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Reportage. Maaloula la martyre panse ses plaies

© Arthur Herlin pour Aleteia
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Un an après sa libération, la ville où l'on parle communément l'araméen, la langue du Christ, laisse encore entrevoir les séquelles d'un conflit meurtrier.

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Destination Maaloula. Seulement quelques kilomètres nous séparent maintenant de la ville sacrée. Au bord de l’autoroute, d’énormes bases de fortune sont sorties de terre, prêtes à arrêter les offensives de l’organisation État islamique. Les bulldozers de l’armée syrienne ont élevé en quelques heures des remparts de terre en guise de camp fortifié pour camoufler et défendre des sentinelles lourdement armées. Notre véhicule zigzague entre les remblais qui empiètent sur la route pour finalement atteindre l’entrée de la ville chrétienne. La cité sainte est nichée dans les falaises au sud-ouest de la Syrie, à deux heures de route de Damas, la capitale de la Syrie.

En 2013, Maaloula est tombée à deux reprises aux mains des combattants du Front al-Nosra. La majorité des habitants avait dû quitter les lieux. Parmi ceux qui n’ont pas eu le cœur de quitter leur foyer, cinq chrétiens ont payé de leur vie le refus de se convertir à l’islam. Un enfant témoigne de la fureur qui habitait les terroristes lors de l’attaque : « J’étais plus effrayé par leurs cris que par les rafales de Kalachnikovs. Je tremblais de terreur à chaque fois qu’un djihadiste criait de toute ses forces Allahu Akbar« . La ville était libérée trois mois plus tard après d’intenses combats ayant coûté la vie à 200 soldats de l’armée syrienne. Aujourd’hui, les rues sont sûres mais présentent encore les stigmates du passage des terroristes.

Tout ou presque ici a été profané

En premier lieu, le monastère orthodoxe de Sainte-Thècle qui domine Maaloula depuis le IVe siècle. C’est en effet dans ces falaises que sainte Thècle acheva sa vie après avoir ouvert la montagne en deux pour fuir ses ravisseurs au premier siècle après Jésus-Christ. Depuis le seuil de l’édifice, il est déjà possible d’évaluer l’ampleur de la violence subie par le sanctuaire. L’ancienne porte d’entrée en fer repose contre le mur, à moitié calcinée, percée ça et là par des balles de Kalachnikov. Nos pas nous entraînent jusqu’à l’ancienne bibliothèque qui abritait il y a quelques temps encore des manuscrits très anciens… Pas un n’a survécu à l’incendie provoqué par les terroristes. Empruntant une rampe, nous débouchons sur la terrasse où se dresse la vaste chapelle. Des crucifix provisoires trônent sur le dôme et le clocher, ceux d’origines ont été littéralement arrachés par les fanatiques du Front al-Nosra dès leur arrivée.

Le prêtre responsable des lieux nous invite à entrer dans la nef de cette chapelle étroite. Le spectacle de désolation vous tire les larmes des yeux. Les mosaïques récentes ont subi les mêmes outrages que les fresques plus anciennes. Les terroristes n’ont pas fait le tri et l’ensemble a été incendié. Tout ici a été profané : les statues sont détruites, les icônes qui recouvrent les murs lacérées, les yeux des saints crevés. Les auteurs de cette sauvagerie ont pris le temps de signer leur crime d’un graffiti près de l’autel : Allahu Akbar. Le Christ peint à fresque sous la coupole épargnée du dôme semble imperturbable aux insultes et aux profanations. Son doux regard porte en lui l’espérance de tout son peuple blessé.

 

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