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Damas : L’Occident en passe d’amorcer un virage diplomatique

© SANA / AFP
A handout picture released by the Syrian Arab News Agency (SANA) on January 15, 2015 shows Syrian President Bashar al-Assad giving an interview to the Eterarna Novina Czech newspaper in Damascus. Coalition strikes against the Islamic State group are having no impact, Assad said in an interview, as members of the US-led offensive claimed to be winning. AFP PHOTO/HO/SANA
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Bachar el-Assad pourrait-il devenir le nouvel ami de l’Occident ?

Les médias et les experts condamnent le président syrien sans relâche depuis quatre ans, présenté comme l’ennemi public numéro 1 du monde civilisé doublé d’un bourreau sanguinaire.

Las, le régime de Damas, affaibli par la guerre et les sanctions économiques, ne pouvait compter que sur ses alliés russes et iraniens qui voyaient d’un œil sombre le sunnisme expansionniste et belliqueux de Daesh encouragé par les pétromonarchies du Golfe.

Les Britanniques eux-mêmes revoient leur copie

Néanmoins, l’année 2015, marquée par un exode des populations du Moyen-Orient vers l’Ouest et un regain de violence vis-à-vis des minorités, est en train de provoquer un virage diplomatique total et certains pays commencent à réclamer la reprise des dialogues avec Damas.

Ainsi, l’Espagne, par le biais de son ministre des Affaires étrangères José-Manuel Garcia-Margallo, a appelé le 8 septembre dernier à renouer le dialogue avec Damas, rejoint par son homologue autrichien qui a affirmé le même jour que « le président syrien et ses alliés, l’Iran et la Russie devaient être associés à la lutte contre l’État islamique ». Invitation tardive semble-t-il puisque la présence de forces terrestres russes auprès de l’armée syrienne est aujourd’hui avérée.

Plus récemment encore, le 9 septembre, le secrétaire du Foreign Office (l’équivalent du ministre des Affaires étrangères britannique), Philip Hammond, a déclaré que le Royaume-Uni pourrait accepter que Bachar el-Assad « reste au pouvoir pour une période de transition si cela pouvait contribuer à résoudre le conflit ». Une avancée majeure si l’on considère l’extrême fermeté avec laquelle la diplomatie britannique s’opposait jusqu’alors au régime de Damas.

Le Quai d’Orsay embarrassé dans le ni-ni

Laurent Fabius le dit et le répète comme un slogan : « Ni Daech ni Bachar el-Assad ». Une position qui est fortement combattue par l’opposition, notamment Jean-Pierre Raffarin, ancien Premier ministre sous Jacques Chirac, invité sur RTL le 6 septembre dernier : « On ne peut pas rester sur le ni-ni. On ne peut pas rester dans cette situation. Il faut hiérarchiser les priorités. Cela ne veut pas dire que l’on va être l’allié de l’un et l’ennemi de l’autre. On ne peut pas les mettre toujours sur le même plan ». Le sénateur de la Vienne a par ailleurs exhorté la France à renouer avec son indépendance diplomatique.

L’appel à la coalition internationale

Contacté par la rédaction, Charles Million, ancien ministre de la Défense, appelle la France à réclamer une coalition autour de la Syrie, coalition qui verrait les nations du Moyen-Orient comme l’Égypte et la Jordanie intervenir militairement. Les nations occidentales n’assureraient que le soutien aérien, logistique et financier.

Concernant le dictateur syrien, il affirme que « la chute de Kadhafi et le chaos lybien qui en a résulté ont fait tomber les illusions. Bachar el-Assad est un dictateur aussi sanglant que son père Hafez mais il a toujours protégé les minorités. Aussi, il faut hiérarchiser nos adversaires : aujourd’hui l’ennemi c’est Daesh ».