui suit la repentance aura rarement été exprimée sur une musique aussi grandiose. Cet opéra n’est rien de moins qu’un hymne à la gloire de la miséricorde et du salut.

Dans la scène d’ouverture, alors qu’il rêve de cloches d’église qui retentissent, Tannhäuser (appelé Heinrich dans l’opéra) est réveillé de l’inframonde de Vénus où il est accueilli dans un tourment de plaisirs charnels. Les cloches l’appellent à s’élever. S’en suit un moment de conversion : « Déesse des plaisirs et des délices… ce n’est pas en toi que je trouverai la paix et le repos », chante-t-il. « Mein heil liegt Maria ! Mon salut repose en Marie ! » Mais la semence de la repentance tombe sur le roc. Heinrich, à l’instar de nombreux autres qui sont emplis de la première grâce de la conversion, veut aller plus loin mais est détourné par le monde.

Aux abords de Venusberg, il prie à genoux face à un autel à Marie, rendant grâce à Dieu alors que des fidèles passent. Le Chœur des fidèles chante pour la première fois : « Le salut de la grâce est la récompense du pénitent… il atteint maintenant la paix de ceux qui sont bénis… Je rendrai grâce à Dieu toute ma vie ».

Heinrich souhaite tout d’abord poursuivre sur la voie de la pénitence et du pardon, mais il est accosté par le landgrave et ses chevaliers. Et lorsque Wolfram mentionne le nom d’Elisabeth, qui s’est retirée de la cour depuis la disparition d’Heinrich, il se laisse convaincre. Grande erreur, bien sûr, qu’Heinrich commet en revenant à sa précédente vie. Il est faible, et succombe à une autre tentation. Les hommes de la cour tirent l’épée pour l’exécuter, mais Elisabeth le sauve en les enjoignant de le gracier. Elle se retire de la cour pour consacrer ses prières au salut d’Heinrich.

Heinrich entame alors un difficile pèlerinage à Rome, mais le Pape refuse de le pardonner aussi sûrement que son bâton ne pourra jamais reverdir car, ayant été enflammé de passion dans les feux de l’enfer, il est éternellement damné. On pardonnera à Wagner ce portrait peu plausible du Pape.

Au troisième acte, Tannhäuser est au bord du désespoir. Se croyant seul et damné, il chercher à revenir à Vénus, ignorant tout des prières d’Élisabeth. La lutte termine abruptement alors que le cortège funéraire portant la dépouille d’Élisabeth passe. Heinrich supplie alors Élisabeth de prier pour lui, et meurt à son tour.

Voilà que les pèlerins apparaissent avec à leur main le bâton reverdi du Pape ! Tannhäuser a été pardonné, la miséricorde a triomphé. Le chant du Chœur retentit alors triomphalement : le salut est la récompense des pénitents. L’amour l’a donc emporté sur le désespoir.

Nous avons vu le drame du cœur de l’homme. Nous avons nous-même fait l’expérience de ce que dépeint Wagner : le monde est en nous, nous tombons, et aimons d’autres qui tombent. Nous sommes vulnérables au désespoir. Mais dans Tannhäuser, nous voyons l’alliance entre l’art dans toute sa splendeur et la catéchèse, ainsi que l’évangélisation qui peut en découler. Quelle magnifique façon de se préparer au jubilé de la Miséricorde.

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Miséricorde
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