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Confession et communion : le bâton et la carotte ?

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La discipline des sacrements n’est pas une punition mais un chemin de guérison.

En ces temps de synode, la problématique de l’exclusion de la communion plane sur la conscience catholique. La question étant bien trop sérieuse pour prendre le risque d’une récupération politique, apportons quelques éclaircissements salutaires et parlons de spiritualité de l’exclusion et de réciprocité du sacrement de la réconciliation.

Pour de nombreux catholiques, une telle exclusion est perçue comme une sanction disciplinaire, et la confession est vécue comme une punition et une humiliation.

Mais ce faisant, on omet la centralité du Christ et de la crucifixion. Le sacrifice du Christ établit une nouvelle relation entre Dieu et l’humanité. La réciprocité, la compassion, la guérison et la communion deviennent alors le nouveau paradigme de lecture de la loi de Dieu.

Pour véritablement comprendre ce qui entre en jeu lorsqu’une personne ne peut recevoir la communion, ou lorsque nous sommes appelés à nous réconcilier, il faut envisager ces pratiques non pas comme des mécanismes de discipline, mais de compassion. Le sacrement de la réconciliation doit être vu comme une pratique réciproque entre pénitent et confesseur.

À cet égard, l’une des grandes évolutions de l’Église a été de passer d’un modèle de cléricalisme et de patriarchie, fait de pénitence, à un modèle de réconciliation.

L’adoption du terme même de « réconciliation » met en lumière cette réciprocité. Dès lors, le sacrement va au-delà de l’absolution, et permet aux autorités de l’Église d’être en contact avec les souffrances et les difficultés des laïcs, d’apprendre la pratique de la compassion. De fait, le catéchisme nous enseigne que ce sacrement a une double dimension : l’accueil du pardon de Dieu, et la réconciliation avec l’Église.

À travers l’histoire de l’Église, la confession a doté les autorités de l’Église d’une connaissance approfondie sur les faiblesses de l’homme mais aussi sur les besoins des fidèles. Indubitablement, nombreux sont les grands prêtres et théologiens qui ont puisé dans leur expérience du confessionnal l’inspiration pour façonner leur théologie, à commencer par Jean Paul II. Dans les documents pastoraux de l’Église, les évêques sont souvent confrontés aux problèmes rencontrés par des pénitents aux prises avec certains volets des enseignements de l’Église. C’est exactement là que la hiérarchie est exposée aux réalités de la souffrance humaine, et que la pratique de la compassion est affinée.

Le ton extrêmement grave qui entoure le débat sur la communion est un signe du manque de communication entre les laïcs et la hiérarchie, qui a été précipité par l’abandon généralisé du sacrement de la confession. On l’expliquera par la dureté cléricale d’une part, et la méfiance des laïcs d’autre part. Pour remédier à ce problème, il est donc tout à fait opportun d’avoir recours au processus nécessaire à toute réconciliation en déposant les armes des deux côtés.

Si l’on envisage la réconciliation comme un effort mutuel, on peut alors interpréter l’exclusion de la communion comme faisant partie d’une dynamique à deux sens, par opposition à une punition unilatérale qui aurait été infligée par la hiérarchie à l’encontre les laïcs. Pour faire simple, nous ne faisons pas que recevoir la communion, nous y participons. L’impossibilité d’accepter tel ou tel volet de l’enseignement ou de la discipline de l’Église est une souffrance pour celui qui ne communie pas, mais aussi pour l’Église. Le simple acte de venir semaine après semaine, les bras croisés, pour recevoir une bénédiction est une façon de rappeler au prêtre qu’un problème subsiste. Ce n’est pas seulement un acte d’exclusion, c’est aussi un appel à un meilleur accompagnement pastoral.