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De la drogue dure à la robe de bure

© AFP PHOTO / ANDREAS SOLARO
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Daniele Maria Piras, 32 ans, est un frère franciscain en formation originaire de Sardaigne. Retour sur le parcours atypique d’un jeune dont la vie fut marquée par la douleur et la perte de repères.

« Il y a toujours eu de grandes difficultés relationnelles dans ma famille, plus particulièrement entre mon père et ma mère à cause de problèmes financiers. Pour échapper à ces moments difficiles à la maison, j’ai commencé à avoir de “mauvaises fréquentations”. Je me suis mis à boire, à me droguer. C’était aussi une façon d’anesthésier cette douleur que je portais dans mon cœur », raconte Daniele.

À 16 ans, il devient toxicomane. « Sept années durant, j’ai été esclave de cette dépendance. Je savais que c’était mal, mais j’étais pris dans un cercle vicieux. J’étais très faible, et lorsque j’ai voulu en sortir il était déjà trop tard. J’ai consulté des psychologues, pris des médicaments, en vain », poursuit-il.

L’exemple de la foi de sa mère face aux épreuves

C’est grâce à sa mère que la paix revient dans le foyer de Daniele. « Après plusieurs années d’éloignement, elle est revenue à l’Église, justement à cause de cette douloureuse relation qu’elle vivait avec mon père. Cette relation était sa croix, et cette croix portait un nom, celui de mon père, Carlo, qui était dans une passe très difficile après avoir perdu son emploi. »

Daniele raconte comment sa mère a trouvé la consolation dans un groupe d’amies qui priaient le Rosaire ensemble. « Marie l’a reconduite vers son Fils : dans la prière, dans la Parole des sacrements. Elle y a puisé la force dont elle avait besoin pour faire face à cette situation de douleur, et décidé d’être aux côtés de mon père, et de l’aimer tel qu’il était. Ainsi, celui qui a vaincu la mort a apporté le salut à notre famille. »

Un témoignage de foi qui très rapidement sert d’exemple à la sœur de Daniele, Chiara Redenta, qui ressent l’appel de Jésus et rentre chez les Sœurs clarisses en 2005. « À ce moment, mon expérience de mort, ainsi que les témoignages de ma mère et de ma sœur, m’ont mené à demander de l’aide, et à invoquer le nom du Seigneur Jésus », ajoute-t-il.

Le Seigneur « les délivre des ténèbres mortelles »

C’est en 2006 qu’il se convertit lorsque sa mère l’invite à participer à la fête du Christ Roi de l’Univers. « La Parole qui a servi de fil conducteur à cette fête était le Psaume 106 : ‘Il les délivre des ténèbres mortelles, il fait tomber leurs chaînes’. Un prêtre franciscain fit une catéchèse, j’avais l’impression qu’il racontait ma propre vie. Il expliquait comment le mal, en se cachant derrière un vernis de bonheur, cherche à détruire notre corps, qui est le temple de l’Esprit Saint, la demeure de Dieu. »

Le jeune décide de parler au prêtre franciscain de son addiction, et lui demande son aide. « Il m’a invité à demander à Jésus d’intervenir, m’a béni, et je suis revenu à ma place. Puis un prêtre est passé avec l’Eucharistie au milieu de 600 personnes. C’est Jésus qui passait à mes côtés, avant de revenir à l’autel. J’ai ressenti en moi le désir de le toucher. Ce que j’ai fait, avant de revenir à ma place. »

Moins de deux années après cette expérience, le 29 septembre 2008, le jeune Daniel rentre au postulat des Frères mineurs. « La souffrance de notre famille s’est avérée un apprentissage : accueillie dans la foi, elle prépare nos cœurs à l’accueil du Mystère. Seul Lui dit : ‘Je suis venu pour qu’ils aient la vie et qu’ils l’aient en abondance' », déclare le jeune franciscain.

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