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Compassion sans Vérité n’est que ruine de l’âme

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Mise au point sur l’histoire de cet enfant qui a partagé l’hostie de sa première communion avec son père, divorcé et remarié.

Le problème est délicat et le fait qu’un enfant, image de l’innocence, soit concerné le complique encore. L’épisode a ému des millions de personnes : un enfant de parents divorcés, après avoir reçu pour la première fois l’Eucharistie, a divisé l’hostie en deux pour l’offrir à son père remarié afin que celui-ci puisse communier.

Il est facile dans de se laisser aller aux bons sentiments et de se laisser attendrir par l’enfant et son pieux désir, mais au-delà de la pleine et de la sincère compassion que suscite cet évènement, il est normal de se poser des questions.

Nous avons eu la joie de préparer des enfants au sacrement de la Communion et ils étaient nombreux à ne pas provenir de foyers traditionnels. La première question qui surgit face à ce fait est simple : qui a préparé (et comment) cet enfant au sacrement ? Car le véritable abus n’est pas le fait que le communiant ait offert l’hostie à son père divorcé et remarié, un concept difficile pour un enfant, mais plutôt que l’enfant se soit permis de donner la communion (comme un ministre extraordinaire de l’Eucharistie) à une personne qui, très probablement, n’était pas préparée comme il se doit, par la confession, à la recevoir. Une personne qui s’est retrouvée à communier sans s’y attendre.

Le problème de la communion aux divorcés/séparés ne peut être envisagé sur la base des sentimentalismes ou d’une pitié générale, en particulier parce que derrière le mot « divorcés » se cachent des situations diamétralement opposées entre elles. Et si tous les divorcés enregistrent une séparation avec le sacrement du mariage qu’ils ont reçu, il reste vrai que tous les sacrements administrés ne sont pas forcément valables. Si bien que l’Église ne permet pas le divorce mais atteste de la nullité du sacrement.

De plus, le geste de l’enfant soulève d’autres questions, comme la libéralité avec laquelle les fidèles aujourd’hui peuvent traiter l’Eucharistie, ou la préparation à la réception du sacrement.

Je ne pense pas que l’affirmation de saint Jean Paul II, il y a dix ans seulement, ne soit plus valable dans Ecclesiae de Eucharistia : « L’Apôtre lui-même rappelle à ce devoir (de se confesser) avec l’admonition : ‘Que chacun donc s’éprouve soi-même, et qu’ainsi il mange du pain et boive de la coupe’ (1 Cor 11,28) ».*

Saint Jean Chrysostome, avec la force de son éloquence, exhortait les fidèles : « Moi aussi, j’élève la voix, je supplie, je prie et je vous supplie de ne pas vous approcher de cette table sainte avec une conscience souillée et corrompue. Une telle attitude en effet ne s’appellera jamais communion, même si nous recevions mille fois le corps du Seigneur, mais plutôt condamnation, tourment et accroissement des châtiments ».

De la même façon, le Catéchisme de l’Église catholique (n. 1385) affirme : « Celui qui est conscient d’avoir commis un péché grave doit recevoir le sacrement de la réconciliation avant d’accéder à la communion ».

Donc émotion ou sympathie pour l’enfant, sentiments que je partage du plus profond de mon âme, mais la vérité doit rester ferme : pour une digne réception de l’Eucharistie « si quelqu’un est conscient d’être en état de péché mortel, il doit, auparavant, confesser ses péchés » (Ecclesia de Eucharistia 36).

On ne peut enseigner à aucun enfant à distribuer l’Eucharistie comme il le souhaite, indûment, car ce n’est pas le pauvre enfant agissant selon ses justes sentiments qui est à blâmer, mais celui qui l’a préparé aux sacrements et ceux qui, ayant assisté au geste, ne sont pas intervenus.

* « On doit donc s’examiner soi-même avant de manger de ce pain et de boire à cette coupe. Celui qui mange et qui boit, mange et boit son propre jugement s’il ne discerne pas le corps du Seigneur. »