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Opinion. Voulons-nous une politique migratoire ?

© Guillaume de Prémare/Ichtus pour Aleteia

Guillaume de Prémare

Guillaume de Prémare - Publié le 08/09/15

Non seulement les contrôles aux frontières ne sont pas en contradiction avec une politique migratoire d’accueil, mais encore en sont-ils la condition sine qua non.

Il est juste d’accueillir des réfugiés de guerre et des migrants économiques dans une mesure proportionnée à nos capacités. Il s’agit dès lors de déterminer des critères d’accueil et le nombre jugé raisonnable pour chaque pays européen. On appelle cela une politique migratoire : il s’agit ni plus ni moins que de déterminer qui et combien. C’est l’orientation générale – celle d’un accueil maîtrisé, avec une dimension quantitative pour chaque pays – qui a été fixée récemment par François Hollande et Angela Merkel.

Une fois cette orientation posée, il convient de mettre en œuvre les moyens concrets pour la réaliser. Et c’est là que le bât blesse… Le débat public actuel sombre dans le déni quand il tend à opposer politique migratoire d’accueil et contrôle aux frontières : comment pourrions-nous avoir une politique migratoire sans contrôler les flux migratoires, concrètement et matériellement, à nos frontières ? À quoi cela sert-il de déterminer « qui et combien » si nous ne contrôlons pas que les migrants qui se présentent à nos frontières remplissent les conditions que nous avons définies, si nous ne décidons pas de maîtriser réellement le nombre fixé ?

Nous devons prendre conscience de cette réalité et la poser franchement sur la table : non seulement les contrôles aux frontières ne sont pas en contradiction avec une politique migratoire d’accueil, mais encore en sont-ils la condition sine qua non. Si nous ne contrôlons pas nos frontières, nous n’aurons pas la politique migratoire que nos pays européens appellent de leurs vœux. Cela concerne les frontières de l’Europe, notamment de l’espace Schengen, mais aussi les frontières nationales. Si un pays ne peut contrôler ses propres frontières, comment pourrait-il en effet mettre en œuvre la limite quantitative fixée ? Il s’agit donc de savoir quelle politique réelle nous voulons pour la France, et pour l’Europe, en fonction de quels critères et de quel bien commun à préserver.

Mettre sur la table cette réalité, c’est dire concrètement ce que cela implique : si nous voulons vraiment une politique d’accueil migratoire maîtrisée, nous serons conduits à définir ces critères de sélection, à refouler des candidats à l’immigration à nos frontières et à en accepter d’autres. Nous serons conduits également à expulser des migrants qui auront franchi clandestinement la frontière. Voici la réalité que nous ne voulons pas regarder en face. Alors, nous préférons en rester aux seules déclarations d’intention ou à une approche exclusivement caritative. Parce que cette réalité est dure, parce qu’elle implique de nouveaux drames humains, parce qu’elle nécessite la mise en œuvre de moyens matériels, policiers et administratifs importants.

Mettre sur la table cette réalité conduit à poser les questions essentielles : avons-nous la réelle volonté politique de mettre en œuvre les orientations que nous avons fixées ? Sommes-nous armés moralement et psychologiquement pour assumer les dures décisions concrètes que cela implique ? En bref, voulons-nous vraiment une authentique politique migratoire d’accueil des réfugiés de guerre et des migrants économiques, en France et en Europe ?

Si la réponse est non, il faut alors être conscient que nous n’aurions aucune maîtrise des flux migratoires qui se produisent actuellement et risquent de s’accentuer. Nous serions alors face à une réalité qui nous échapperait, qui tournerait à la « loi de la jungle », cette « loi du plus fort » dont les plus faibles sont toujours les premières victimes, parmi les migrants et dans notre propre population. Cela ne s’appellerait pas l’accueil mais l’irresponsabilité.

Guillaume de Prémare est délégué général d’Ichtus, chroniqueur sur Radio Espérance et ancien président de La Manif Pour Tous.

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