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À Cuba, la censure et le mensonge d’État règnent toujours en maîtres

A Cuban dissident is prevented by security personnel from approaching the popemobile as Pope Francis arrives at Revolution Square in Havana on September 20, 2015. Pope Francis greeted massive crowds of fans and Catholic faithful Sunday as he arrived in his popemobile to give mass on Havana's iconic Revolution Square, the highlight of his trip to Cuba. The pontiff's eight-day tour will also take him to the United States. AFP PHOTO / JORGE BELTRAN
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Les autorités répondent aux revendications de liberté par l’arrestation de dissidents et « retirent » les sans-abris des rues.

« L’autre Cuba » n’a décidément pas son mot à dire dans le paysage politique cubain, et ce même dans le contexte de la visite du pape François. Les événements ayant précédé la célébration eucharistique du 20 septembre, organisée place de la Révolution, en sont l’illustration éclatante. Ils s’inscrivent dans la stratégie sécuritaire à l’encontre de l’opposition, visant à censurer les médias lors du séjour du Saint-Père sur l’île.

Une politique de « nettoyage social, politique et religieux »

Avant la messe, plusieurs militants se donnent rendez-vous rue 20 de Mayo, où sont postées diverses patrouilles de police. Les cris de « Libertad, libertad » commencent à retentir, et les militants distribuent des tracts pour revendiquer leurs droits civils, ainsi qu’une « véritable ouverture démocratique de Cuba ». Ils sont alors battus et arrêtés par la police, comme cela est relaté dans le Diario de Cuba, un journal dissident. Or, quelques heures auparavant, les autorités avaient bloqué les réseaux mobiles, empêchant ainsi tout échange au sein de l’opposition. Mais d’autres incidents ont précédé la visite papale…

Différents journalistes indépendants ont fait part d’une politique de « nettoyage social, politique et religieux ». Il s’agissait de débarrasser les rues des sans-abris, le pape François étant connu pour son empathie envers les plus nécessiteux.

« Les visites d’établissements pénitentiaires seraient également proscrites ; et quiconque assisterait à la messe serait strictement contrôlé par les fidèles, chargés de transmettre leurs données personnelles ensuite », ont déclaré plusieurs journalistes à la chaîne CNN en Español.

Si le régime a annoncé la libération de 3 522 détenus au cours du week-end, il a aussi arrêté et menacé 17 « Femmes en blanc » dans plusieurs villes. Berta Soler, qui dirige ce mouvement, a elle-même été visée : « Ils m’ont arrêtée aux côtés de Moya, le DES (Département de la sécurité d’État, ndlr) nous empêche d’assister à la Nonciature apostolique », a-t-elle déclarée sur son compte Twitter @bertasoler. Elle dénonce ces détentions visant à « éviter » que les opposants assistent aux messes prévues avec le Saint-Père. Antonio Rodriles, directeur du groupe d’opposition Estado de SATS, lui a fait écho, ajoutant que Leticia Ramos avait informé sa famille qu’elle était « enfermée dans une pièce pleine de cafards ».

Comme Mme Soler, M. Rodriles a souligné que ces arrestations ont pour but « d’intimider les défenseurs des droits de l’homme à la veille de la visite ».

Détention des militants de l’Union patriotique cubaine (UNPACU)

Mais les « Femmes en blanc » ne sont pas les seules visées. José Daniel Ferrer, leader de l’UNPACU, a dénoncé la détention arbitraire de deux opposants à La Havane : Alberto Valle et Walter Reinosa. L’UNPACU a confirmé que les sans-abris ont été « retirés » des rues pour être placés dans des centres jusqu’au départ du Saint-Père et des journalistes étrangers.

Selon M. Ferrer, Zaqueo Vázquez, qui milite également à l’UNPACU, a été harcelé chez lui par des policiers qui ont tenté de l’interpeller lui et sa femme, María Josefa Acón, membre des « Femmes en blanc ».

D’autres militants du parti d’opposition CID auraient aussi été arrêtés à Arroyo Naranjo, lieu de l’interpellation de Roberto Ferrer. M. Ferrer a précisé que Santiago de Cuba et Holguín ne sont pas en reste en matière de surveillance et de mobilisation d’effectifs du ministère de l’Intérieur, « prêts à agir contre des militants pacifistes défenseurs des droits de l’homme ». C’est exactement ce qui s’est produit ce dimanche aux abords de la place de la Révolution.

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