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Stabilité ou démocratie, la Turquie a choisi

© OZAN KOSE / AFP
A Turkish woman looks at her smartphone as she walks by a banner displaying a portrait of Turkish prime minister Recep Tayyip Erdogan, in Istanbul, on March 21, 2014. Turkey's combative prime minister warned March 21, 2014 that he would eradicate Twitter in the wake of damaging allegations of corruption in his inner circle that have spread across social networks in recent weeks. "We will wipe out Twitter. I don't care what the international community says," premier Recep Tayyip Erdogan said at an election rally in the western province of Bursa. AFP PHOTO / OZAN KOSE
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Le scrutin qui a amené le parti d’Erdogan à retrouver la majorité absolue est en soi une surprise mais ne saurait faire oublier les conditions de vote.

Les opposants du parti islamo-conservateur de Erdogan peuvent souffler. Si leur défaite est cuisante, l’essentiel est sauvé, à 14 voix près, le chef de l’État possédait une majorité suffisante pour modifier la Constitution. Toutefois avec 49,3 % des suffrages, l’AKP a défié les pronostics en écrasant ses rivaux. Certes aidé en cela par une opportune fermeture des médias d’opposition du pays à deux jours des élections.

Les Kurdes, grands perdants du scrutin

Qui sont les perdants ? La démocratie ? Peut-être. Le parti kurde ? Certainement. Avec l’obtention de 59 sièges, le parti kurde HDP en perd 21 et a tout juste passé la barre des 10%, condition sine qua non pour siéger à l’Assemblée (550 sièges). Toutefois, il semblerait que le regain de violences entre le PKK et le gouvernement n’ait incité une partie de la population kurde à voter en faveur d’Erdogan pour calmer la situation. Le co-président du parti kurde HDP, Selahattin Demirtas a eu beau dénoncé une élection « ni équitable, ni juste », Erdogan est maintenu.

Un désir de stabilité, sagesse ou utopie ?

L’électorat turc a fait son choix, un président aux aspirations tyranniques et aux pratiques démocratiques douteuses est préférable à un changement de majorité, qui sera synonyme de troubles et d’insécurité. Ce qui n’est pas sans rappeler cette phrase historique, prononcée à l’aube du plus grand conflit mondial : « Ils avaient le choix entre le déshonneur et la guerre, ils ont choisi le déshonneur ». Cette phrase de Churchill est pratique car intemporelle ; la Turquie va pouvoir continuer à vivre en menant sa politique de double-jeu permanent, en oubliant la fin de la citation car « ils ont choisi le déshonneur et ils auront la guerre ».