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« Le martyr n’est pas une personne qui désire la mort »

Icône des "martyrs contemporains", vénérée dans la basilique San Bartolomeo sur l’île du Tibre à Rome © Communauté Sant'Egidio
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Dans de nombreuses églises, on trouve fréquemment des icônes de martyrs, elles sont des fenêtres sur le Paradis pour ceux qui les vénèrent.

Dans la basilique San Bartolomeo sur l’île du Tibre à Rome, on trouve une icône représentant les « martyrs contemporains ». Elle ne renvoie pas tant vers le Paradis que vers la terre, dirigeant nos regards vers les moments les plus sombres et inhumains du XXe siècle.

Icône des "martyrs contemporains", vénérée dans la basilique San Bartolomeo sur l’île du Tibre à Rome © Communauté Sant'Egidio

 

Représentation des martyrs des génocides arméniens et rwandais © Communauté Sant'Egidio
Représentation des martyrs des génocides arméniens et rwandais © Communauté Sant'Egidio
Représentation des martyrs des génocides arméniens et rwandais © Communauté Sant'Egidio

L’icône représente une multitude de scènes allant du génocide arménien au génocide au Rwanda.

Au centre, une Bible ouverte montre les mots de Jésus : « Qu’ils ne fassent qu’un » ; autour, des chrétiens de l’Est et de l’Ouest martyrisés pour leur foi, parmi lesquels le patriarche orthodoxe de Moscou Tykhon, qui a tenu tête aux bolchéviques, et le pasteur luthérien Dietrich Bonhoeffer, exécuté par les nazis. Au-dessus, des camps de concentration et des trains de déportés.

À gauche, divers personnages représentent les « martyrs de la miséricorde », qui ont risqué leur vie en refusant d’abandonner le malade confié à leurs soins. À droite, les faux procès du communisme et la calomnie et la diffamation au procès de Jésus.

Représentation des martyrs qui ont perdu la vie en refusant d'abandonner les malades qui leur avaient été confiés © Communauté Sant'Egidio
Représentation des martyrs qui ont perdu la vie en refusant d'abandonner les malades qui leur avaient été confiés © Communauté Sant'Egidio
Représentation des martyrs qui ont perdu la vie en refusant d'abandonner les malades qui leur avaient été confiés © Communauté Sant'Egidio

En bas, une muraille en ruines représente l’effondrement de la société quand les gens d’appartenances religieuses ou ethniques différentes sont séparés et persécutés. Et dans le coin à droite, Oscar Romero, tué par balle derrière l’autel en 1980 pour avoir courageusement appelé à la paix et défendu les pauvres et vulnérables.

Dans cette église, les images de l’icône prennent vie. Dans une des chapelles sur le côté, on peut voir une lettre du moine Trappiste Christian de Cherger, assassiné en Algérie ; lui et ses frères moines ont refusé de quitter le pays frappé par la violence dans les années 90. C’est l’histoire du film de 2010 Des hommes et des dieux. De l’autre côté de la chapelle, le missel de Romero, ouvert à la page qu’il lisait au moment où il a été tué.

Cette église qui semble remplie par la mort, est pleine d’histoires de vie et de notre humanité ; elle est gérée par les membres de la Communauté de Sant’Egidio, et l’icône est l’œuvre d’un des peintres de cette communauté qui ne se souvient pas tant des morts, mais des vies des « nouveaux martyrs » de l’icône. Pour Andrea Riccardi, fondateur de la communauté : « Le martyr n’est pas une personne qui veut mourir », c’est une personne qui veut vivre et travailler pour la paix et une société humaine, qui ne veut pas abandonner les pauvres, les faibles, même face à la violence et la mort. Les martyrs ne sont pas seulement des personnes tuées pour leurs croyances ; mais également celles tuées pour avoir « mis en pratique leurs convictions ».

À l’heure où j’écrivais ces mots, le Pape a dit : Romero a non seulement été fait martyr par des bandits armés, mais également par ses confrères évêques et prêtres après sa mort, non point avec des fusils, mais avec « la plus dure des pierres : la langue ». Ces dernières semaines, l’Europe a connu des moments de violence contre des centres de réfugiés et certains responsables politiques ayant pris position en faveur de l’hospitalité.

« Un martyr, a dit le Pape, n’est pas une personne dont on se souvient avec nostalgie comme une belle image dans une église ; elle continue à nous accompagner. » À San Bartolomeo, où se réunissent chaque semaine des gens qui veulent être près des pauvres, cette icône, qui parle davantage de la vie et de l’humanité que de la mort, est aussi vivante que possible.

 

Au centre de l'icône, une Bible ouverte montre les mots de Jésus : "Qu’ils ne fassent qu’un" © Communauté Sant'Egidio
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