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Le chagrin « brise les cœurs » et peut vraiment tuer !

© VGstockstudio - shutterstock

Isabelle Cousturié - publié le 30/09/15

Une étude internationale lève le voile sur le syndrome du "cœur brisé", presque aussi mortel qu’une crise cardiaque et qui touche surtout les femmes.

Ce n’est plus une image… Le chagrin peut réellement briser les cœurs. Il provoque même un syndrome que les scientifiques appellent tout simplement « le syndrome du cœur brisé » et qui tue tout autant que l’infarctus. Ce phénomène frappe surtout les femmes après 50 ans, selon une dernière étude internationale, publiée ce mois-ci dans The New England of Journal Medicine.

Une nouvelle découverte

L’étude est issue d’une collaboration entre 26 chercheurs de neuf pays qui ont analysé les données de 1 750 patients entre 1998 et 2014. Selon les résultats obtenus, dans sa phase aiguë, les symptômes du « cœur brisé » – ou « cardiomyopathie de stress », son nom scientifique – ressemblent à ceux d’un infarctus du myocarde qui se manifeste par des douleurs thoraciques (dans presque tous les cas), des difficultés respiratoires (dans quasi 50% des cas) et un évanouissement (plus rarement).

Parmi les causes : des situations de stress émotionnel comme la perte d’un être cher, un conflit familial ou professionnel. Les Japonais lui ont donné le surnom de Takotsubo (signifiant « piège à pieuvre »), dû à l’aspect du ventricule gauche – un vase au cou allongé et un corps gonflé – lorsque le cœur est atteint.

Un syndrome mortel sous-diagnostiqué

Les scientifiques ignorent pourquoi les femmes sont plus atteintes que les hommes, mais ce qui est désormais certain pour eux, c’est que le taux de mortalité de ce syndrome (3,7%) est presque aussi élevé que celui des crises cardiaques (5,3%), contrairement à ce qu’ils croyaient jusqu’à présent. Si bien que les spécialistes comptent sur leurs travaux pour que les médecins ne sous-estiment pas la gravité de cette maladie, et suivent de plus près les patients, leur évitant ainsi d’éventuelles complications ou rechutes.

Dans un communiqué, rapporté par Science et Avenir, Christian Templin, le responsable de l’étude, précise que l’électrocardiogramme ne suffit pas à différencier infarctus et syndrome du « cœur brisé ». Une angiographie coronaire ou une IRM sont indispensables. Selon l’étude, plus de la moitié des patients atteints par ce syndrome ont des antécédents ou un contexte d’atteinte neurologique ou psychiatrique (épilepsie, traumatisme crânien ou accident vasculaire cérébral), contre un peu moins de 30% chez ceux avec un infarctus du myocarde. Il y a donc un risque réel de sous-diagnostic de la part des médecins. Pour le traitement, tout reste à découvrir !

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