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Vincent Lambert : sa vie de nouveau entre les mains de la justice

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Trois rebondissements judiciaires dans le tragique feuilleton de l’affaire Lambert, ce patient de 38 ans en état « pauci relationnel » depuis un accident de la route en 2008.

Nouvelle menace sur la vie de Vincent Lambert. Du côté des membres de sa famille qui souhaitent sa mort, son neveu, François Lambert, a déclaré le 9 septembre à l’AFP qu’il avait « saisi la justice administrative pour enjoindre le CHU de Reims d’arrêter les soins du patient en état végétatif et de le laisser mourir ». « Nous demandons au juge de faire prévaloir les intérêts et le droit fondamental de Vincent à ne pas subir d’acharnement thérapeutique comme il l’avait demandé, droit qui lui illégalement refusé tous les jours depuis des mois », a-t-il précisé. Le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne, saisi par François Lambert, neveu de Vincent, se réunira en audience publique le 29 septembre prochain.

Mais Pierre et Viviane Lambert, les parents de Vincent Lambert, ont également saisi la justice le 9 septembre. Ils réclament le droit de faire transférer leur fils dans un autre établissement mieux adapté à son état de cérébro-lésé que le CHU de Reims et qui « garantira la continuation des traitements ». Contestant que l’alimentation et l’hydratation de leur fils puisse être qualifiées d’acharnement thérapeutique, ils s’opposent à son euthanasie.

Enfin, troisième initiative judiciaire, le procureur de Reims a saisi un juge des tutelles pour qu’il nomme un tuteur. Cette démarche résulte de la demande qu’a faite au procureur le 23 juillet le Dr Daniela Simon chef du service de soins palliatifs du CHU de Reims (Gènéthique) : après avoir décidé de suspendre la procédure collégiale visant à arrêter l’alimentation et l’hydratation de Vincent Lambert, elle a envoyé un signalement au procureur de la République pour « réclamer des mesures de protection globale et déterminer un référent qui pourrait représenter légalement » Vincent Lambert que ses lésions cérébrales empêchent de s’exprimer.

« Compte tenu des tensions très vives au sein de la famille, explique Alliance Vita, il est vraisemblable que le juge des tutelles, magistrat indépendant du siège, nomme dans les prochaines semaines un administrateur en dehors du cercle familial. Le périmètre de sa mission devra également être défini, notamment sa capacité d’exiger ou non le transfert de Vincent Lambert dans un autre établissement », comme le réclament le père et la mère du patient.

Ceux-ci ont en effet de nombreux griefs contre le CHU de Reims : depuis l’absence de soins de kinésithérapie dès la fin 2012 jusqu’à la décision d’arrêt des traitements, prise le 11 janvier 2013 par le docteur Eric Kariger, qui était alors le chef de service de l’unité de soins palliatifs, sans que sa famille ne soit consultée. Comme le rappelle sur son blog Jean-Yves Nau, journaliste et docteur en médecine, dans toute cette affaire, « la justice n’aurait jamais été saisie sans une faute initiale: celle commise par le Dr Eric Kariger qui avait ‘omis’ de prévenir les parents qu’il avait entrepris de mette fin aux jours de son patient ».

La nouvelle exigence de l’arrêt « sous quinzaine » de l’hydratation et de l’alimentation de Vincent Lambert n’a été formulée que par son neveu François Lambert et non par son épouse ni aucun de ses frères et sœurs (Le Monde). Elle présente a priori peu de risque d’aboutir. Reste à savoir maintenant si le tuteur accédera au désir des parents de Vincent Lambert de le placer dans un établissement où il recevrait les soins adaptés à son état, à l’abri d’une euthanasie.