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"Les parents seuls méritent mieux que le service pastoral minimum"

parents célibataires single parent mother

Katrina Fernandez - Publié le 21/10/15

Lettre ouverte d’une mère célibataire aux pères synodaux.

Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus et saint Jean Paul II ont eux-mêmes été élevés dans des familles monoparentales…

Cela peut paraître idiot, mais je ne cesse de parcourir la presse et les médias à la recherche de deux petits mots. Deux petits mots lourds de sens : familles monoparentales.

Pourtant, les discussions dans le cadre du synode sur la famille portent sur tous les autres types de parents – divorcés et remariés, couples de même sexe, époux protestants voulant communier, et même des membres d’organisations non catholiques. On y parle de toutes sortes de combinaisons… mais pas des parents seuls. Et cela m’attriste chaque fois un peu plus de le constater.

Pourquoi ? Pourquoi un groupe aussi nombreux est-il constamment sous-représenté et ignoré ?

Un jeune Américain sur quatre grandit dans un foyer monoparental. C’est énorme. Ces enfants et leurs parents, dont la vie est compliquée, méritent d’être entendus dans ce synode. Alors, pourquoi ne le sommes-nous pas ?

Nous sommes toujours absents des grands débats de l’Église. Est-ce parce que nous ne comptons pas vraiment aux yeux de nos évêques ? Ou parce qu’ils ne savent pas quoi faire de nous ?

L’an dernier, lors du synode extraordinaire, les familles monoparentales ont bénéficié d’une seule et unique phrase dans le document final, une vague promesse « d’attention spéciale », sans aucune autre précision.

Or cette année, pour autant que j’aie pu le constater, les pères synodaux n’ont absolument pas évoqué le sujet. Vous parlez d’une « attention spéciale » ! Elle me laisse un goût amer.

Un des quatre thèmes de ce synode ordinaire est « Familles éclatées ». Or, le fait d’ignorer le cas des familles monoparentales et de se concentrer exclusivement sur les divorcés-remariés empêche d’avancer.

Les parents seuls ont tout autant besoin d’accompagnement spirituel, si ce n’est plus, que les autres, car ils portent seuls la charge familiale.

Que peut faire l’Église ? Tout d’abord, sur le plan pastoral, les paroisses devraient nous proposer des conseils et un accompagnement spirituel, car nous sommes responsables de notre propre bien-être spirituel, mais aussi de celui de nos enfants, ainsi que de leur éducation, une responsabilité que nous assumons seuls. Or, des parents épuisés, spirituellement affamés, ne peuvent pas aider leurs enfants à s’épanouir dans la foi.

Deuxièmement, une simple reconnaissance compterait déjà pour beaucoup. Le catholicisme s’est aussi construit avec les familles monoparentales. Ainsi, Louis Martin, récemment canonisé, a élevé seul sainte Thérèse de Lisieux et ses sœurs après le décès de sa femme ; le pape saint Jean Paul II a perdu sa mère alors qu’il n’avait que 8 ans. Sainte Elizabeth Ann Seton et sainte Edith Stein ont toutes deux été élevées par des parents seuls.

Ces saints ont été élevés dans des familles non-traditionnelles, monoparentales – que certains considèrent comme inférieures. C’est une source d’espoir pour les parents seuls, comme moi.

C’est que nous essayons d’élever de futurs saints, comme tout le monde. Un tout petit peu d’aide et d’attention nous aideraient à continuer à nous battre.

Un jour, dans son homélie, un prêtre parlait de sa propre enfance, des difficultés rencontrées par sa mère, car son père les avait abandonnés. Je me suis dit : « Enfin, quelqu’un qui sait ». Cela l’avait rendu fort, lui avait donné la vocation de devenir prêtre.

C’est de cela, chers pères synodaux, dont nous avons besoin : d’empathie, de gentillesse, d’encouragements, et surtout d’espoir.

Enfin, il faut dialoguer. Vous avez laissé passer l’occasion l’an dernier. Mais il est encore temps. Il y a des parents seuls dans toutes les paroisses et ils souffrent de cette indifférence. Demandez-leur comment l’Église peut les aider.

Katrina Fernandez élève seule son fils, enfant de chœur et scout. Elle collabore au Crescat.

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