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Coran, foot et catéchisme pour déradicaliser les terroristes repentis de Boko Haram

© PIUS UTOMI EKPEI / AFP
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Un détenu nigérian se confie : "Quand j’ai compris que ma vie était détruite, je me suis mis à pleurer."

Dans une prison du Nigeria, dont la BBC ne révèle ni le nom ni la localisation pour des raisons de sécurité, se jouent tous les matins des matchs de football, à six contre six, les verts contre les jaunes. Non pour distraire les détenus mais pour les aider à se déradicaliser après avoir longtemps sévi dans les rangs du groupe islamiste armé Boko Haram, connu pour ses attaques imprévisibles et d’une rare cruauté.

D’abord surmonter la peur des interdictions 

Au début, seule une poignée de « détenus spéciaux », sur les 45 incarcérés, acceptait de participer à cette initiative, par peur d’enfreindre l’interdiction de sport véhiculée par le groupe terroriste qui, depuis 2009, multiplie ses actions au Nigeria mais aussi au Cameroun, Tchad et Niger. Mais « après avoir vu les autres rentrer tout excités et satisfaits de la partie, ils ont commencé à se lancer », confie à la BBC Emmanuel Osagie, membre de l’équipe chargée de récupérer les anciens terroristes et de les rendre à la société.

« J’aimais ma religion, Boko Haram est venu et je l’ai suivi… »

Le gardien de but de l’équipe jaune commence à changer sa vision du monde. « Quand je suis arrivé ici, je n’acceptais aucun ordre de mes geôliers. Je me disputais sans cesse avec eux. Je n’avais pas de considération pour eux, pour moi ils n’étaient pas des êtres humains. » L’homme, arrêté à un check-point il y a quatre ans, explique : « J’aimais ma religion et quand Mohammed Yusuf (leader de Boko Haram avant Abubakar Shekau, ndlr) est venu prêcher dans mon village, je l’ai suivi … tout simplement ! ».

En prison, visites d’imams et de prêtres

L’homme interrogé par la BBC affirme n’avoir jamais utilisé d’arme mais reconnaît son désir de combattre le jihad et la guerre sainte. Aujourd’hui, après avoir parlé avec plusieurs imams, il affirme avoir changé : « Quand les imams venaient en prison, je pensais que c’était des hypocrites et je les insultais. Mais ils ont persévéré et j’ai commencé à les respecter parce qu’ils me respectaient : ils m’ont fait comprendre que j’étais dans l’erreur. Quand j’ai compris que j’avais détruit ma vie je me suis mis à pleurer. Mes frères ont des femmes et des enfants. Moi aussi, maintenant, je veux refaire ma vie ».

Leur apprendre aussi le christianisme

Les visites d’imams et de prêtres en prison servent à donner une autre idée de la religion aux prisonniers. « Il est important de leur enseigner la religion, le christianisme aussi. Un tas d’enfants apprennent par cœur le coran et c’est tout, alors qu’il faudrait leur faire comprendre le sens de ce qu’ils apprennent, et leur enseigner à tolérer les autres religions », explique la psychologue Fatima Akilu.

« Abubakar Shekau, un leader obstiné et sans scrupules »

Certains détenus militent depuis peu et décrivent la cruauté du nouveau leader de Boko Haram. Un récit qui fait froid dans le dos et présage d’un sombre avenir si rien n’est fait pour contrecarrer son action terroriste dans la région : « Abubakar Shekau est un homme dangereusement obstiné, déclarent ces détenus. Même si vous portez un maillot noir il peut vous dire qu’il est blanc et rien ne le fera changer d’avis. C’est sous contrôle et sa direction que le mouvement est devenu si violent et extrémiste, ils n’ont aucun respect pour la vie humaine ». « Pour ma part, conclut un des détenus joueurs de foot, je ne cherchais qu’à combattre les mensonges et l’oppression du gouvernement. »

Adapté de l’italien par Isabelle Cousturié 

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