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Crash de l’Airbus russe : la piste de l’attentat privilégiée

Les analyses des boîtes noires de l'A321 russe qui s'est écrasé dans le Sinaï le 31 octobre laissent croire à la version de l'explosion durant le vol © Capture d'écran / France 24
Les analyses des boîtes noires de l'A321 russe qui s'est écrasé dans le Sinaï le 31 octobre laissent croire à la version de l'explosion durant le vol © Capture d'écran / France 24
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L’hypothèse d’un explosif à bord de l’appareil semble la plus probable. Redoutée au Caire et à Moscou, elle est privilégiée par Washington et Londres… et par les compagnies aériennes.

Fâcheuse coïncidence pour le chef d’Etat égyptien, le maréchal Abdel Fattah al-Sissi. Sa visite au Royaume-Uni, consacrée à la coopération sécuritaire entre les deux pays, suit de cinq jours l’explosion en plein vol de l’Airbus A321-200 de la compagnie Russe Metrojet, le 31 octobre, alors qu’il survolait le Sinaï, à destination de St Pétersbourg. L’avion s’est désintégré vingt-trois minutes après son décollage de la fameuse station balnéaire égyptienne de Charm el-Cheikh, au bord de la mer Rouge. À son bord, 224 passagers et membres d’équipage, dont de nombreux enfants.

Al-Sissi et Poutine dans le déni

Dans leurs premières déclarations, al-Sissi et Vladimir Poutine se sont efforcés d’écarter le spectre de l’attentat, néfaste à leur image d’hommes forts terrassant le terrorisme et ruineux pour le tourisme égyptien déjà en berne. Mais l’attentat a été revendiqué à deux reprises par l’Etat islamique en représailles à l’intervention russe en Syrie (BFM TV) : jusqu’à présent, le groupe terroriste n’a jamais pris le risque de s’attribuer un crime dont on puisse démontrer ensuite qu’il ne pouvait en être l’auteur.

Alors que le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi avait dénoncé mardi la « propagande » de l’État islamique qui chercherait, à « nuire à la stabilité et la sécurité de l’Égypte ainsi qu’à son image », à Washington comme à Londres, on privilégie ouvertement la piste d’une bombe à bord (BBC). À peine Al-Sissi venait-il d’arriver, jeudi 5 novembre, sur le sol britannique, que son hôte, le Premier ministre David Cameron, jugeait « plus que probable » l’hypothèse de l’attentat  tandis que Barack Obama affirmait prendre « très au sérieux » la piste d’une explosion criminelle : « Mardi, un satellite militaire américain avait déjà fait état d’un ‘flash de chaleur’ provenant de l’Airbus juste avant sa chute. Selon CNN, ce flash suggère ‘qu’un événement catastrophique – y compris peut-être une bombe – s’est produit en vol' » (Nouvel Obs).

Comme le Boeing de Lockerbie

L’explosion à 10 000 m d’altitude de l’Airbus exclut qu’il ait pu être atteint par un missile du type de ceux dont dispose l’EI dans le Sinaï, mais évoque celle du Boeing 747 de la Pan Am au-dessus de Lockerbie (270 morts, le 21 décembre 1988) (La Tribune). Les conditions de sécurité de l’aéroport de Charm el-Cheikh sont mises en cause par les usagers : « Des touristes britanniques se sont plaints (…) de l’incurie du personnel de sécurité de l’aéroport, trop laxiste selon eux. Une photo montrant un agent de sécurité jouant au jeu Candy Crush sur son téléphone portable a été très largement partagée sur les réseaux sociaux », rapporte le quotidien algérien El Watan.

David Cameron a annoncé sa décision de suspendre l’ensemble des vols entre Charm el-Cheikh et le Royaume-Uni : si les vols ont repris, ce vendredi, c’est pour rapatrier les quelque 20.000 britanniques présents dans la station balnéaire… Egypt Air poursuit ses vols à destination de Charm el-Cheikh, mais la plupart des compagnies aériennes ont décidé de stopper les vols en direction du Sinaï, à l’instar de la Lufthansa et d’Air France.

Ce même vendredi, Vladimir Poutine a annoncé qu’il avait ordonné aux compagnies aériennes russes de suspendre leurs vols vers l’Egypte sur recommandation des services secrets, ce qui revient à avouer qu’on ne nourrit guère d’illusion au Kremlin sur l’origine du crash. Une première analyse des deux boîtes noires et l’examen des débris de l’appareil « permet de ‘privilégier fortement’ l’hypothèse d’un attentat (…) a révélé ce vendredi une source proche de l’enquête » (Le Figaro).

Peut-on faire confiance à l’Égypte ?

La Russie, dont c’est la pire catastrophe aérienne, a commencé hier, 5 novembre, à enterrer les premières victimes – les restes de plus de 140 corps rapatriés à Saint Petersbourg. « Au Caire, les enquêteurs ont extrait les données de l’une des deux boîtes noires, celle des paramètres de vol, tandis que celle contenant les conversations de l’équipage, endommagée, demandera beaucoup de travail » (Le Monde). Mais peut-on faire confiance à l’Égypte pour dire la vérité si celle-ci, comme c’est de plus en plus probable, dessert gravement ses intérêts ?

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