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La Turquie en pleine dérive autoritaire se mure dans le silence

© ADEM ALTAN / AFP PHOTO
Recep Tayyip Erdogan.
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Le chef de l’État turc a franchi un nouveau pas dans la censure en faisant fermer les deux chaînes de télévisions d’opposition. À quelques jours des législatives, la parole de l’opposition est muselée.

Chronologie des événements

7 juin 2015 : le parti de Recep Tayyip Erdoğan, le Président de la Répulique de Turquie, perd la majorité absolue au Parlement.

7-8 septembre 2015 : les sièges de la chaîne ATV, organe privé d’information, et de deux journaux turcs sont attaqués par des militants pro-Erdogan aux cris de « Allah Akhbar ». Cette nuit verra aussi de nombreux bâtiments kurdes attaqués.

27 octobre 2015 : la société Koza-Ipek, maison-mère de la holding des chaînes Bugün TV et Kanaltürk connues pour leur opposition au gouvernement Erdogan, est placée sous administration judiciaire car elle est suspectée d’agir pour le compte de l’imam Gulen, un ancien allié du président devenu son opposant. L’imam Gulen est aujourd’hui réfugié aux États-Unis pour échapper aux condamnations à l’emprisonnement « pour organisation et direction d’un mouvement terroriste et divulgation de secrets d’états à des fins d’espionnage politique ».

28 octobre 2015 : la police turque donne l’assaut des deux chaînes de la télévision turque (Bugun TV et Kanalturk).

1er novembre 2015 : élections législatives en Turquie.

« Un jour noir pour la presse »

En 2014, on recensait environ 68 000 sites Internet censurés par le gouvernement. Aujourd’hui, la « répression Erdogan » franchit un nouveau palier. La presse nationale turque a unanimement condamné une opération d’intimidation et de musèlement de la liberté d’expression.

Ces événements interviennent alors que les élections législatives approchent et que beaucoup y voient comme l’aboutissement du coup de tonnerre de juin dernier : le pouvoir d’Erdogan vacille et commence à faire l’unanimité contre lui.

L’écrivain turc Nedim Gürsel l’avait d’ailleurs dénoncé dans les colonnes du Monde comme un despote. Il s’était d’ailleurs illustré lorsque le rédacteur en chef du quotidien Cumhuriyet avait publié des preuves relatives à l’envoi d’un armement considérable aux organisateurs islamistes en Syrie.

Soupçonné d’être un allié objectif de Daesh motivé par son opposition aux Kurdes, Recep Tayip Erdogan semble aujourd’hui aux abois et la main de fer qu’il brandit sonne comme un aveu d’impuissance face à ses opposants.