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De l’exorcisme au Vatican ?

Extrait du film "L'exorcisme d'Emily Rose" © Lakeshore Ent Corp / The Kobal Collection / AFP
Exorcism Of Emily Rose, The (2005)L'Exorcisme d'Emily RosePers: Jennifer CarpenterDir: Scott DerricksonRef: EXO024ACPhoto Credit: [ Lakeshore Ent Corp / The Kobal Collection ]Editorial use only related to cinema, television and personalities. Not for cover use, advertising or fictional works without specific prior agreement
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Les histoires effrayantes d'exorcismes que l'ont voit dans les films ont-elles un semblant de vérité ?

Les dossiers secrets du Vatican et The Vatican Exorcisms sont de très mauvais films ! Alors que le premier – au générique de renom et dont certains critiques ont dit, à juste titre, qu’ « il offre peu d’exorcisme, zéro Vatican et aucune terreur » – est encore diffusé dans certaines salles, le deuxième n’est proposé qu’en location.

Le cinéaste Marino réalise dans ce dernier un pseudo documentaire sur l’exorcisme et la présence du démon en Italie. « Messes noires, rituels païens, vérités étranges sur les secrets du Vatican. Un lieu où sacré et profane se sont toujours côtoyés. Pas de scènes coupées, pas d’effets spéciaux, seule existe la vérité sur le diable ». Ce type de film cherche à discréditer le Vatican, avec l’histoire d’une jeune fille qui disparaît alors qu’elle y organisait des orgies sexuelles. Il s’agit de conquérir le public par la polémique ainsi créée et non par du contenu, vrai ou faux.

Un seul but : dénigrer l’Église

Nous avons déjà longuement traité des films d’exorcisme. Ce qui mérite aujourd’hui d’être mis en avant, c’est le rituel même qui, dans les deux films, est bien en deçà de ce que les livres ont envisagé. On peut comprendre que, s’agissant de films, il y ait une part de fiction. Il n’en reste pas moins que ce sont des films qui traitent l’Église de façon erronée, dans la mesure où ils cherchent là encore à dénigrer son image.

Pour père Ricardo, les « films d’horreur » inculquent une peur sans substance : dans la réalité, pas de zombis, peu de tueurs en série, pas de démons hantant les rues pour nous posséder. Ajoutant : « Qui ne croit pas en l’existence du démon a du mal à saisir la signification réelle du Christ libérateur ». Renvoyons au point 1673 du Catéchisme de l’Église catholique*, au canon 1172 du Droit canonique**, et au point 273 du Youcat***.

Les pouvoirs paranormaux présumés des personnes possédées

Bien que tout cela soit très clair pour nous, il semble qu’il n’en aille pas de même pour l’industrie cinématographique. Elle joue trop avec ce qu’elle ne connaît pas, ne pouvant que spéculer. Elle invente des scènes et des rituels inexistants dans les livres d’exorcisme antérieurs au Concile Vatican II et encore moins dans ceux qui ont suivi. De surcroît, elle fantasme sur certains pouvoirs paranormaux que détiendraient les personnes possédées.

Le cinéma élève infantilement ce mal, qui est spirituel, au niveau d’une maladie physique. Pour parler du Malin, il faut croire en son existence. Un athée n’est pas capable de comprendre ce qui se passe dans la vie de ceux possédés par le Malin. Il suffit de voir ce qu’ont diffusé les médias sur l’imposition des mains par François le 21 mai 2013, place Saint-Pierre.

Des films qui connaissent un échec cuisant

Si ce que recherchent ces films est l’argent, leur échec montre clairement combien ils manquent de référentiels religieux suffisants pour parler de ce qui est si cher à notre foi : le salut des âmes. Ce n’est pas pour rien que, dès le sacrement du baptême, a lieu le premier exorcisme dans la vie d’un chrétien, par la profession de foi et le renoncement au Malin, « à l’origine du péché ».

Même si les bandes annonce sont très bien faites, elles ne justifient pas qu’on perde notre temps à en présenter les fiches techniques. Nous en laissons le soin, et le risque, au lecteur.

Le Diable existe et il est parmi nous ! Pour l’Église, ce n’est pas un « tabou » que de parler d’exorcismes. Il ne faut pas toucher à ce qu’on ne connaît pas ! Croyons-y et nous n’aurons nul besoin d’alimenter notre imagination avec des films comme ceux-là, qui ne valent pas la peine qu’on leur consacre un seul centime.

* Quand l’Église demande publiquement et avec autorité, au nom de Jésus-Christ, qu’une personne ou un objet soit protégé contre l’emprise du Malin et soustrait à son empire, on parle d’exorcisme. Jésus l’a pratiqué, c’est de lui que l’Église tient le pouvoir et la charge d’exorciser. Sous une forme simple, l’exorcisme est pratiqué lors de la célébration du Baptême. L’exorcisme solennel, appelé  » grand exorcisme « , ne peut être pratiqué que par un prêtre et avec la permission de l’évêque. Il faut y procéder avec prudence, en observant strictement les règles établies par l’Église. L’exorcisme vise à expulser les démons ou à libérer de l’emprise démoniaque et cela par l’autorité spirituelle que Jésus a confié à son Église. Très différent est le cas des maladies, surtout psychiques, dont le soin relève de la science médicale. Il est important, donc, de s’assurer, avant de célébrer l’exorcisme, qu’il s’agit d’une présence du Malin, et non pas d’une maladie.

** Personne ne peut légitimement prononcer des exorcismes sur les possédés, à moins d’avoir obtenu de l’Ordinaire du lieu une permission particulière et expresse. Cette permission ne sera accordée par l’Ordinaire du lieu qu’à un prêtre pieux, éclairé, prudent et de vie intègre.   

*** Ce qui est présenté comme de l’ « exorcisme » dans les films de Hollywood ne correspond en général pas à la vérité de Jésus et de l’Église (…). Ce dont il est question, dans l’exorcisme, c’est de se défendre face à la tentation et à l’oppression, et se libérer du pouvoir du mal.

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