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Birmanie : « Nous n’avons pas besoin d’une démocratie à l’Occidentale »

© Guillaume Payen / Anadolu Agency / AFP
YANGON, MYANMAR - NOVEMBER 01: People attends a campaign rally for the NLD (National League for Democracy), one week before the free election in decades in Thuwanna, Yangon, Myanmar on November 01, 2015. Guillaume Payen / Anadolu Agency
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Pour la première fois depuis 25 ans, l’hégémonie des militaires au pouvoir pourrait être remise en cause par les élections.

La Birmanie organise dimanche 8 novembre 2015 des élections qui pourraient remettre en cause l’hégémonie des militaires, et de leur parti l’USDP (Union for Solidarity and Development Party). L’opposante très médiatique Aung San Suu Kyi a accepté que son parti, le NLD (National League for Democracy), participe à ces élections, mais plusieurs « freins » à l’expression de la démocratie posent encore question.

Près d’une centaine de partis…

Les institutions birmanes dénombrent 5 800 candidats pour seulement 1 142 sièges, et un total de 93 partis sont en lice ! Mais les deux poids lourds de cette élection demeurent l’USDP au pouvoir et la NLD, qui rassemblent autour d’eux des partis alliés, notamment les partis des minorités ethniques en Birmanie. Ils représentent une force impossible à négliger dans un pays composé de 135 ethnies ! Une grande partie d’entre-elles se sont battues contre le pouvoir des généraux, et des accords sont en cours auprès des Karen, des Kachin, des Môn et des Shan pour qu’un cessez-le-feu soit signé. Un accord déjà dénoncé par d’anciens alliés de la junte, les Kachin : rien n’est simple ! Par ailleurs outre les deux mastodontes, USDP et NLD, d’autres forces politiques sont à l’œuvre, comme les moines bouddhistes du Ma Ba Tha, qui réclament que le gouvernement défende « la race et la religion » des Birmans, notamment contre « l’islamisation ».

« Nous n’avons pas besoin d’une démocratie à l’Occidentale »

Interrogé par le magazine d’Enfants du Mékong Asie Reportage, dans une interview à paraître, un parlementaire affilié à l’USDP, Francisco Koh, explique : « Si nous voulons réellement devenir une démocratie, la paix est une condition primordiale », or le pays a connu la guerre depuis son indépendance. Prenant en compte le programme de la LND, il loue son combat pour la démocratie mais avertit : « Le modèle qu’ils promeuvent est occidental. À l’américaine. […] Mais ici, cela fait plusieurs générations que nous n’avons pas eu l’occasion de pratiquer la démocratie. Aussi on ne peut pas du jour au lendemain promouvoir une démocratie à l’occidentale sans prendre en compte ce que sont les gens ». Francisco Koh milite pour une démocratie fédérale, qui laisse aux minorités ethniques la possibilité de s’auto-administrer. Mais selon lui, le premier chantier à ouvrir pour la Birmanie est celui de l’éducation.

« Nous devrions nous appuyer sur l’expertise de l’Église »

Dans les années 50, la Birmanie était le plus riche des pays d’Asie du Sud. La guerre civile l’a ruiné, entraînant la chute de ce qui faisait l’orgueil du pays, ses universités et ses écoles. Pour Francisco Koh, c’est un chantier prioritaire : « Le gouvernement essaie de faire en sorte que l’éducation soit accessible à tous y compris aux pauvres. Aujourd’hui cela implique surtout le développement des infrastructures pour créer des écoles et des cliniques. Mais avant que le gouvernement ne s’empare de ces sujets, l’Église qui est présente depuis 500 ans dans la région, a déjà beaucoup fait. Le gouvernement doit donc aussi s’appuyer sur l’expertise de celle-ci ».

Aung San Suu Kyi a besoin d’un miracle

Les règles des élections qui se préparent présentent quelques freins assez puissants à l’expression démocratique : 25% des sièges de l’Assemblée birmane sont réservés, par principe, aux militaires. Ceux-ci se réservent un droit de veto sur toute tentative de changement apporté sur la Constitution birmane. Enfin, le risque de fraude existe : avec notamment le recours possible au « vote » des immigrés illégaux birmans en Thaïlande et en Malaisie. Pour qu’Aung San Suu Kyi l’emporte, il faudrait un miracle, assure Info Birmanie. Il y en a déjà eu un en 1992 : l’opposante avait emporté 392 des 492 sièges en jeu à l’époque. Mais à l’époque l’armée avait choisi d’ignorer les résultats.

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